5 questions à se poser sur l'organisation de l'Open d'Australie 2021

La date du 8 février sonnera le grand départ de l’Open d’Australie. Si le premier tournoi du Grand Chelem de l’année est attendu avec impatience par les joueurs et les fans, l’aspect purement sportif est pour l’instant complètement occulté par les problèmes liés à l’organisation du tournoi en pleine pandémie. Traitement des joueurs, équité face aux conditions de quarantaine, réactions du public… On revient en cinq questions sur le chaos logistique de l’Open d'Australie 2021. 

Comment les joueurs vivent la quarantaine ?

Dès leur arrivée à Melbourne, les joueurs et leur staff ont dû se placer en quarantaine dans leur hôtel. Ils subissent des tests quotidiens et, tant qu’ils sont négatifs, ont droit à 5 heures de sortie par jour, pour s’entraîner ou manger. En cas de non-respect des règles, les joueurs s’exposent à de grosses sanctions (une amende de 20 000 dollars australiens au minimum). 

Cependant, 72 d’entre eux sont actuellement en quarantaine stricte, sans possibilité de sortir. Des cas de Covid-19 ont été détectés dans les avions amenant les participants de Doha en Australie, et tous les passagers de ces vols sont considérés comme des cas contacts. Une seule joueuse, l’Espagnole Paula Badosa, a été testée positive. 

Les joueurs et joueuses concernés par cet isolement total n’ont donc pas le droit de s’entraîner, ce qui nuit à l’équité sportive. Parmi ces cas particuliers, on compte des pointures comme Victoria Azarenka, Sofia Kenin, Sloane Stephens, Angelique Kerber, Kei Nishikori ou Roberto Bautista Agut.

Pourquoi certains jouissent-ils d’un traitement de faveur?

Tous les joueurs et joueuses ne subissent toutefois pas ces conditions drastiques. Une petite troupe de privilégiés font partie d’une bulle particulière, installée à Adélaïde, à quelques centaines de kilomètres de Melbourne. Il s’agit des Tops 3 mondiaux masculins et féminins, à savoir Dominic Thiem, Rafael Nadal, Novak Djokovic, Simona Halep, Naomi Osaka et Serena Williams (qui remplace Ashleigh Barty, restée à Melbourne). Ces participants et leur staff (50 personnes en tout) sont confinés dans des hôtels de luxe, dans des chambres avec balcons et salle de gym privatives.

Ce traitement de faveur a évidemment fait grincer des dents les autres joueurs. Les organisateurs ont rétorqué en expliquant que la limite avait été atteinte dans la bulle de Melbourne, et qu’une autre bulle avait dû être installée ailleurs. 

Les joueurs seront-ils au top de leur forme?

Face à de telles conditions, on est en droit de se demander quel sera l’état de forme des joueurs pour le tournoi. Enfermés en quatre murs la majeure partie de leur temps, certains ne s’entraînent que quelques heures par jour. D’autres n’ont même pas le droit de reprendre leur raquette pour l’instant, comme on l’a vu plus haut. Beaucoup ont également critiqué la qualité de la nourriture servie dans leur hôtel. 

En outre, les risques de blessure seront accrus par le manque de rythme des joueurs et joueuses. Sans compter l’éventualité d’être infecté au Covid-19 durant le tournoi, même si les organisateurs prennent actuellement toutes les mesures pour éviter une telle possibilité. Bref, tout cela porte à croire que le niveau de la compétition risque d’être très aléatoire… 

Notons toutefois que les organisateurs ont décidé d’organiser de petits tournois la semaine précédant le début du Majeur, afin que tous les joueurs puissent s’entraîner dans de bonnes conditions. 

L’Open d’Australie peut-il être reporté?

Pour le directeur du tournoi, Craig Tiley, il est hors de question de reporter l’Open d’Australie. L’événement a déjà dû être déplacé de quelques semaines, et un nouveau changement de date aurait de grosses conséquences sur le calendrier général du circuit. En outre, les billets pour les spectateurs sont déjà en vente.

Mais que se passera-t-il si de nombreux joueurs sont obligés de déclarer forfait, en cas de blessure ou de Covid ? L’organisateur a trouvé la parade: un pot de 12 joueurs a été désigné afin de pallier les éventuelles absences qui surviendraient d’ici le début du tournoi. Ces lucky losers boucheront les trous si jamais le tableau venait à ne pas être complet au 1er tour. 

Pour quel public ?

Concernant le public, l’Open d’Australie aura la chance d’accueillir 400.000 spectateurs (soit près de 25.000 par jour). C’est le chiffre qu’a annoncé le directeur Craig Tiley, et qui correspond à 50 % de la jauge habituelle. Ce nombre paraît immense quand on se souvient que Roland-Garros était limité à 1.000 personnes par jour, tandis que l’US Open s’était joué à huis clos.

Néanmoins, pour ce qui est de la population locale, l’ambiance est moins à la fête. En effet, pour les habitants de Melbourne, ville qui vient d’endiguer la propagation du virus, voir débarquer sur leur territoire quelque 1.200 personnes venues des quatre coins du monde, dont des cas de Covid-19, n’est pas très rassurant. Alors quand ces joueurs et joueuses logés dans des hôtels de luxe se mettent à se plaindre de leurs conditions de vie "difficiles", la pilule est difficile à avaler !

Pas étonnant donc que la communauté et les médias locaux se soient mis à traiter les sportifs de "divas". Les tennismen et women devront donc se racheter une image s’ils souhaitent bénéficier du soutien des Australiens sur les courts.

Suivez les rencontres de l'Open d'Australie à partir du lundi 8 février en direct sur Eurosport 1 (Canal 130) et Eurosport 2 (Canal 131), disponible via l'Option All Sports de Proximus Pickx.

Une fois de plus… Dans le sport, tout est possible !

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