Le 19 janvier 2017, Denis Istomin a fait trembler la terre au pays des kangourous. L’Ouzbek, 117e au classement ATP, a battu le double tenant du titre Novak Djokovic au deuxième tour de l’Open d’Australie. L’Ouzbek a signé l’un des plus beaux matchs de sa carrière: mené 2 sets à 1, il n’a jamais lâché l’affaire, et s’est payé le n° 2 mondial du moment. Retour sur son exploit. 

Les wild cards sont des invitations pour les grands tournois accordées par les organisateurs à des joueurs choisis. Généralement, ces joueurs invités font un bref parcours dans le tournoi, car ils sont loin d’être au niveau des grandes stars. Cependant, le destin de Denis Istomin fut tout autre. 

L’Ouzbek, 117e mondial, a reçu en 2017 une wild card pour l’Open d’Australie, premier Grand Chelem de l’année. Après avoir battu Ivan Dodig, issu des qualifications, au premier tour, Istomin voyait se dresser devant lui un monstre: Novak Djokovic. Le n° 2 mondial était chez lui à Melbourne, puisqu’il avait déjà remporté 6 éditions du tournoi, dont les deux précédentes. Son 2e tour contre Istomin semblait donc être formalité.

Un mental d’acier

Mais Istomin était déterminé à jouer le coup et, dès l’entame du match, il montrait les crocs. Le tout premier jeu, avec Djokovic au service, a ainsi duré 17 minutes! Dans la foulée, il s’est offert le premier set au jeu décisif (10 à 8), face à un Serbe étonné d’un telle résistance.  

Secoué, le champion du tournoi a ensuite gagné les deux sets suivants, après une âpre bataille dans le deuxième. Tout portait alors à croire que Djokovic venait d’éteindre les espoirs d’Istomin. C’était mal le connaître. Revenu à bloc, le 117e mondial a emmené son adversaire au tie-break, après l’avoir même obligé à sauver deux balles de set à 5-6. 

Finalement, Istomin a remporté le jeu décisif, ce qui a apparemment porté un gros coup au moral de Djokovic. Dans le cinquième set, ce dernier a semblé résigné. Breaké à 2-2, il n’a jamais trouvé les ressources pour faire son retard, laissant filer l’Ouzbek au troisième tour. À la surprise générale, Djokovic quittait donc "son" tournoi de manière précoce. C’est la première fois depuis 2008 que le Serbe était éliminé au 2e tour d’un Grand Chelem (c’était alors à Wimbledon contre Marat Safin).

Élimination record pour Djoko 

En conférence de presse, le 117e mondial n’en revenait toujours pas. "Pour moi, c'était impossible d'imaginer que je puisse tenir physiquement et mentalement pendant cinq sets et cinq heures contre Novak. Je suis très fier de ça". Pensait-il avoir une chance contre le n°2 mondial? "Si vous ne pensez pas que vous avez une chance quand vous entrez sur le court, il n'y a aucune raison de venir. J'essaie toujours de faire le maximum, de donner le meilleur, et c'est ce que j'ai fait encore une fois aujourd’hui". 

Istomin a confirmé sa bonne forme en battant Pablo Carreño-Busta (31e mondial) au 3e tour. Il atteignait ainsi les huitièmes de finale d’un Grand Chelem pour la troisième fois de sa carrière seulement, et pour la première fois à Melbourne. À ce stade de la compétition, il a dû s’incliner contre Grigor Dimitrov, futur demi-finaliste.

Avec ses beaux parcours en Grand Chelem et un titre ATP (Nottingham 2015), Istomin reste à ce jour le meilleur joueur de l’histoire de l’Ouzbékistan. En 2017, il a encore une fois mis son pays sur la carte, grâce au plus bel exploit de sa carrière.

Une fois de plus… Dans le sport, tout est possible !