Les Niouzz, une émission nécessaire dans un contexte toujours plus anxiogène

Prezy, Luana et David donnent tous les jours rendez-vous aux enfants pour faire le tour de l’info en 6 minutes seulement. Cette émission d’actualité destinée aux 8-12 ans existe depuis tout juste 21 ans. L’objectif de la RTBF était d’offrir aux enfants un outil pour comprendre les informations essentielles de notre société contemporaine. 

En plein séisme médiatique provoqué par l’affaire Dutroux, le 13 mars 2000, les Niouzz ont vu le jour. La RTBF avait senti comme le besoin d’expliquer l’actualité aux enfants. Stéphane Delhougne, ancien producteur des Niouzz, explique, lors d’une émission spéciale pour les 20 ans du programme, qu’avant les Niouzz, "on était dans une période difficile dans laquelle il y avait des histoires de pédophilie, d’un certain M. Dutroux qui avait kidnappé et abusé d’enfants. Et les enfants qui regardaient les journaux télévisés avec leurs parents étaient traumatisés par ces affaires, ils posaient beaucoup de questions." Marie-Pierre Fonsny, ancienne journaliste des Niouzz, ajoute "quand on ne comprend pas l’actualité,  on a peur, on ne sait pas comprendre le monde dans lequel on vit. Ça donne du stress et ça ne donne surtout pas envie de grandir". 

Vulgariser l’information pour un jeune public est devenu de plus en plus commun dans les médias. Expliquer les grands enjeux aux enfants de façon simple et ludique est devenu plus qu’une nécessité. Nous vivons dans une époque où l’anxiété des enfants est à haut niveau. Coronavirus, conflits armés, environnement, crise économique, terrorisme, fake news… Les jeunes sont incapables de traiter ce genre d’informations seuls. Il faut leur donner des outils pour qu’ils puissent comprendre ce qu’il se passe dans le monde. 

Évolution du programme télé

Au départ diffusé sur La Deux avant d’intégrer le programme OUFtivi sur La Trois en 2010, l’émission n’a cessé d’évoluer et de se renouveler pour s’adapter à notre temps. Les premiers enregistrements, présentés par Anabelle, se présentaient comme un espèce de JT officiel avec un public d’enfants. En 2002, le rendez-vous d’actualité des enfants se rapproche du groupe des YNE (Youth New Exchange) avec pour objectif d’échanger des reportages via le réseau de l’Union européenne de radio-télévision (UER). Un an plus tard, les Classes Niouzz sont lancées. Plus de 200 classes à travers la Belgique francophone ont accepté de travailler avec le programme télé. Chaque jour une classe était sélectionnée pour donner son avis sur une thématique d'actualité. Des projets documentaires ont également été lancés, où les enfants en collaboration avec des professionnels mettent les mains à la pâte et témoignent de ce qu’ils voient sur le terrain. D’ailleurs en 2006, les ‘Niouzz reporters’ débarquent. Les jeunes sont invités pour l’émission à proposer des sujets et à s’improviser journalistes. Jusqu'au jour où les élèves de primaire ont commencé à présenter le JT eux-mêmes. 

Ensuite avec Cécile, David et Marie adoptent le style des Youtubeurs pour présenter les news. Ils n’hésitent pas à se mettre en scène à utiliser l’humour pour faire passer l’actualité plus facilement. Ces dernières années, l’émission n’utilise plus seulement la télévision. Elle s’est développée sur les réseaux sociaux. En plus de sa quotidienne, les Niouzz proposent de nouveaux contenus sur Instagram afin de répondre à la consommation des médias des jeunes. Même si le format a changé, l’objectif initial reste le même, celui d’informer les enfants dans un espace où ils seront toujours écoutés. 
 

Regardez ‘Les Niouzz’  tous les jours de la semaine à 18h45 sur La Trois via proximuspickx.be ou l'app de Proximus Pickx. Via TV Replay, vous pouvez regarder le programme jusqu'à 36 heures plus tard quand vous le souhaitez!

Jeunesse

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Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans

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