À l’aube de l’entrée en matière des Diables Rouges au championnat d’Europe, quelques interrogations subsistent encore quant à l’équipe-type de Roberto Martinez. Un cas fait sans doute encore débat dans la tête du coach: celui de Dries Mertens. Habitué à un rôle de super-sub ces dernières années, le Napolitain pourrait cette fois hériter d’un statut plus important. 

Si le secteur défensif a un peu rassuré dimanche dernier contre la Croatie, en amical, il est certain que la grande force de la Belgique se situe à l’avant. Les meilleurs atouts de notre pays sont à l’avant, à commencer par l’incontournable Romelu Lukaku, pressenti pour être le premier leader du noyau. À ses côtés, Yannick Carrasco a pris du galon et montré l’envie et la forme nécessaires pour reprendre le poste d’Eden Hazard. Reste donc à trouver le dernier membre du trident offensif.

Au vu des deux matchs de préparation, deux noms se détachent: Dries Mertens et Jérémy Doku. Alors qu’on ne présente plus le premier, le deuxième commence à se tailler une belle petite réputation. Le Rennais a prouvé qu’il avait encore progressé depuis ses premières apparitions chez les Diables, en septembre dernier. Ses dribbles et son coup de rein dévastateurs ont enthousiasmé les observateurs. Chouchou et grand espoir de Martinez, Doku a eu droit à quatre titularisations sur ces quatre derniers matchs internationaux. De quoi faire de l’ombre à Mertens. 

Cadre élémentaire, mais pas toujours titulaire

Le Louvaniste est un pilier de la sélection depuis 2012. Ses prouesses à Naples en font un des meilleurs attaquants belges de sa génération, et la Belgique a toujours pu compter sur son apport, son énergie et ses buts décisifs. Seulement, Mertens ne s’est jamais imposé comme un solide titulaire. Sous Marc Wilmots, il était plutôt considéré comme un super-sub, capable de dynamiter une fin de rencontre. Martinez tend encore à conserver cette idée, même si l’ailier s’intègre plus régulièrement dans le système en 3-4-3 du coach espagnol.

Jusqu’ici la place de Mertens dépendait en réalité de celle des autres joueurs, et d’un en particulier: Kevin de Bruyne. Le joueur de Manchester City était l’autre option principale pour occuper la droite de l’attaque. Et l’on sait que KDB aime piquer dans l’axe, laissant alors plus de place dans le couloir au latéral derrière lui. Mais lorsque De Bruyne est aligné au centre, en tant que métronome, c’est là que Dries Mertens a droit au chapitre.

Toutefois, la comète Jérémy Doku est désormais passée par là. Le joueur de 19 ans apporte fulgurance et animation sur son flanc droit, avec un profil quelque peu similaire à celui son aîné de 34 ans. Dès lors, Martinez va devoir choisir. D’autant plus que Kevin De Bruyne manquera le premier match de l’Euro, au moins.

Un besoin de leader

Les deux prestations fades de Mertens contre la Grèce et la Croatie ne jouent pas en sa faveur. Mais il ne faut pas enterrer le Napolitain si vite. Pour le sélectionneur, la jeunesse est un facteur bien moins important que l’expérience. Et Martinez a bonne mémoire pour se rappeler ce que ses joueurs ont déjà fait pour l’équipe. 

 "On oublie trop souvent l'influence que Dries Mertens peut avoir sur un match grâce à sa concentration, son dialogue et son activité. Il est très bon dans ces aspects du jeu. S'il est sur le terrain, nous savons que nous pouvons compter sur lui. Il a aussi besoin d'être très affuté. Il a désormais cinq jours pour l’être", a-t-il expliqué mardi en conférence de presse. 

De plus, en l’absence des cadres que sont Hazard, De Bruyne et Witsel, la Belgique aura besoin de patrons sur le terrain. Avec son bagage, Mertens peut faire partie de cette catégorie. Selon le système et l’adversaire, il est tout de même fort probable de le voir débuter les matchs. Du moins, au début. Mais le joueur aux 96 capes saura que derrière, la jeune garde attend de pied ferme. 

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