C’est un séisme comme le football européen n’en avait plus connu depuis très, très, très longtemps. 12 clubs parmi les plus puissants du foot européen ont décidé de faire sécession pour créer leur ligue fermée, concurrente de la Champions League : la Super League. Un acte qui ne passe pas.
C’est un projet vieux de plus de 20 ans, une arlésienne brandie par les grands clubs à chaque projet de réforme de la Champions League. Mais dans la nuit de dimanche à lundi, à 00h, 12 clubs (Barcelone, Real Madrid, Atlético Madrid, Manchester United, Manchester City, Liverpool, Chelsea, Arsenal, Tottenham, Juventus, Inter Milan, AC Milan) sont passés à l’acte, fondant la Super League en faisant sécession avec le reste du foot européen. Les conséquences pourraient être très graves puisqu’on évoque une exclusion des championnats nationaux, des compétitions européennes et internationales mais aussi l’impossibilité pour les joueurs de représenter leur sélection nationale.
 
Ce lundi matin, la presse sportive européenne titrait sans surprise sur cet évènement. En Allemagne, où aucun club n’a rejoint le projet immédiatement (on évoque une possible entrée du Bayern malgré tout), Bild n’y va pas par quatre chemins. ‘Le football est en guerre’, affirme le quotidien allemand. L’Equipe, en France, appuie cette rhétorique militaire en évoquant une ‘Guerre de riches’. Tout comme El Mundo Deportivo qui titre ‘Guerre pour la Super League’.
 
Marca et AS en parlent à peine
 
Les deux grands quotidiens sportifs espagnols Marca et AS n’ont pas placé le sujet dans le central de leur une. Comme si cette Super League était un non-évènement pour le foot européen et espagnol. Surprenant ? Pas tellement quand on sait que Marca est pro Barça et AS pro Real. AS évoque tout de même dans ces pages ‘une bombe pour le football européen’ et Marca que la Super League ‘peut être dévastatrice’.
 
En Angleterre, l’opposition est très vive. Le Daily Express lance ‘C’est la guerre’, Gary Neville parle de « honte absolue » tout en ajoutant que c’est « un acte criminel envers les fans ». David Bernstein, ancien président de Manchester City (98-03) a déclaré que « l’arrogance de cette demi-douzaine de clubs anglais est à retenir ». Pour le Guardian, ‘seulement quelqu’un qui hait vraiment le football peut être derrière une Super League européenne’.
 
L’Italie ne veut pas de la NBA
 
Dans la Botte non plus on ne mâche pas ses mots au moment de commenter ce projet mis à exécution. La Gazzetta dello Sport y va sans détour, barrant sa une d’un ‘Super no’. « Ce tournoi tuerait des ligues, des coupes nationales, des coupes européennes, peut-être nationales, au nom d'un show NBA fou », développe le quotidien dans ses pages roses. Tuttosport se questionne : ‘Mais vous êtes fous ?’ place le journal italien sur sa une, ajoutant que ‘la Super League tuera le football’. Pour le Corriere dello sport, ‘l’UEFA mène la guerre’.
 
La presse est donc assez unanime sur la vision de cette Super League, vue comme une trahison envers les fans et tous les amoureux du football. L’UEFA doit tenir ce lundi une réunion exceptionnelle pour décider du sort des 12 clubs ayant choisi de faire bande à part. Les demandes de sanction exemplaires affluent de partout. Espérons que, pour une fois, l’UEFA ait du courage.