Les bureaux de vote ont ouvert dimanche au Bénin, où près de 5 millions d'électeurs sont attendus pour élire leur président, dans un scrutin verrouillé, où le président Patrice Talon sera "seul face à lui-même", selon l'opposition.
Le président Talon, en lice pour un second mandat, fait face à deux candidats quasiment inconnus du public, les anciens députés Alassane Soumanou et Corentin Kohoué. Il a assuré qu'il gagnerait ce scrutin "par K.O", sans second tour.

Les 15.531 bureaux de vote ouvraient dimanche à 07 heures du matin (08h00 HB)) et fermeront à 16 heures (17h00 HB). Le dépouillement des bulletins commencera aussitôt après, mais le taux de participation devrait être faible, les plus grandes figures de l'opposition locale ayant appelé au boycott.

"Je ne voterai pas", a déclaré Joel Aïvo, dans un message publié samedi soir sur les réseaux sociaux. "J'invite tous les Béninois (...) à faire de même."

"Le président a choisi d'être seul face à lui même dans cette élection inédite depuis le renouveau démocratique", ont écrit de leur côté plusieurs représentants du FRD (Front pour la restauration de la démocratie).

Les rues de Cotonou, la capitale économique étaient calmes dimanche matin lorsque quelques premiers électeurs se sont rendus aux urnes.

"J'ai accompli mon devoir citoyen ce matin", raconte à l'AFP Abib Mohammed, agent de la mairie, montrant son pouce taché de bleu. "Je pense que l'élection va bien se passer aujourd'hui malgré le petit soulèvement qu'il y a eu dans le nord", assure-t-il depuis le bureau de vote de l'école primaire Zongo, où le chef de l'Etat est attendu à 9 heures.

La campagne électorale a été marquée par des violences, notamment dans le centre-nord du pays, fief de l'ancien président Thomas Boni Yayi, où des manifestants avaient dressé d'importants barrages routiers pour protester contre l'absence d'une opposition reconnue.

Au moins deux personnes sont mortes, et plusieurs autres ont été blessées par balles réelles à Savè lors de leur dispersion par les forces de sécurité.

"On est inquiets", confiait de son côté Mama Salessou, commerçant de 51 ans devant un bureau de vote de Cotonou, faisant référence à ce "qu'il s'est passé dans le nord".

"Moi j'ai voté pour le président à cause des routes et de l'électricité", explique Gerald Kpamegan, 47 ans, mais cet hôtelier ne pense pas que "beaucoup de gens iront voter".

La plupart des opposants sont soit en exil à l'étranger, soit condamnés par la justice, soit empêchés de se présenter du fait du nouveau Code électoral et d'une réforme institutionnelle.

Les résultats doivent être annoncés lundi ou mardi.