De manière générale, l’année 2020 s’est démarquée par quelques évènements peu enviables, dont une pandémie qui aura paralysé une bonne partie de la planète. Mais d’un autre côté, elle nous aura gratifié de quelques happenings e-sportifs qui ont marqué les mémoires et l’histoire de l’e-sport. Allez, c’est bientôt la fin, et on célèbre tout ça en se faisant un petit best-of des moments qui ont marqué le monde e-sportif durant les 12 derniers mois

 

League of Legends : Une victoire de DAMWON face au public aux Worlds 2020

 

Si cet évènement se retrouve en première position de cette liste, c’est non sans hasard. Les Worlds de League of Legends édition 2020 furent en effet le premier évènement à maintenir sa tenue en physique durant la crise sanitaire qui a ébranlé le monde ces derniers mois. La compagnie Riot a en effet collaboré très étroitement avec les autorités chinoises afin de permettre à l’évènement d’être maintenu, moyennant quelques adaptations bien nécessaires. Les joueurs ont donc été soumis à une quarantaine de 14 jours ainsi qu’à un contrôle très strict des déplacements. De manière générale, la communauté, autant le public que les joueurs, s’en sont montrés très satisfaits.

Mais au-delà des efforts faits par Riot Games, ce qui impressionne par dessus tout, c’est la performance de ceux qui ont finalement réussi à arracher le trophée : DAMWON Gaming.

Sortis en demi-finales par G2 lors de l’édition 2019, l’équipe sud-coréenne impressionnait déjà par ses talents individuels. L’histoire en serait resté là, mais non. En tant que compétiteurs qui se respectent, les Coréens ont affiché cette année une détermination sans limites et une courbe de progression démentielle, ne concédant que deux B03 sur les 18 disputés lors de la saison régulière. Tout au long de la compétition, l’équipe s’est montrée intraitable avec ses adversaires. D’après les bruits de couloirs, l’équipe affichait déjà un niveau de jeu absolument monstrueux lors des scrims (matchs d’entrainement; ndlr) où ils sont apparement restés invaincus. Et c’est la rage au ventre que le roster a débarqué face au public chinois lors de la grande finale qui les opposait à Suning. Après 4 manches très peu disputées, ils ont fini par s’adjuger du trophée, et d’une belle victoire pour la LCK qui retrouve ainsi son aura de région dominante.

Une Team BDS sur le toit du monde

Il est des ligues compétitives où une équipe semble tout simplement survoler ses adversaires, sans jamais avoir l’air de rencontrer la moindre difficulté. Dans les Rocket League Championship Series, la Team BDS fait partie de ces ovnis dont on ne sait pas réellement si ils sont sur la bonne planète. Après ravoir entièrement racheté le roster ARG, dont les deux joueurs Evan “M0nkey M00n” Rogez, Marc “MaRc_By_8.” Domingo et le coach Javier “Kael” Ojeda, la structure BDS y a apporté quelques modifications, notamment en y greffant le français Alex “Extra” Paoli. Résultat : un trio explosif qui n’en finit plus de collectionner les victoires, parfois avec une facilité déconcertante.

Compétitions après compétitions, la Team BDS a laissé tous ses adversaires au tapis. Durant le segment automnal, les BDS ont accumulé deux podiums sur trois évènements régionaux, terminant sur la troisième marche lors de la dernière occurence. Les compétiteurs n’ont de nouveau laissé aucune chance à leur adversaire lors du Major européen organisé pour remplacer celui censé rassembler les meilleures équipes mondiales. Les BDS raflent la mise en repartent encore une fois premiers.

Le segment hivernal a aussi révélé de bonnes surprises au trio que plus rien n’arrête, même si le tableau est plus nuancé. Les BDS ont fini 1er du premier évènement régional, mais trébuchaient sur le deuxième. Il ne reste plus que quelques jours à l’équipe pour se préparer pour le dernier évènement hivernal, avant la pause qui nous sépare du segment de printemps.

Vous l’aurez compris, on souligne ici une performance digne des plus grands. On a hâte du prochain championnat du monde sur Rocket League pour découvrir ce que nous réserve ce trio qui a su faire preuve de constance durant cette année 2020.

Les G2 Esports écrasent la concurrence durant les Ignition Series

Dès le lancement du FPS Valorant, beaucoup ont vu dans le jeu les mêmes promesses e-sportives que des opus tels que Counter-Strike ou encore League of Legends. Et pour cause, le titre frais de quelques mois reprend avec brio les codes du premier, tandis qu’il a été édité par le studio responsable du second. De plus, il n’est pas nécessaire de rappeler à tout le monde que le circuit compétitif développé par le Riot Games, qui a gardé la main mise sur les compétitions de League of Legends à travers le monde, n’a rien à envier aux autres. A vrai dire, il fait partie des meilleurs.

C’est dans cet écosystème florissant et aux promesses alléchantes que de nombreuses équipes se sont formées. Parfois chapeautées par des structures, parfois en totale improvisation. C’est dans ces conditions qu’un roster dont on a beaucoup entendu parler les mois précédents, s’est formé chez G2. Construit autour du joueur phare de l’équipe, Oscar “Mixwell” Cañellas Colocho, le roster a tout balayé sur son passage durant les premiers mois de compétition.

Avant l’arrivée du First Strike, le circuit chapeauté par Riot, une première salve de compétitions est organisée sous le nom des “Ignition Series”. C’est durant ces tournois que l’équipe a montré son meilleur jour, réalisant tout simplement une cleansheet en remportant tous les évènements, sans exception. Les attentes étaient donc hautes pour le First Strike organisé durant le mois de décembre. Malheureusement pour G2, l’arrivée d’un circuit officiel a poussé les plus grandes structures à emboiter le pas à G2 et augmentant du coup le nombre de rosters capables de s’imposer en tournoi. C’est donc face à Team Heretics que les G2 ont chuté en demi-finales du tournoi. On soulignera la performance de notre compatriote DavidP, qui malgré ses résultats a été remercié récemment par la structure. Malgré cette ombre au tableau, les G2 ont réalisé cette année une saison folle, qui annonce très certainement de beaux moments pour le Valorant Champions Tour de 2021.

NEOM : boycott général

Le 29 juillet dernier, Riot Games, et plus précisément la LEC, la ligue européenne, diffuse un communiqué de presse. Celui-ci fait état de la future collaboration entre la ligue majeure du vieux continent et un projet de méga-ville devant à 500 milliards de dollars devant sortir de terre quelque part dans le Nord-Ouest de l’Arabie Saoudite. Si le communiqué ne fait que quelques lignes, ce dernier crée un véritable tremblement de terre dans la communauté League of Legends. En effet, la collaboration pose question sur plusieurs questions.

Ce qui pose problème ? Tout d’abord, la nature elle-même du projet. NEOM, c’est avant tout un projet de méga-ville devant sortir de terre en plein milieu du désert bordant la mer rouge. Une région évidemment peuplée de plusieurs tribus, qui malgré une résistance farouche, furent obligé de quitter leurs terres. L’un des villageois est d’ailleurs mort, abattu par la police lors de l’évacuation d’un des villages dans des circonstances floues. Comme si ça n’était pas suffisant, le projet est porté par le prince héritier Mohammed Ben Salman. Si ce nom vous est inconnu, il ne l’est pas de la communauté LGTBQ+, que le prince héritier n’a de cesse de persécuter au sein de ses frontières. Entre autres, il est aussi tenu pour responsable de l’augmentation de des décapitations dans le royaume. Une pratique qui, on s’accorde à le dire, n’a rien de charmant. Vous l’aurez compris: ce prince fait clairement partie de la catégorie de personnes dont on se passerait bien dans l’e-sport, quelque soit la taille de leur porte-feuille. A côté de ça, une certaine hypocrisie est pointée du doigt. Le studio américain a en effet mis en place plusieurs évènements pour soutenir la cause LGBTQ+, allant même jusqu’à reverser des fonds à une organisation.

On comprend dès lors l’agacement et les grincements de dents de la communauté et de certains travailleurs de Riot Games à l’annonce de ce partenariat. La réaction ne se fait d’ailleurs pas attendre. Après une salve de tweets exprimant leur incompréhension et leur colère, l’équipe de commentateurs officiels de la ligue décide de se mettre au repos. Si le partenariat est maintenu, les matchs se joueront sans eux, et sans commentaires donc. Riot se retrouve donc avec un sponsor, mais plus de programme. Comme vous vous en doutez, Riot Games ne tardera pas à faire machine arrière, exprimant ses regrets et sa maladresse sur cette annonce qui aurait apparement été calculée pour arriver juste après la Berlin Pride Week et faire mois de remous. Raté, donc. Une annonce qui laissera cependant un goût amer dans la bouche d’un bon nombre d’observateurs.

Katowice 2020 : un début d’année chamboulé

Nous sommes le 24 février. Face aux milliers de personnes venues assister à l’évènement, les lourdes portes de la Spodek Arena, splendide bâtiment servant de refuge pour la grande messe e-sportive que sont les IEM Katowice, s’ouvrent. La compétition est lancée alors que le bruit court que l’épidémie pourrait commencer à impacter l’évènementiel dans le monde entier. Les phases de groupe se passent dans un calme relatif tandis que les meilleures équipes du moment se qualifient assez facilement.

L’annonce tombe le 27 au soir, alors que les play-offs devaient débuter le 29. Dans un communiqué aux spectateurs venus des 4 coins du monde, ESL annonce que le gouvernement polonais a du condamner la tenue de l’évènement et que, ce faisant, ce dernier ferme ses portes aux spectateurs pour la fin de la compétition. La déception est alors palpable des deux côtés, et on comprend pourquoi. Pour les joueurs, Katowice, c’est un potentiel titre mondial à la clé, et un rayonnement à l’international qui n’a pas son pareil dans l’e-sport. Pour le public, c’est l’effervescence d’un grand évènement auquel tout grand fan d’e-sport se doit d’assister au moins une fois.

Et alors que tous les spectateurs s’inquiètent des nouvelles mesures sanitaires, c’est finalement s1mple et ses coéquipiers de Na’Vi qui s’imposèrent en Pologne, malheureusement sans la foule pour accueillir et conter leurs exploits. On se rappellera donc de cet évènement comme la dernière LAN internationale de 2020 avant que toutes les équipes rentrent au bercail pour une saison comme on en avait jamais vu aupravant. Notons aussi qu’ESL a d’ores et déjà annoncé que l’édition 2021 se tiendrait, elle aussi, sans public.

Team Vitality : la folle remontada

Encore une équipe pour qui l’année 2020 n’a pas été de tout repos, mais sur Counter-Strike cette fois-ci! En difficulté durant les premiers mois de l’année, les Vitality ont du mal à accrocher des résultats satisfaisants. Le roster ayant apparament du mal à fonctionner avec le britannique ALEX, ce dernier est benched et laisse sa place à un joueur de 17 ans à peine, misutaaa.

Mais le coup d’éclat, les Vitality le réaliseront bien plus tard. Après trois finales malheureuses, les Vitality tentent quelque chose. Le staff décide d’intégrer au roster le jeune belge Nivera, en tant que 6ème homme. Pratique autorisée par les organisateurs de tournoi, le management commence donc à effectuer des changements de joueur entre les maps afin d’anticiper la fatigue qui surgit parfois dans ces matchs qui peuvent durer plusieurs heures.

C’est en utilisant cette astuce à merveille que les Vitality infligeront à Na’Vi un reverse-sweep mémorable. Et, cerise sur le gateau, ils réaliseront cet exploit en finale des IEM Beijing-Haidan, l’un des plus gros évènements de cette fin d’année. Menés 2-0, les Vitality accrocheront trois points au compteur afin de reprendre l’ascendant sur leur adversaire. Une remontada qui aura été réalisée avec l’art, et la manière comme le montre le clip ci-dessous. Pour clore l’année, les Vitality s’adjugeront aussi de la dernière compétition BLAST, battant Astralis en finale des Fall Finals. Cerise sur le gâteau pour la Ruche.

 

On clôturera ce papier, et l’année 2020 par vous remercier, tous, d’avoir suivi Proximus esports avec autant d’attention et de passion durant cette année qui ne fut simple pour personne. Sachez que vous avez rendu la nôtre bien plus agréable. En espérant que ça soit le cas pour vous aussi, on prend un peu de repos et on se retrouve très vite, pour une année pleine de surprises et d’e-sport! Allez, à l’année prochaine !

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