Katelijne Boon, présentatrice du Concours Reine Elisabeth : "C'est surprenant qu'il n'y ait pas de public"

Chaque année, Katelijne Boon, productrice radio, chanteuse et présentatrice du Concours Reine Elisabeth, voit l’épreuve comme une fête. À I'occasion de la dernière semaine du concours, elle nous éclaire sur son déroulement et sur les particularités de l’édition 2021. "Le niveau est tellement élevé cette année, c'est dommage qu'il n'y ait que six finalistes au lieu de douze", glisse-t-elle. Suivez la finale en direct sur Pickx.be via ce lien.

Katelijne Boon: "En 2008, je présentais le Concours Reine Elisabeth pour la première fois, il s'agissait alors de chant. Ils avaient besoin d'un ou d’une journaliste et, sans doute parce que j'étais une chanteuse de chorale passionnée et que j'ai toujours aimé la musique vocale, ils ont pensé à moi. J'ai passé un test, que j’ai réussi, après quoi ils m'ont demandé de succéder à Fred Brouwers à la présentation. C'était un pas important, mais je ne l'ai jamais regretté. Chaque année, c’est un cadeau de pouvoir le faire. C'est une véritable fête et un réel plaisir de voir ces jeunes gens talentueux."
 
Avez-vous déjà eu l'ambition d'y participer vous-même?
 
Boon: " J'ai déjà gagné un prix dans un concours de chant, après m’y être inscrite par hasard, mais non, ce n'était pas pour moi. C'est pourquoi j'admire autant les participants. Ce concours exige surtout une énorme force mentale pour tenir le coup. Tout commence à la fin du mois d'avril avec le tirage au sort, et celui qui se qualifie pour la finale passe quatre semaines sur l’épreuve. C'est fou, mais on voit que ces candidats ont une sorte de feu intérieur qui les pousse à consentir certains sacrifices. Heureusement, la plupart d'entre eux ont aussi une vie en dehors de toutes leurs répétitions, mais il faut avoir cet état d'esprit dès le plus jeune âge pour pouvoir faire ça."
 
Les candidats passent une semaine en isolement dans la Chapelle Musicale avant leur prestation lors de la dernière semaine. C'est aussi une preuve de dévotion.
 
Boon: "Il n'est en effet pas facile de se couper du monde extérieur, nous l'avons tous ressenti l'année dernière. A ce propos, le finaliste Sergei Redkin a déclaré: ‘Nous n'avons pas de téléphones portables, mais la musique est remplie de sonneries’. Il y a un piano dans la chapelle où chacun est censé écrire son nom. Un plaisantin y a écrit qu'il avait caché un téléphone sous les escaliers ! (rires) Pour un Japonais, la semaine qui vient de s’écouler sans téléphone portable, tablette ou ordinateur, c'était la pire chose qui pouvait lui arriver. Mais souvent, les candidats se disent par la suite satisfaits de cette détox numérique."
                                                                                                                                                    
Les candidats étudient donc à la chapelle l'œuvre obligatoire qui sortait lundi. Comment cela fonctionne-t-il ?
 
Boon : "Jan Michiels, qui a lui-même été lauréat en 1991 et qui est un excellent professeur, répète l'œuvre à l'avance afin de pouvoir la pratiquer avec l'Orchestre national de Belgique. Eux aussi, bien sûr, doivent bien la connaître. Ils réalisent ensuite une sorte de version karaoké pour les candidats, afin de leur donner une idée de la façon dont ils doivent s'exprimer. Jan Michiels s'est également donné une semaine pour le répéter afin de voir s'il est réalisable. Sur cette base, quelques décisions ont déjà été prises concernant les tempos, car comme chaque année, il s'agit d'une œuvre très difficile, également pour l'orchestre. Pour savoir comment se déroule cette préparation, il est intéressant de suivre le blog du hautboïste, Bram Nolf, qui se trouve sur les sites de Klara et du Concours Reine Elisabeth."
 
"Les candidats sont autorisés à utiliser l'enregistrement de l'orchestre pour s'entraîner, mais ils ne peuvent écouter l'enregistrement avec Jan Michiels qu'une seule fois pour se faire une idée de l'atmosphère, des courbes de tension... En outre, cette année, ils peuvent discuter en ligne avec le chef d'orchestre, Bruno Mantovani, et le chef de l'orchestre, Hugh Wolff. Ils peuvent poser des questions, mais le véritable objectif est que les finalistes soient capables de faire leur propre interprétation d'une œuvre sans l'aide d'un mentor, d'un pédagogue ou d'un enseignant. C'est une sorte de test de maîtrise pour montrer que vous êtes un musicien à part entière et mature."

De l'honnêteté poétique


En raison des circonstances extérieures, l'année a été étrange pour le Concours Reine Elisabeth. Quelles sont, selon vous, les principales différences ?
 
Boon : "Le fait qu'il n'y ait pas de public est hallucinant. Après tout, l'art est fait pour être partagé avec les gens, pour que tout le monde puisse se sentir connecté à une expérience. Vous sentez que l'énergie dans la salle est moins importante que les autres années, même si elle est toujours présente. Il y a normalement une atmosphère si particulière autour de ce dernier tour, vous sentez que tout le monde compatit à chaque moment, et votre enthousiasme est également stimulé par les personnes assises autour de vous."
 
"De plus, la scène a été agrandie afin que les musiciens puissent s'asseoir plus loin les uns des autres. Cela a également un impact important sur la façon dont ils jouent tous ensemble. Ils doivent vraiment répondre aux signes du chef d'orchestre et ne pas trop s'écouter les uns les autres. Il n'y a qu'une petite distance entre eux, mais il y a quand même cette fraction de retard dans le son et cela peut venir tout perturber ! L'accordeur de piano nous a également dit qu'il devait accorder le piano d'une manière complètement différente, car il n'y a personne dans la salle et l'acoustique est complètement autre. Ce sont des choses auxquelles on ne pense pas vraiment habituellement."
 
"Pour les finalistes, c'est aussi un chamboulement. Normalement, ils sont impressionnés face à cette longue table, où des stars incroyables sont assises côte à côte. Maintenant, ils sont répartis avec les distances de sécurité, et cela donne une toute autre image du jury."
 
"D'un autre côté, j'ai entendu dire qu'à travers le live stream, environ 20.000 personnes ont regardé le premier tour. C'est dix fois le public qui peut accéder à BOZAR. Maintenant, tout le monde peut regarder le concours de partout et c'est fantastique ! Le spectacle est aussi magnifiquement et qualitativement dépeint. On ne peut guère mieux le voir qu'à la maison. Je pense donc que le live stream va continuer."
 
Y a-t-il de grandes surprises parmi les finalistes ?
 
Boon : "Pas vraiment, tout le monde mérite d'être là. C'est dommage qu'il n'y en ait que six cette année et non douze, car tous les candidats du premier tour méritaient vraiment de passer. Le niveau est extrêmement élevé et il est pratiquement impossible de choisir un favori. Certains peuvent être plus poétiques et d'autres plus directs, mais c'est la seule différence. Je suis très content de ne pas être dans le jury car le choix sera très difficile."
 
La finale du Concours Reine Elisabeth peut être suivie en direct sur Pickx.be via ce lien. Le concert final du 9 juin pourra également être suivi en direct.

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