Ce 14 décembre, Riot Games a annoncé, via un communiqué publié sur son site internet, que la LCS allait subir un remodelage pour la saison 2021. Parmi les changements, un format remanié, un mini tournoi de début de saisons, et plein d’autres nouveautés. On regarde tout ça de plus près.

La rumeur avait été lancée il y a quelques semaines par le journaliste e-sport spécialisé dans l’univers de Riot Games, Travis Gafford. Selon lui, la saison 2021 de la LCS allait subir quelques modifications dans son déroulement et son format. Hier, les dirigeants de la ligue majeure nord-américaine ont confirmé ces rumeurs, annonçant le nouveau plan de la ligue pour la prochaine saison. Et vu le nombre de nouveautés, cela mérite bien que l’on analyse tout ça de plus près.

Un nouveau tournoi de début de saison : le LCS Lock In (15 janvier – 31 janvier)

C’était une des annonces qui ravit le plus la communauté nord-américaine. Au lieu de débuter la saison de manière classique, avec la saison régulière du Spring split, les équipes se retrouveront ici du 15 au 31 janvier 2021 pour disputer un mini tournoi de début de saison aux récompenses alléchantes, il faut le dire. Seront en effet en jeu, un cash-prize de 150 000 $ pour l’équipe gagnante de la compétition et une somme de 50 000 $ à distribuer à une association caritative.

Mais ce n’est pas tout. L’équipe victorieuse du Lock In bénéficiera d’un avantage considérable en fin de saison. Celle-ci disposera de la main pour sélectionner le side de son choix dans le 5ème match de la saison si les deux équipes s’affrontant sont à égalité. De quoi commencer la saison en beauté, avec un avantage tirant jusqu’en pleine saison. Vous vous en doutez, mais l’équipe qui remportera ce tournoi portera donc l’étiquette “d’équipe à abattre” durant tout le début de saison.

Les 10 équipes disposant d’un slot en LCS seront tout d’abord versées dans deux groupes. Les deux meilleures équipes de la saison précédente auront le privilège de sélectionner leurs adversaires pour cette phase de groupe. Cette saison, ce seront donc TSM et Flyquest qui auront cette chance. Les équipes s’affronteront ensuite dans un format de Round Robin où chaque équipe rencontre une fois chaque équipe concurrente. Les 8 meilleures seront alors placées dans un arbre à élimination directe. Si le format ne laisse donc aucune place à l’erreur, la répartition du cash-prize vient renforcer ce sentiment. En effet, aucune récompense pour le deuxième de la compétition, l’entièreté du prize pool reviendra au premier.

Deux splits remodelés

Spring Split (5 février – 14 mars)

On arrive là dans le gros des changements. Les équipes auront alors six semaines pour confirmer leur performance du Lock In ou gravir les échelons de la ligue. Si le split est raccourci en passant de neuf semaines à six semaines de compétition, le nombre de parties jouées, lui, ne diminuera pas. De fait, ce sont maintenant 15 parties au total qui se joueront chaque week-end. Le programme prendra place le vendredi à minuit et les samedi et dimanche dès 22 heures (heure belge). En jeu? Une place pour le LCS Mid-Season Showdown, autre nouveauté de la saison. Les 6 meilleures équipes se qualifieront en effet pour la nouvelle compétition de fin de split.

LCS Mid-Season Showdown (20 mars – 11 avril)

Exit les play-offs printaniers, bien qu’ici seul le nom et l’enjeu changent. Les six meilleures équipes de la saison régulière de printemps seront réparties dans un arbre à double élimination identique à celui des play-offs. Seulement, en 2021, le seed 1 affrontera le seed 4 tandis que l’équipe à choisir son côté sera toujours celle ayant été reléguée en loser bracket le plus récemment. Les égalités, quant à elles, seront brisées par le seeding des équipes. Le vainqueur du Mid Season Showdown sera couronné premier grand champion de la saison 2021 de LCS et aura l’honneur d’être la seule équipe à représenter sa ligue durant le mythique Mid Season Invitational.

Summer Split (4 juin – 1er août)

Pendant le Summer Split, les équipes seront mises au défi avec un triple Round Robin sur neuf semaines de jeu. Un format allourdi donc, par rapport à la saison précédente où chaque split consistait en un Double Robin. Une occasion pour certaines équipes de rattraper un début de split compliqué, ou à l’inverse, d’asseoir une domination déjà établie. Le Summer Split déterminera qui mérite une chance pour le deuxième titre de championnat LCS de l’année. Au total, les équipes disputeront donc 45 matchs sur l’entièreté de la saison au lieu des 36 rencontres classiques qui rythmaient la saison.

Cette nouvelle vient donc confirmer la rumeur lancée par Travis Gafford et confirmée par le jungler Spica, quelques jours plus tard, lors d’un stream sur Twitch.

LCS Championship (7 août – 29 août)

La saison 2021 de LCS se finira sur une compétition finale, déterminant quelle aura été l’équipe la plus performante de la saison, et quelles seront les trois équipes à représenter la région nord-américaine lors des championnats du monde de 2021.

Attention, ici les équipes seront sélectionnées en fonction de leur classement durant le Summer Split, mais aussi durant le segment printanier. On peut facilement imaginer que la raison qui a poussé Riot Games a effectué ce changement. Elle réside sûrement dans le fait que le Spring Split ne servait auparavant, au delà d’une place en play-offs et d’un possible titre de champion, qu’à se qualifier au MSI. Dorénavant, les performances de début d’année seront donc tout autant importantes que celles du Summer Split. Les équipes devront donc faire preuve de rapidité et de coordination en début d’année, période où certains rosters ont encore du mal à se mettre en place et à performer. A l’inverse, ces performances devront se prolonger au segment d’été pour espérer une qualification. On se rappelle de Cloud9 qui n’a pas réussi à se qualifier aux Worlds 2020 après avoir dominé tout le segment de printemps. A l’avenir, ce genre de résultat sera donc impossible.

Parmi les autres ajustements, on peut noter un format inversé garantissant que les équipes qui se rencontre pour la seconde fois le feront plus tard dans le tournoi; la sélection du côté va toujours à l’équipe qui est reléguée de l’arbre supérieur supérieur; et les jours de match ont changé pour empêcher la plupart des équipes de jouer deux fois en une semaine.

Rappelons aussi, que suite à l’arrêt soudain de l’OPL, la ligue d’Océanie, annoncé début octobre par Riot Games, les joueurs y évoluant dans le passé ne seront plus considérés comme importations mais donc comme joueurs natifs de NA. Un changement qui devrait permettre à de nouveaux talents peu connus d’émerger et qui laisse un peu de mou aux organisations. Ces dernières doivent en effet suivre une longue série de conditions concernant leurs équipes, en fonction par exemple de la nationalité des joueurs, des visas nécessaires pour jouer professionnellement en NA, etc.

Les changements espérés ?

Riot le souligne, ces changements sont les plus importants opérés depuis 2016. L’éditeur du jeu espère sûrement modifier en profondeur un écosystème nord-américain fortement critiqué après les performances médiocres de ses équipes aux Worlds 2020. Pour rappel, TSM est la première équipe à finir en pole position de son circuit régional, pour repartir sans aucune victoire de la phase de groupes.

Au delà de l’aspect performance, qui est bien sûr essentiel dans une ligue professionnelle aussi développée et ancienne que celles organisées par Riot sur son jeu phare, la communauté s’inquiète de plus en plus de l’économie de la ligue. En effet, beaucoup d’observateurs mettent en parallèle les montants de plus en plus gros qui circulent dans l’écosystème nord-américain et le niveau général de la ligue, considérée par beaucoup comme insuffisant pour justifier tant d’argent dépensé. Les montants de contrats de certains joueurs stars, comme Perkz et SwordArt par exemple, avaient remis de l’huile sur le feu. Certains avaient alors appelé les structures à se tourner vers des rookies et à développer le circuit de demain en se basant sur les talents naissants, au lieu de faire perdurer des joueurs stars dont le salaire couvre parfois celui d’une équipe entière.

Bien que Riot soit conscient que ces changements de format n’apporteront pas de facto le succès à l’international, l’entreprise espère que ces derniers, combinés à un écosystème amateur remanié aideront à guider la LCS vers le statut de région compétitive qu’ils veulent lui donner.

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