Le gouvernement de Joe Biden s'est attaqué lundi aux discriminations contre les patients homosexuels et transgenres dans le milieu de la santé, prenant le contre-pied de son prédécesseur Donald Trump.
"La peur de discriminations peut conduire certaines personnes à se priver de soins, ce qui peut avoir de lourdes conséquences pour leur santé", a souligné le ministre américain de la Santé Xavier Becerra dans un communiqué.

"C'est la position du ministère de la Santé que tout le monde, y compris les personnes LGBTQ, doit avoir accès aux soins, sans risque de discrimination ou d'ingérence", a-t-il ajouté.

Cette décision intervient alors que plusieurs Etats républicains ont lancé une offensive jugée hostile aux jeunes transgenres, en leur interdisant notamment, comme dans l'Arkansas, tout traitement hormonal.

La mesure du gouvernement fédéral ne porte pas sur ce point spécifiquement, mais sur un dispositif de lutte contre les discriminations dans les structures de santé gérées ou financées par l'Etat fédéral.

Créé par la loi emblématique de 2010 du président Barack Obama sur la santé, il interdit notamment les discriminations "basées sur le sexe". Or, pour les républicains, ce terme ne couvre que les différences entre les hommes et les femmes, pas les questions d'identité ou d'orientation sexuelle.

En conséquence, le gouvernement de Donald Trump avait publié en 2019 une circulaire pour exclure explicitement les homosexuels et les personnes transgenres de ce dispositif. Les défenseurs de ces minorités avaient craint que cela n'ouvre la voie à des refus de soins ou d'assurance, notamment pour la transition des patients transgenres.

Lundi, le gouvernement de Joe Biden a annulé cette circulaire en s'appuyant sur un arrêt de la Cour suprême des Etats-Unis qui, il y a un an, a interdit les discriminations contre les minorités sexuelles dans le domaine du travail.

"La mission de notre ministère est d'améliorer la santé et le bien-être de tous les Américains, peu importe leur identité ou orientation sexuelle", a expliqué la ministre adjointe de la Santé Rachel Levine, première personne transgenre à faire partie d'un gouvernement aux Etats-Unis.