Si les Jeux olympiques d’été de Sydney en 2000 ont sacré des légendes de l’athlétisme telles que Maurice Green, Michael Johnson ou encore Haile Gebreselassie, ils ont également vu un athlète grec totalement inconnu du grand public créer l'exploit sur l’épreuve du 200m.
Le matin du 27 septembre 2000, début de l’épreuve olympique du 200m à Sydney, peu de monde aurait osé miser un euro sur Konstantínos Kenteris. Il faut dire que, malgré ses médailles nationales et quelques performances remarquées à l’échelle européenne, ce professeur d'éducation physique grec de 27 ans ne semblait pas en mesure de rivaliser avec les stars de sa discipline.

Rapidement, pourtant, il va faire parler de lui. Lors des quarts de finale, il établit un nouveau record de Grèce en 20 secondes 14. Réalisant le troisième temps des demi-finales, il se qualifie à la surprise générale pour la finale du 200m et se fait une place parmi les huit hommes les plus rapides du monde sur la distance.

100 derniers mètres de folie

Malgré les absences des vedettes Michael Johnson et du champion du monde en titre Maurice Greene, qui s’étaient blessés lors des sélections américaines, les favoris ne manquent pas. Les Etats-Unis placent leurs espoirs en John Capel, ancien joueur de football américain, tandis que le Britannique Darren Campbell, le Trinidadien Ato Boldon et le Barbadien Obadele Thompson font également partie des candidats à la victoire finale.

C'est pourtant Kenteris qui va surprendre le monde entier. Le Grec prend un excellent départ mais, à mi-parcours, il pointe encore à la quatrième place. Il réalise alors une dernière ligne droite de folie pour remonter un à un ses concurrents et décroche la médaille d’or devant Campbell en 20 secondes et 9 centièmes. Le sprinteur, qui a même eu le temps de lever les bras avant de franchir la ligne, est sur un nuage. “A partir du moment où j'ai posé le pied en Australie, j'ai réalisé que les autres n'avaient rien de plus que moi”, déclara-t-il avant d'aller chercher sa médaille.

L’ombre du dopage

En l’espace de 20 secondes, le Grec est donc passé de quasi inconnu à roi du sprint mondial. Il devient le premier coureur de son pays à remporter une médaille d’or depuis… 1896 et la victoire de Spyridon Louis dans le premier marathon de l'histoire des Jeux olympiques modernes.

Kenteris maintiendra sa forme olympique encore quelque temps, devenant champion du monde en 2001 puis d’Europe un an plus tard. Aux Jeux d'Athènes en 2004, Kenteris est l'un des grands espoirs de la Grèce. Mais l’athlète ne défendra jamais son titre à domicile. Lui et sa partenaire d'entraînement Ekateríni Thánou ne se présentent pas à un contrôle antidopage, prétextant une implication dans un accident de moto, et sont suspendus jusqu'au 22 décembre 2006. N’ayant jamais été testé positif, Kenteris conservera toutefois son titre olympique.

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