Jacques Tati, un réalisateur à part dans l’histoire du cinéma français

Cinéma | La Trois diffuse ‘Playtime’, le quatrième long métrage de Jacques Tati, ce mercredi soir à 20h40. L’occasion de revenir sur la carrière et le style inimitable du réalisateur français décédé en 1982.

De Proximus

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D'origine hollandaise et russe, Jacques Tatischeff (son vrai nom) se fait d’abord connaître en tant que mime et acteur. Ce n'est que plus tard, en grand admirateur des films burlesques américains, qu’il décide de co-réaliser des courts métrages. Après la guerre, en 1947, il réalise ‘Jour de Fête’, son premier long métrage.

Ce premier film connaît un vrai succès en France, mais aussi à l’étranger. Tati, qui refuse de travailler avec de grosses sociétés de production, y dévoile déjà son style unique. Outre ses innovations techniques, il va durant une bonne vingtaine d'années construire une œuvre burlesque fondée sur l’observation du quotidien déshumanisé de la société moderne.

Un cinéma "sonore"

A l'image d’un Charlie Chaplin, Jacques Tati crée et interprète lui-même Monsieur Hulot, le personnage récurrent de ses films. Son personnage paraît bien souvent inadapté à l’environnement dans lequel il vit, ce qui engendre une série de situations comiques, mais pousse également le spectateur à réfléchir sur divers aspects du quotidien. Mais très souvent, Tati n’hésite pas à s'effacer, le temps d’un gag, devant la foule de figurants apparaissant dans ses films.

Tati accorde également une attention très particulière au son. Dans ses films, les dialogues sont très rares et, lorsqu'ils existent, ils sont noyés dans le brouhaha ambiant. Le cinéaste préfère aux paroles inintelligibles les interjections et les bruits du quotidien, qui sont souvent exagérés au point de devenir ridicules. Ces films, davantage “sonores” que parlants, s’exporteront très bien à l'international.

'Playtime', un projet colossal

Quelques années après ‘Mon oncle’, son troisième film, le cinéaste voit plus grand. Il planche durant plusieurs années sur ‘Playtime’, son projet le plus fou qui sortira finalement en 1967. Mais la production de ce long métrage, qui s’est avérée plus coûteuse que prévu, va le ruiner. Tati avait notamment fait construire durant six mois la “Tativille” un immense décor de béton, de verre et d’acier. Si le film est assez bien accueilli en Grande-Bretagne, en Suède et en Amérique du Sud, c'est un demi-échec en France.

A la fin des années 1960, le réalisateur se trouve dans une situation financière catastrophique. Il doit hypothéquer ses biens et, en 1974, sa maison de production fait faillite. Dans les années 1970, il réalisera encore ‘Parade’ et 'Trafic', deux projets de moindre envergure. En 1977, il reçoit un César d'honneur avant de s’éteindre cinq ans plus tard.

Bien qu'il n'ait réalisé que six long métrages, Jacques Tati aura laissé une trace indélébile dans l’histoire du cinéma. Des personnalités comme David Lynch, Michel Gondry ou encore Rowan Atkinson, alias Mister Bean, n’ont jamais caché l’influence qu’a eu le cinéaste français sur leur propre travail.

Regardez ‘Playtime’ ce mercredi soir à 20h40 sur La Trois. Profitez de ce film où que vous soyez sur Pickx.be ou l'app de Proximus Pickx. Via TV Replay, vous pouvez regarder le programme jusqu'à 36 heures plus tard quand vous le souhaitez !

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