S’il est aujourd’hui retombé dans un relatif anonymat, beaucoup se souviennent de l’authentique exploit réalisé par Lionel Cox lors des Jeux olympiques 2012 organisés dans la capitale anglaise. Le tireur sportif amateur liégeois était même rentré au pays avec la plus belle médaille belge cette année-là.
En août 2012, Lionel Cox mettait un énorme coup de projecteur sur une discipline quasi inconnue dans notre pays: le tir à la carabine couché à 50m. Tout aussi inconnu du grand public, Cox allait pourtant rapidement se faire un nom en devançant, contre toute attente, 48 de ses 50 concurrents, pour décrocher la médaille d’argent dans sa discipline.

Après avoir réalisé un véritable numéro en qualifications, lors desquelles il récolte 599 points sur 600 possibles en 60 tirs, signant d’emblée le record de Belgique, le Belge de 31 ans fait preuve d’une extrême concentration en finale. Il résiste brillamment au Slovène Rajmond Debevec pour s’assurer la deuxième place derrière le Bélarusse Sergei Martynov. Cox décroche la plus belle des trois médailles belges de ces Jeux, Charline Van Snick et Evi Van Acker ayant respectivement conquis le bronze en judo et en voile.

Un amateur… qui n’aurait pas dû être là!

Une performance d’autant plus exceptionnelle qu’elle fut l'œuvre d’un pur amateur. Originaire d’Ougrée en périphérie liégeoise, Lionel Cox combine effectivement sa passion pour le tir sportif au club de tir d’Amay avec son emploi d’inspecteur du travail à la Région bruxelloise. "J'ai une chance sur 50", estimait d'ailleurs avant la compétition celui qui se prit de passion pour le tir sportif en 1996 grâce à son père et qui s’apprêtait à affronter le gratin mondial de son sport. Le Liégeois n’oubliait cependant pas d’ajouter un “tout reste possible” prémonitoire à ses pronostics.

Son incroyable épopée londonienne aurait pourtant pu ne jamais avoir lieu. "Et dire que je n'aurais pas dû être là !", s’était-il d'ailleurs exclamé après la remise des médailles. A l’époque, le tireur avait en effet été repêché après délibéré du COIB sur base de ses bonnes performances avant les Jeux et afin qu’il emmagasine de l’expérience. Il devint ainsi le premier tireur belge à participer aux JO depuis Frans Peeters en 1984.

Une discipline mise en lumière

Porte-drapeau de la délégation belge lors de la cérémonie de clôture des Jeux, Lionel Cox aura vécu un véritable conte de fées à Londres. Cette médaille restera son plus beau fait d’armes à l’échelon international. Ce fut également sa seule participation aux Jeux, puisqu’il n’obtint pas de wildcard pour défendre sa médaille à Rio en 2016 et que sa discipline ne fait aujourd’hui plus partie des compétitions olympiques.

L’exploit de Cox aura cependant permis de mettre en lumière une discipline peu connue du grand public, mais aussi du monde politique. Le vice-champion olympique 2012, qui pratique encore sa passion à l’heure actuelle, est entre-temps devenu directeur technique de la fédération francophone et président de la fédération belge de tir. Avec l’espoir que les jeunes talents qu’il a pris sous son aile marchent un jour sur ses pas.

Une fois de plus… Dans le sport, tout est possible !