Le groupe belge dEUS sort un documentaire: "Jouer devant une salle vide, c'est très actuel" (INTERVIEW)

Le documentaire ‘Confessions to dEUS’ n'est pas un simple compte-rendu de la tournée du groupe de rock anversois à l'occasion du 20ème anniversaire de l'album ‘The Ideal Crash’, mais une ode au pouvoir de la musique et à l'impact qu'une chanson peut avoir sur une vie. Nous nous sommes entretenus avec la réalisatrice Fleur Boonman et le batteur Stéphane Misseghers au sujet de leur nouveau documentaire, qui sera diffusé sur la chaîne flamande Canvas le 19 novembre à 21h20 et le 24 novembre, à 22h35, sur La Trois.

"Nous avions des centaines d'heures de rushes et nous devions en faire une histoire", explique Fleur Boonman. La réalisatrice fut invitée au dernier moment par dEUS pour suivre le groupe avec sa caméra lors de leur tournée européenne de 36 concerts l'année dernière. "A onze heures, j'ai reçu un appel de Tom (Barman, ndlr.) et à cinq heures, j'étais déjà dans l'avion. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais je me suis dit: ‘Allons-y!’ Je me suis lancée dans l'aventure, mais c’est dans ma personnalité. J'ai voyagé avec des cirques et je me suis déjà retrouvée sur des îles en compagnie de tribus indigènes. C'était une aventure et cela m'a toujours attirée".

"Pendant la tournée, j'ai tout fait toute seule, ce qui est inhabituel”, poursuit la cinéaste. "Normalement, il y a toujours des gens qui s’occupent du son et de la production, mais ici j’ai dû le faire moi-même. Il ne pouvait pas en être autrement, car nous devions voyager dans le bus de tournée et nous n'avions pas le budget nécessaire pour une équipe. J’ai donc travaillé en mode guérilla, mais cela donne aussi une certaine liberté: je pouvais allumer la caméra à des moments inopinés et capturer des instants que l’on ne voit jamais en temps normal. Tout est très réel, rien n'est mis en scène".

Pas de script

"En tant que musiciens, nous ne nous sommes pas occupés du documentaire. Nous avons laissé cette tâche à Fleur", raconte Stéphane Misseghers, le batteur de dEUS depuis 2004. "Le fait que nous nous en soyons désintéressés fut d’ailleurs bénéfique pour le film. Nous sommes habitués à ce qu'un concert soit enregistré, mais si nous avions trop prêté attention au documentaire, nous aurions peut-être fait preuve d'une certaine pudeur et n'aurions pas dit certaines choses. Et c’est justement de ça dont parle le film, du sens profond des choses et des préoccupations quotidiennes des gens. C’est une belle façon de montrer que nous aussi, nous vivons ces choses".

Si l'angle du film a été trouvé dans le contenu des chansons de ‘The Ideal Crash’, il n'a pas été simple de transformer le tout en un documentaire. "Fleur a eu un peu de mal avec ça pendant un moment", explique Misseghers. "Il n'y avait ni scénario ni script. Il fallait trouver un lien avec les chansons et donc le thème de la dépression, des chagrins d'amour... des choses que tout le monde vit à un moment donné".

Monter en pleine pandémie

"Voir si les fans pouvaient faire des liens entre les textes et leur propre vie, c'était la perspective initiale. Nous devions ensuite trouver une narration dans toutes nos images lors du montage. C'est pourquoi nous avons parfois dû laisser tomber de belles histoires, nous avons dû décevoir des gens", dit Fleur. En raison du coronavirus, tout ne s’est pas non plus passé comme prévu. "Le choix des thèmes principaux du film aurait probablement été différent si le montage n'avait pas eu lieu en plein milieu d'une pandémie. Ainsi, l'accent a davantage été mis sur l'état de nos relations et le bien-être émotionnel, comme dans la chanson ‘Let's See Who Goes Down First’ (un titre écrit par Barman à propos d’une crise de panique, ndlr.)".

"Il y a une séquence dans le film où nous jouons ce morceau devant une salle vide, pendant la vérification du son", dit Misseghers. "C'est on ne peut plus actuel. Bien sûr, il n'était pas prévu à la base de sortir le film pendant une pandémie, mais cet aspect est bien présent. Nous espérons que les gens en tireront quelque chose, qu'ils pourront s'identifier au contenu, car c'est vraiment un film pour et par les fans". Misseghers a aidé à sélectionner les meilleures versions live à utiliser dans le documentaire. "De nombreux films de concert réenregistrent des voix ou des séquences de guitare. Nous avons délibérément choisi de ne pas le faire. Cela ne devait pas être trop léché, la performance live devait primer. De cette façon, on se rapprochait de l'expérience réelle, ce qui, je l'espère, pourra un peu satisfaire l’appétit des spectateurs, pour autant que cela soit possible devant leur télévision".

Psychologie

Les émotions réelles sont au centre du documentaire. Non seulement celles du groupe, mais aussi celles du public. Les fans prennent place devant la caméra pour raconter l'impact de la musique sur leur vie et comment ils s’identifient aux chansons. "Je suis devenu membre du groupe à part entière, j'étais totalement dedans", raconte la réalisatrice. "Il le fallait. Sinon, personne ne m’aurait rien confié. Beaucoup de gens ont été surpris par la profondeur des conversations. Ils ont parlé de sentiments très profonds, et j'essaie de les montrer avec respect. Cela crée un lien. Nous avons tous des émotions profondes, avec des hauts et des bas".

"Le bagage psychologique de Fleur a aidé", souligne Misseghers. "Son approche a fait en sorte que les gens ont révélé des choses qu'ils se sont eux-mêmes surpris à raconter. C'est le cœur du film, c'est ce qui lui donne tout son cachet".

Partager son histoire

"Après avoir réalisé mon premier film, je voulais en apprendre plus sur la psychologie des gens, afin de pouvoir mieux raconter des histoires", indique Boonman. "Je me suis tellement intéressée à ce sujet que j’ai fini par l’étudier. Et ces connaissances étaient nécessaires pour réaliser ce film. Je devais montrer que l’on pouvait se confier à moi en toute sécurité. J'ai toujours pris mon temps pour parler et rester en contact avec tout le monde, pour que les gens n’aient pas l'impression que cela s'arrêtait d’un coup. Ils ont dû accepter de partager leurs sentiments aussi ouvertement. Au final, les fans se retrouvaient souvent à plusieurs pour partager leurs histoires. Ils étaient rassurés d'entendre qu'ils n’étaient pas les seuls à parfois souffrir ou regretter quelque chose".

Le documentaire ‘Confessions to dEUS’ sera diffusé ce jeudi 19 novembre à 21h20 sur la chaîne flamande Canvas. Le film sera ensuite disponible sur la plateforme de streaming VRT NU avant de débarquer le mardi 24 novembre, à 22h35, sur La Trois.

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