Samedi soir, si elle bat le RWDM, l’Union Saint-Gilloise serait mathématiquement assurée du titre en D1B et donc, de la montée en D1A. Reste que les Saint-Gillois ne doivent s’attendre à aucun cadeau de la part de leur rival historique qui a repris du poil de la bête depuis l'arrivée de Vincent Euvrard...
Il y a 48 ans, en 1973, l’Union Saint-Gilloise quittait l’élite du football belge pour entamer une longue traversée du désert. Après 5 saisons consécutives en D1, l’Union, entraînée par un certain … Guy Thijs bascule à l’étage inférieur avec 19 points en 30 matches (la victoire valait à l'époque 2 points), 4 victoires, 11 nuls et 15 défaites, 17 buts marqués et 30 buts encaissés. Le long hiver des Jaunes et Bleus a commencé...

Un match qui coupe Bruxelles en deux...

Par un hasard comme seul peut nous en réserver l’Histoire, en fin de cette saison 72/73, le Royal Racing White (matricule 47), troisième derrière Bruges et le Standard cette année-là, fusionne avec le Daring (matricule2) qui évolue alors en D2. Le nouveau club prend le nom de RWDM et conserve le matricule 47 du Racing White. Il installe ses quartiers au Stade Oscar Bossaert du Daring, qui est rebaptisé Stade Edmond Machtens pour l'occasion.

Samedi soir, les deux clubs se retrouvent et, en cas de victoire contre le RWDM, l’équipe de la Butte oblitérerait officiellement son ticket de retour pour la D1. Cependant, le duel de ce week-end entre l’Union et le RWDM ne se réduit pas qu’à la question de savoir si les Jaunes et Bleus seront champions ou non dès cette 23e journée de D1B. Car ce match de football est depuis plus d’un siècle plus qu’un match de football et coupe Bruxelles en deux (rive gauche et rive droite du canal).

Zwanze, zwanze, zwanze

Depuis quelques années, le mot zwanze a retrouvé une nouvelle jeunesse à Bruxelles grâce notamment au derby des derbies de l’histoire du football bruxellois. Depuis la renaissance du RWDM, orchestrée par Thierry Dailly, ex-attaquant de … l’Union Saint-Gilloise, la rivalité ancestrale entre Daringmen et Unionistes refait la fête à la gouaille, à l’humour populaire surréaliste, bref, à la zwanze.

C’est une rivalité exacerbée qui a connu plusieurs pics homériques dont le plus retentissant remonte aux années 30 avec la fameuse Union 60 qui a aligné 60 matches sans défaite avant d’être battue par le … Daring. A l’époque, l’opposition entre les deux clubs était tellement forte et clivante qu’en comparaison, au XXIème siècle,  les matches entre Anderlecht et le Standard font figure de matches amicaux.

Monstres sacrés

Les deux clubs font partie de l’imaginaire sportif collectif bruxellois. Car si ces monstres sacrés du foot bruxellois ont connu pas mal de claques et de déboires ces quatre dernières décennies, comme si le malheur de l’un faisait aussi le malheur de l’autre, chaque fois que leur route respective se recroise, le grand théâtre qui fleure bon la nostalgie du foot à papa refait surface. Avec à la clé, en tribunes, dans les cafés ou devant les télés (en ces temps covidiens), grincements de dents, zwanze, sarcasmes, bras d’honneur, chants provocateurs, moqueries, rires et fumigènes bigarrés.

Mais si les antagonismes sont là, tout en folklore, les deux clubs ont également tellement de choses en partage, notamment de fameux héritages et de belles références, puisqu’ils ont vu l’un et l’autre défiler les plus grands monuments du football belge. Felix Week, l’entraîneur qui a offert le titre au RWDM, a été d’abord entraîneur de l’Union. Raymond Goethals a été gardien de but du Daring et est resté jusqu’à la fin de sa vie un habitué du stade Edmond Machtens dans la tribune qui porte aujourd’hui son nom. Guy Thys, le sélectionneur fédéral qui a mené les Diables Rouges en finale de l’Euro en 1980, puis en demi-finale de la Coupe du Monde en 1986, a entraîné durant quatre ans l’Union.

Et puis, il y a une floppée de joueurs qui ont porté le maillot de ces deux frères ennemis. On n’en citera que quelques-uns : Jacky Teugels, Edy De Bolle, Alain De Nil, Fredje Vanderbiest, Laurent Longrie, Nicolas Flammini, Yves Buelinckx, Kevin De Broyer, Sébastien Siani, Musaba Selemani, Benjamin Mokulu, David ‘Toche’ Rimbold, Vincent Van Diepenbeeck, Anthony et Geoffrey Cabeke et surtout Anthony Sadin, l’actuel gardien du RWDM qui reste une figure culte au Parc Duden.
 
Clap, quatrième

Le match de samedi est déjà le quatrième duel de la Zwanze de cette saison. Voici les résultats des trois derbies précédents.

RWDM-Union : 3-1
Union-RWDM : 2-1
RWDM-Union : 0-2
 
Petit détail piquant : l’Union n’a connu que deux défaites cette saison. L’une contre le RWDM (cf. ci-dessus) et l’autre à Seraing (l’autre équipe de la 1B au logo noir, rouge et blanc)
 
Union Saint-Gilloise -RWDM, match à voir en LIVE sur Eleven Pro League 1 dès 20h15.

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