Quelques jours après son sacre en tant que champion de Belgique, on a passé un petit appel à Reinout “E-Onel” Schols. On a discuté de la Proximus ePro League, de son recrutement par l’OH Leuven, mais aussi préparation d’avant-match. Tout ça, c’est à retrouver juste ici, dans l’interview du mois!

 

E-Onel : “La Proximus ePro League était ma première réelle expérience compétitive.”

Salut E-Onel! Tout d’abord, félicitations pour ton titre en Proximus ePro League ! Comment te sens-tu, près d’une semaine après ta victoire?

Bonjour! Je suis bien évidemment très heureux de ma performance, surtout pour une première participation dans la ligue. J’ai eu l’occasion d’assister aux Pro League Awards en fin de semaine dernière où j’ai pu monter sur scène et recevoir mon trophée devant le public, c’était une très belle expérience. Je crois que le mot “satisfaction” représente bien mon état d’esprit pour l’instant.

Question classique, quel est le souvenir le plus lointain dont tu te rappelles de toi et des jeux-vidéos ?

Réponse classique : c’était avec mon grand frère ! Le plus lointain serait surement les gameboys avec lesquels on jouait quand on était très jeunes. Mais les souvenirs les plus forts sont arrivés quand on a commencé à jouer à la console. On avait une Playstation 1 si je me rappelle bien. On a commencé à jouer à FIFA avec lui, c’est un peu comme ça que tout a démarré.

En parlant de ça, tu ne joues que à FIFA ?

Non pas du tout! “Rires” Pour être tout à fait honnête, je n’ai pratiquement pas joué à FIFA durant ces derniers mois. Peut-être quelques parties en semaine mais rien de plus. Sinon, je passe beaucoup de temps sur Call of Duty: Warzone et Fortnite avec mes amis.

Parlons un peu de ton aventure en ePro League. Pour bien faire, on va commencer par tes débuts : peux-tu nous expliquer comment tu as été recruté par l’OHL?

Ils ont organisé un tournoi de qualification en ligne, en partenariat avec une autre organisation. On devait jouer une série de matchs et j’ai réussi à gagner la compétition. La finale se jouait d’ailleurs dans le stade de l’OH Leuven, c’était vraiment cool pour une première expérience! Ils m’ont donc proposé de les représenter et de devenir leur e-sportif sur FIFA.

Comment s’est déroulée ta saison avec eux ?

J’ai une super relation avec le club durant toute la saison. Ils étaient toujours derrière moi, même en cas de défaite donc c’était vraiment cool. On a fait une grande réunion en ligne après le titre où tout le monde m’a félicité, j’ai même droit à une grande photo de moi sur les murs du club “Rires”. L’accompagnement sera encore mieux l’année prochaine, si j’en ressens le besoin j’aurai peut-être un coach mental et physique derrière moi.

Tu mentionnais juste avant le fait que c’était une première expérience compétitive, tu n’avais donc jamais fait de tournois avant?

Non pas vraiment. J’avais juste fait un petit tournoi organisé par une chaine de télé mais je n’avais jamais eu l’occasion de faire un évènement offline. La finale de l’ePro League était donc le deuxième évènement en présentiel auquel je participais. Bien entendu, je participais déjà aux tournois en ligne comme le Weekend League et ce genre de choses.

Au début de la saison, étant donné le nombre de vétérans et de très bon joueurs reconnus dans le circuit, peu de gens auraient parié sur une victoire de ta part. Quand ca a démarré, tu t’imaginais jouer les play-offs et gagner le titre?

En début de saison, on s’était fixé comme objectif d’amener le club jusqu’en play-offs. Pour être franc, je ne me suis pas mis plus de pression que ça, et le club ne m’en a pas mis non plus. Je savais, vu mes résultats en Weekend League et le fait que j’avais déjà joué contre certains joueurs du circuit, que les play-offs étaient un objectif réalisable. Après, je pense qu’il faut être un peu chanceux dans les play-offs pour arriver au bout. Mais j’y suis arrivé “Rires”.

En début de saison, tu étais placé 7ème au classement général. Tu es ensuite descendu jusqu’à la 12 ème place en milieu de saison pour terminer celle-ci à la place où tu avais démarré. Que s’est-il passé en milieu de saison pour que tu fasses un tel retour?

C’était assez étrange! Je pense que les match-ups ont beaucoup joué en début de saison, où j’ai rencontré pas mal de très bons joueurs. Ensuite, il faut savoir que c’était la première année où je jouais en mode 90. C’est très différent du jeu en Ultimate Team, qui est beaucoup plus dynamique et rapide. Au début, je mettais mes échecs sur le compte de mauvaises excuses, comme les réglages de caméra, ma formation sur le terrain que je changeais tout le temps. Au final, j’ai réalisé qu’il fallait juste que j’adapte mon gameplay au mode de jeu.

Beaucoup de joueurs se sont plaints, en début de saison, de l’état du jeu et du fait qu’il n’arrivaient pas à s’adapter à celui-ci. C’est quelque chose que tu as ressenti et qui aurait pu jouer lors de tes premières rencontres?

Je ne pense pas, je remettais la faute sur tout mais sans penser à ce que je pouvais faire de travers. Comme je le disais, je devais juste jouer un peu plus lentement et faire preuve de patience, ce qui me manquait en début de saison. Je pense que beaucoup de joueurs en ePro League n’ont pas adapté leur gameplay, ce qui leur a sûrement couté quelques matchs.

Tu parles de l’adaptation dont tu as fait preuve durant la saison. Comment t’es tu préparé pour la grande finale face à Zak Bentato?

Il y a un gros serveur Discord où beaucoup de joueurs FIFA professionnels se retrouvent pour jouer les uns contre les autres en mode 90. J’ai fait quelques matchs contre certains d’entre eux au cours de la saison mais en fin de saison, j’ai principalement joué contre un ami à moi. Il fait de très bons résultats en en Weekend League et était assez gentil pour jouer avec les équipes que j’allais affronter. C’est le principal entrainement que j’ai fait.

En parlant des autres joueurs, comment décrirais-tu l’écosystème FIFA en Belgique?

Je suis assez nouveau dans le circuit mais je n’ai pas de critique à faire. À part Zak, je n’ai encore rencontré personne et je pense que ça fait aussi la différence. Bien sûr, le problème principal en Belgique reste la barrière de la langue. Il est naturel que je m’entretienne plus avec les personnes qui parlent la même langue que moi. Après, je pense que si tu es quelqu’un d’assez extraverti et qui n’a pas peur de rencontrer des gens, c’est un très chouette milieu. En tout cas, les gens sont plutôt sympathiques avec moi, enfin je pense! “Rires”

La première pensée qui nous frappe quand on te voit monter sur scène aux côtés de Zak, c’est la concentration sur ton visage. Tous les joueurs ont des manières différentes de se préparer à ce type de rencontre. C’est quoi ta formule miracle ?

Le matin même, j’ai été faire une balade pour me détendre un peu. Je pense que c’est super important d’arriver à trouver des activités pour se relaxer. Par exemple, j’étais très stressé la veille et je pense que se réveiller un peu avant l’heure habituelle et prendre le temps d’aller faire une promenade et de se relaxer est bien plus intelligent de se lever et de partir directement sur les lieux du tournoi.

Je pense que ce qui m’a aussi beaucoup aidé, c’est qu’en arrivant en finale, j’avais déjà dépassé mes attentes. La dose de stress était donc bien moins grande.

Tu penses que ça t’a donné un avantage sur ton adversaire?

C’est compliqué à dire. Oui et non? Dans un sens, je n’avais aucune expérience de compétition offline, ce qui m’a sûrement un peu desservi. D’un autre côté, oui bien sûr car le résultat que j’avais atteint était déjà très satisfaisant. Après, une fois qu’on est là, c’est pour gagner bien entendu.

Anderlecht a montré un playstyle assez défensif, ce qui est assez différent de ce qu’on voit Zak jouer d’habitude. Comment tu t’es adapté à ça pour prendre l’ascendant ?

Il jouait en 5-3-2 et je déteste cette formation. Je la trouve vraiment forte sur le jeu et il avait donc entièrement raison de s’en servir. J’ai simplement joué une formation qui me plaisait et sur laquelle je me sentais à l’aise (4-2-3-1).

Pour le futur, il y a des projets que tu veux partager avec nous?

Il n’y a pas grand chose de concret pour l’instant, étant donné que nous ne connaissons pas encore les détails de la prochaine saison de la Proximus ePro League.

Représenter la Belgique en tant que eDevils c’est quelque chose qui te tente?

Honnêtement, je n’avais même pas entendu parlé du tournoi de qualification pour postuler dans l’équipe. Si j’avais été au courant, j’aurais bien évidemment participé. À l’époque, j’étais assez concentré sur les play-offs de la ePro League.

Copyright visyuel : OH Leuven