Pourquoi les super-héros hyperviolents sont-ils aussi populaires?

Cinéma |

Depuis plusieurs années, le catalogue des super-héros au cinéma s’étoffe de façon exponentielle. Si, au début, les Marvel et autres DC Comics nous présentaient des personnages nobles et exemplaires, les majors ont aujourd’hui tendance à nous montrer des héros hyper-violents et a priori détestables. Mais le public en raffole, comme le montre le succès de Deadpool. En 2016, ce personnage a ouvert la voie à une nouvelle catégorie de super (anti)-héros.

De Proximus

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Pour les fans de comics, la première apparition de Deadpool au cinéma fut une grosse gifle. Dans ‘X-Men Origins : Wolverine’, Ryan Reynolds incarnait un méchant de seconde zone, génétiquement modifié et à la bouche cousue. Or, dans les bandes dessinées, Deadpool est un héros grossier et sarcastique qui ne manque jamais une occasion de l’ouvrir. Marvel a donc été forcé de rattraper le coup lorsqu’ils ont produit un film centré sur le mercenaire en 2016. 

Le studio savait qu'une version édulcorée du super-héros décevrait le public. Les comics dégoulinent d’hémoglobine et d’injures, et il était impensable que le film fassent fi de ces fondamentaux. C’était une petite révolution car, jusqu’ici, les long-métrages Marvel montraient des combats à la pelle mais jamais une goutte de sang. Techniquement parlant, les aventures de Deadpool font d’ailleurs partie de la saga des X-Men, qui se laisse rarement aller à des grossièretés. 

‘Deadpool’ est donc un pionnier dans le genre des super-héros pour adultes. Lorsque l’assassin en rouge et noir s’en prend à des criminels, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Des litres et des litres de sang, de la violence à l’excès et des plaisanteries vulgaires (mais drôles): voilà le programme, si l’on résume. Résultat: immense triomphe pour Marvel, qui signe un de ses plus gros cartons, alors que le film est classé ‘R’ (pour 'restricted', soit interdit aux mineurs non accompagnés).

La voie ouverte à des héros plus sombres

Grâce au succès de ‘Deadpool’, les studios de cinéma ont réalisé que la mention R n’était pas forcément une tare. Bien au contraire! Pensons à ‘Logan’, dernier volet de l’ère Wolverine dans la franchise X-Men. On y découvre une version fatiguée et dépassée du mutant. Pourtant, le film est largement considéré comme l’un des meilleurs épisodes de la saga. Il a même été nommé à l’Oscar du meilleur scénario adapté. C’est la première fois qu'un film de super-héros a eu cet honneur.

Et que dire de ‘Joker’, premier film classé R de la franchise ‘Batman’ où Joaquin Phoenix incarne un Arthur Fleck qui bascule dans la folie pour devenir un tueur psychopathe. L’oeuvre de Todd Philipps a récolté plus d'un milliard de dollars au box office, ce qui en fait l’un des films classés R les plus prolifiques de tous les temps. De plus, ‘Joker’ a décroché pas moins de onze nominations aux Oscars, dont une pour le prix du meilleur film. Tout comme Heath Ledger dix ans plus tôt, Phoenix est reparti avec la statuette du meilleur acteur pour son rôle de super-vilain.

Le début d'une nouvelle ère?

La mention R a longtemps été considérée comme un obstacle à la lucrativité d'un film. Mais les exemples ci-dessus ont montré que ce n'était pas une fatalité. Pour certaines productions, c’est même une bénédiction, tant on sait que les adaptations violentes et sanglantes de comics trouvent désormais leur public.  

Bien entendu, cela ne signifie pas pour autant que tous les films de super-héros déborderont de violence et de sang à l'avenir. Les producteurs visent toujours un public le plus large possible. En outre, la censure dans d’autres pays comme la Chine peut être une grosse épine dans le pied. Cela dit, on attend quand même avec impatience une suite plus sombre des aventures des Avengers. 

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