La Coupe de Belgique a ce don pour raconter de belles histoires. À travers son histoire, de nombreux petits clubs ont réussi à créer des exploits mémorables, comme les Francs Borains en 1986.
On parle souvent de la magie de la coupe pour évoquer les parcours héroïques des petites équipes. En France, cela arrive régulièrement que des équipes amateurs fassent la nique aux plus grands. On se souvient des exploits de Calais, des Herbiers ou Quevilly, tous finalistes alors qu’ils étaient amateurs.
 
En Belgique, ce genre d’exploit est moins fréquent car le système de la Coupe favorise les grandes équipes. Pourtant, de temps en temps, certaines formations arrivent à tirer leur épingle du jeu. En 2019, Malines (D2) avaient même remporté la compétition. Mais aujourd’hui, c’est du parcours des Francs Borains dont nous allons vous parler. Un parcours incroyable qui les mena jusqu’en demi-finales lors de la saison 1985-1986.
 
Un très, très, très long chemin
 
Pour arriver en finale, un club de Division 1 doit disputer 4 matchs : seizièmes, huitièmes, quarts, demies. C’est assez rapide. Tout le contraire des petites équipes amateurs qui doivent multiplier les tours avant même d’arriver aux seizièmes et à l’entrée en lice des D1.
 
En 1985, les Francs Borains (dont le matricule appartient aujourd’hui… à Seraing) jouent en Division 3 et leur route en Coupe débute en… 1/128e de finale ! Les Borains écartent difficilement un club de P2, Aulnois… mais ils sont lancés. Au tour suivant, c’est Wijgmaal qu’ils éliminent avant de tomber contre Mons, alors en D2. Le match se termine sur un triste 0-0 et on doit recourir aux tirs au but. Le gardien des Francs Borrains, Luc Calbaert, en sortira trois, offrant la qualification pour les 1/16e à son équipe.
 
Winterslag mais surtout Seraing
 
Au tour suivant, le RFB hérite d’un autre pensionnaire de D2 : Winterslag. L’équipe limbourgeoise est l’un des gros morceaux de cette division mais les Borains parviendront à éviter l’écueil. C’est ensuite Beringen qui se dresse sur leur route, là encore un club de D2. Boostés comme jamais, les Francs Borains réalisent un nouvel exploit et se hissent en quarts de finale.
 
A ce stade de la compétition, on joue en aller-retour. Pour les petites équipes, c’est un sacré désavantage puisque l’exploit sur le premier match peut tout à fait être balayé au retour. Le RFB rencontre alors pour la première fois un club de D1: Seraing. A l’aller à domicile, le RFB l’emporte 1-0 sur un but à la 83e de Bruno Van Wemmel. A Seraing, 15 jours plus tard, les Hennuyers tiendront le choc et le partage de la qualification !
 
Une demi historique contre le Cercle
 
Après un parcours déjà héroïque, les Francs Borains croisent le fer avec une autre équipe de Division 1: le Cercle de Bruges. Là encore, le tour doit se jouer en aller-retour et, comme contre Seraing, c’est d’abord dans le Hainaut qu’on jouera. Toutefois, le stade des Francs Borains n’étant pas adapté, le match est déplacé à La Louvière où 15.000 personnes se pressent au Tivoli. L’exploit n’est cependant pas au rendez-vous puisque les Brugeois s’imposent 0-2 dans la dernière demi-heure.
 
Au retour, ils sont peu à croire en un miracle. Pour se qualifier, les Francs Borains doivent s’imposer avec trois buts d’écart. Ils seront finalement balayés 5-0 à l’Olympiastadion, mettant un terme à leur parcours. En finale, le Cercle pliera 3-0 face…au Club de Bruges.
 
Une fois de plus… Dans le sport, tout est possible !