Ce samedi 3 octobre démarrent les phases de poule du Main Event des Worlds 2020 de League of Legends. Après l’élimination inattendue des Madlions et la qualification sur le fil de LGD Gaming et Unicorns Of Love durant le play-in, c’est donc le top départ pour les équipes engagées depuis maintenant plus d’un mois. On décrypte avec vous les différents groupes afin d’y voir plus clair sur la suite de la compétition.

Groupe A

G2 Esports

Sans aucun doute l’équipe européenne favorite de ce tournoi. Malgré tout, les finalistes malheureux de l’année dernière ont montré un parcours plus faible cette année. Jankos, le jungler, aura un jeu bien en deçà de ce qu’il est capable de développer d’habitude autour des laners. Rappelons tout de même que l’année passée, il était considéré par beaucoup comme un des (voire le) meilleur(s) joueur(s) évoluant à son poste.

© Colin Young-Wolff/Riot Games

Hésitants et irréguliers durant l’entièreté des deux splits, c’est véritablement un électrochoc qui a réveillé les ninjas durant les phases de play-off pour leur permettre de remporter les deux titres face à Fnatic. Pour cela, la team est retourné vers un style de jeu centré autour de son midlaner Caps. Il faut dire qu’aucun autre joueur de la ligue européenne n’a maintenu un tel niveau de jeu au cours de la saison. Mécaniquement presque parfait et toujours au service son équipe, le jeune joueur est assurément l’une des personnalités à observer de près lors de ces Worlds 2020.

On soulignera aussi les performances de Wunder qui, quand il peut jouer ses picks de confort, comme son excellente Neeko, réalise des matchs de haut niveau.

Machi Esports

Après 7 ans dans la PCS (anciennement LMS), Machi Esports gagnait cette année son premier titre domestique. Il faut dire qu’avec le PSG Talon en face, la concurrence est assurée. Le classico qui déchaine le championnat des îles est d’ailleurs serré car si on totalise les 16 rencontres entre les deux équipes, chacune sont reparties avec 8 victoires.

D’un point de vue global, le niveau de Machi Esports reste cependant faible par rapport au niveau moyen de la compétition. Pour espérer sortir de ces phases de groupe, la structure Taiwanaise pourra compter sur son midlaner, Chen “M1ssion” Hsiao-Hsien, actuellement un des joueurs les plus fort de sa ligue régionale.

C’est d’ailleurs souvent autour de ce joueur que tournent les compositions de Machi, plaçant souvent son midlaner sur des hyper-carrys comme Azir ou encore Zoé. Malgré tout, il y a peu de chances de voir cette équipe se qualifier pour la suite de la compétition.

Suning

Après une 3ème place en saison régulière, Suning aura du passer par les finales régionales pour gagner sa place durant ces Worlds. Écrasant Peanut et les LGD Gaming (qui se sont eux aussi qualifiés durant le play-in; ndlr) au terme d’une finale à sens unique, les Chinois auront mérité leur apparition dans la compétition.

En terme de gameplay, l’équipe a cependant un style de jeu bien différent de ses compatriotes. Si un la LPL est reconnue internationalement pour ses fights level 1 et des moves très agressifs en début de partie, Suning dénote. L’équipe prend pour habitude de jouer passivement en early, attendant le mid et le late-game pour capitaliser sur les possibles erreurs de l’adversaire.

Un style de jeu à double tranchant donc, car il nécessite une adaptation constante. Profiter des erreurs de l’adversaire sans imposer son rythme dans une partie risque de leur jouer de drôles de tours face à des équipes comme G2, connues pour forcer les fights et installer un rythme élevé lors des débuts de partie. Si tel est le cas, on imagine peu de scénarios dans lesquels Suning réussirait à reprendre le lead sans pour autant compter sur une faute de l’adversaire.

Team Liquid

L’équipe s’en sort, sans surprise, après le play-in. Il faut dire que depuis le segment de printemps, un peu chaotique, la team a repris du poil de la bête. Le temps de ré-installer une cohésion dans le roster après le départ de Doublelift chez TSM diront certains. Ce qui est sur, c’est qu’après cette période, Team Liquid dispose d’éléments convaincants. Tactical, le remplaçant AD Carry, récolte au passage le titre de Rookie Of The Year.

©David Lee/Riot Games

Et ce n’est pas le seul joueur sur lequel l’équipe américaine pourra compter. Le toplaner coréen Jung “Impact” Eon-yeong a réalisé des performances dignes qui méritent d’être soulignées. Mobilisant à lui seul jusqu’à 3 joueurs adverses, il est capable d’évoluer sur des picks permettant de zoner une partie de l’équipe mais aussi d’infliger des dégâts colossaux comme Mordekaiser et Shen. Avec des winrates respectifs de 80 % et de 83,3%, nul doute que les équipes adverses se feront un plaisir de le priver de ces champions sur lesquels ils est capable de faire des merveilles.

Monsieur Broxah semble quant à lui avoir enfin trouvé sa place dans sa nouvelle équipe après son transfert de chez Fnatic, réussissant à imposer son rythme quand c’est nécessaire.

Groupe B, le groupe de la mort

DAMWON Gaming

Après avoir remporté le Summer Split, le seed 1 coréen arrive avec un objectif clair en tête: remporter la coupe. Attention, on parle bien ici d’une des équipes favorites du tournoi avec son homologue chinois TOP Esports. Rassemblant en son sein Jang “Nuguri” Ha-gwon et Heo “Showmaker” Su, deux joueurs aux capacités mécaniques reconnues de tous, l’équipe dispose de sacrés atouts pour arriver à son objectif.

© Riot

Nuguri, considéré comme le meilleur joueur de Jayce au monde (il n’a pas perdu une seule manche sur ce champion; nldr), n’aura pas démérité durant la saison régulière. Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas utiliser son champion fétiche, même quand il n’a aucune idée du pick auquel il va faire face. Les ¾ du temps, il prend d’ailleurs une avance moyenne de 1034 golds sur son adversaire avant les 15 minutes, profitant d’un avantage au CS ou encore d’un first blood auquel il participe 25% du temps.

Le midlaner Showmaker, quant à lui, a profité de ce Summer Split pour livrer une performance exceptionnelle, continuant à exercer une pression constante sur ses adversaires. Face à lui, une erreur de positionnement vous mènera assurément à la mort (ou au flash-out, si tenté qu’il n’aie pas anticipé votre retraite pour vous surprendre). Un beau spectacle qui nous attend, donc.

Rogue

On ne va pas se mentir. Rogue est clairement dans le groupe que toutes les équipes occidentales redoutaient. Si on combine ça au parcours compliqué qu’ils ont eu cette saison, il y a peu de chances de voir Rogue sortir de cette poule de la mort. En effet, l’équipe a clairement développé un jeu inférieur à ses capacités et à ce qu’il a pu nous habituer par moment.

Au centre des craintes, tout d’abord l’instabilité de Finn “Finn” Wiestål. Le toplaner suédois a montré une irrégularité assez problématique pour l’équipe durant l’entièreté du split. Censé pouvoir assurer un lategame avec des picks comme Gangplank, qu’il a d’ailleurs l’habitude de jouer (10 fois durant ce split; ndlr), il n’a pas réussi à assurer ce que l’équipe attendait de lui dans certaines situations. On notera d’ailleurs que sur 10 games jouées avec le pirate, il atteint un winrate tout juste moyen de 50%. Sur la botlane, le français Steven “Hans Sama” Liv fait son grand retour aux Worlds après une absence de 3 ans. Il faut dire que malgré son niveau, l’ADC n’a jamais su trouver chaussure à son pied en terme de méta. Pourtant, les AD carry font de plus en plus leur retour, comme on a pu le voir lors de l’apparition du champion Aphelios. Hans a alors su montrer une connaissance impressionnante du champion. On espère que l’équipe sera capable de trouver une dynamique leur permettant de sortir le meilleur d’eux-même.

PSG Talon

Vainqueurs plus que convaincants des phases de play-in, les PSG Talon abordaient pourtant ces Worlds dans un contexte tout particulier. A peine fondée en juin dernier dans le cadre d’un rebranding, la structure en provenance de Hong Kong (seed 3 des PCS derrière J-Team et ahq eSports) disposait d’un roster remanié à cause de la crise sanitaire du COVID-19, avec des changements importants au niveau de la mid lane et du jungler.

Ainsi, ce sont deux joueurs en provenance de ahq eSports qui ont rejoint le PSG en dernière minute, en la personne de Uniboy (à la place de Tank) et de Kongyue (qui remplace River). Avec un temps de préparation moindre comparé aux autres équipes, la performance de PSG Talon en play-in a été d’autant plus impressionnante qu’elle s’est soldée par quatre victoires pour une seule défaite, et a mis en lumière des mécaniques solides tant sur le plan individuel que collectif.

Le roster s’est notamment illustré sur les phases de rotations avec une très bonne réactivité pour la prise d’objectifs et une gestion redoutable des teamfights. Forts d’un line-up qui mélange talent et expérience, les PSG Talon pourraient bien avoir une belle carte à jouer dans ce groupe B s’il parviennent à afficher un niveau de jeu similaire à celui proposé durant le play-in.

JD Gaming

Parmi les équipes à surveiller de très près dans ces Worlds, JD Gaming se présente comme un candidat sérieux pour s’emparer de la première place du groupe B. Auteur d’une saison 2020 très solide, le seed deux des LPL participe à ses premiers championnats mondiaux avec un roster à la hauteur de ses ambitions.

La structure chinoise peut compter sur l’un des toplaners les plus en vue du moment avec Zoom, disposant du meilleur KDA parmi les top laners de la LPL. Il sera épaulé en jungle par nul autre que le MVP en titre du Spring Split, Kanavi, lui-aussi signataire de stats impressionnantes (3.44 kill et 7.21 assists de moyenne durant le Summer Split).

Avec peut-être l’une des meilleures botlanes actuelles composée de LokeN et LvMao, la seule faiblesse apparente de JD pourrait venir de la mid lane avec Yagao, qui, sans être impressionnant, devrait malgré tout pouvoir tenir face au top mondial.

Groupe C, le groupe le plus homogène de la compétition ?

Fnatic

Cette équipe, tout comme ses joueurs, est forcément bien connu de tout aficionado de League of Legends. Après une saison régulière plus que compliquée, les partenaires de Rekkles ont réussi à relever la barre à l’occasion des playoffs avant d’une fois de plus s’écrouler face à G2 Esports. L’histoire n’est qu’un éternellement recommencement. La bonne nouvelle étant que comme dans toute compétition internationale, Fnatic ne risque pas de rencontrer de si tôt leur némésis. Pour autant, les équipes du groupe C ne seront pas à sous-estimer mais Bwipo & Co ont des atouts à faire valoir !

© Colin Young-Wolff/Riot Games

Selfmade, est le premier atout de cette équipe, il est très certainement l’un si ce n’est le jungler européen le plus talentueux. Même dans les moments les plus compliqués de la saison régulière, c’était l’un des seuls joueurs à surnager dans le marasme ambiant du collectif Fnatic. Ce qui fait sa grande force est surtout sa grande polyvalence. Que ce soit sur Hecarim, Graves ou encore Sett, il arrive toujours à trouver un moyen d’impacter les parties.

L’autre point fort de cette formation est sa botlane. Bien que parfois irrégulier, le duo Rekkles Hylissang est toujours en capacité de faire un travail efficace une fois les escarmouches du milieu de partie arrivées. Le support bulgare est très certainement le vrai facteur X de cette équipe, s’il retrouve son flegme pour initier les combats qu’on lui connaissait, il pourrait amener son équipe très loin dans la compétition.

Les deux gros inconnus chez Fnatic résident sur la ligne du haut et du milieu. Bwipo a connu un regain de forme pendant les playoffs du segment d’été après un long passage à vide ou son niveau de jeu faisait peine à voir. Némésis de son côté, bien que n’ayant jamais été mauvais, ne tient pas la comparaison face à Caps en LEC et risque donc d’avoir du mal face aux autres ténors de la compétition qu’il affrontera.

Gen.G

Equipe favorite du groupe, les coréens se présentent avec peut-être l’un des meilleurs midlaner du monde, à savoir BDD. Grâce à ce joueur clé, Gen.G a réalisé de belles performances cette saison. Ils ont notamment décroché une troisième place lors des playoffs d’été de la LCK avant de terminer premier du qualifier régional en battant T1 assez sèchement, 3:0. Les partenaires de BDD ne se sont donc peut être pas faits que des amis du côté des pays occidentaux quand on connaît l’aura dont bénéficie Faker et son équipe dans ces régions. Cependant, il faut reconnaître que si cette formation est la favorite du groupe C, ce n’est pas pour rien. Elle possède de nombreux atouts à faire valoir.

BDD est bien entendu l’atout numéro un de la formation, c’est par exemple un des meilleurs joueurs d’Azir au monde. Sa polyvalence lui permet de jouer nombre d’autres champions ce qui ouvre de nombreuses possibilités stratégiques à son équipe.

La bot lane propose une synergie assez incroyable et c’est normale étant donné que le duo Ruler/Life se connaît et joue ensemble depuis 2018. A cette complicité, il faut forcément ajouter l’expérience de l’ADC coréen qui a déjà remporté le championnat du monde de League Of Legends avec Samsung Galaxy en 2017. La seule faiblesse de ces deux joueurs résident peut-être dans le manque de polyvalence de Ruler, il n’a en effet jamais joué autre chose que des tireurs à distance en 2020. Quand on compare les champions qu’il joue à ceux d’un Perkz ou même d’un Rekkles, il offre beaucoup moins de solutions tactiques à son équipe.

Du côté de la jungle, Gen.G peut compter sur Clid qui a bâti une grande partie de sa renommée sur son passage chez feu SK T1 et ses actions sur Lee Sin. Il s’est désormais ouvert à d’autres héros même s’il a joué peu de champions résistants ou capable d’initier des combats ces derniers temps. Il est, en effet, assez rare de le voir jouer Hecarim ou Trundle par exemple. Cependant, étant donné son talent, il aura sans doute profité du bootcamp à Shanghai pour réserver quelques surprises à ses adversaires directs.

TSM

Champions surprise du dernier segment d’été côté américain, les partenaires de Bjergsen auront fait preuve de caractère en remontant tout le loser bracket et en s’imposant deux fois à l’issue d’une cinquième carte en demie-finale et en finale. Même si les équipes américaines des LCS n’ont pas vraiment illuminé le devant de la scène League of Legends cette année, il ne faut pas sous-estimer les vétérans qui composent TSM. D’autant plus que cette année, la formation peut compter sur certains points forts non négligeables mais qui peuvent cependant aussi rapidement se transformer en faiblesse.

Bjergsen semble avoir pris une autre dimension chez TSM. Encore plus impactant que par le passé, il a joué un rôle décisif dans l’aventure de son club au cours des playoffs du segment d’été. Cependant, ce point fort pourrait se transformer assez rapidement en point faible pour TSM à l’occasion de ce championnat du monde. Si les adversaires de TSM décident de cibler les champions du joueur danois, tels que Zilean ou encore Twisted Fate, c’est la totalité de l’équipe américaine qui pourrait en pâtir. Mais Bjergsen n’est pas le seul vétéran de cette formation, Doublelift qui n’a encore jamais brillé dans cette compétition internationale, aura très certainement à coeur de faire taire ses détracteurs.

© Riot Games

Du côté de la jungle, Spica risque de souffrir quelque peu face aux autres junglers du tournoi. Son inexpérience (ce sont ses premiers championnats du monde, ndlr) risque de coûter cher à la formation de Reginald. N’ayant encore jamais participé à aucune compétition internationale, ni affronté d’autres adversaires que des équipes américaines, le saut dans le grand bain risque d’être brutal pour lui. Broken Blade, bien qu’ayant joué dans d’autres divisions que les LCS, n’a lui aussi jamais participé à un tournoi international officiel.

Rester à espérer que ces deux joueurs soient bien accompagnés par les autres vétérans de l’équipe pour faire honneur au public nord-américain qui, en l’absence de Cloud9 cette année, se retrouve privé de son équipe habituellement la plus performante au niveau international.

LGD Gaming

C’est peu dire que l’équipe chinoise est passée à deux doigts de la catastrophe lors des plays-in. En ne remportant qu’un seul de ces quatres matchs, les partenaires de Peanut ont terminé à l’avant dernière place de leur groupe. Seulement, pour cette année, trois des quatres équipes de chaque groupe pouvait se qualifier pour le bracket des plays-in. Très certainement paralysée par la peur, l’équipe chinoise a totalement manqué son entrée dans la compétition avant de se rattraper une fois les Bo5 venus. Ce format de match donne beaucoup moins de place à la chance, et bien plus à une stratégie qui se développe au fil des parties. L’adaptation, c’est la clé, et les chinois l’ont bien montré.

Alors que les principaux carry de l’équipe, à savoir l’ADC Kramer et le midlaner Xiye, étaient aux abonnés absents lors des premières rencontres, ils se sont repris lors des matchs décisifs. Ils ont été bien aidé par le support Mark et le jungler Peanut qui se sont révélés beaucoup plus incisifs. Langx a de son côté bien tenu sa voie du haut. C’est globalement tout le collectif de l’équipe chinoise dans son ensemble qui est monté d’un cran.

Cependant, il paraît compliqué d’oublier ce qui s’est passé au début de ce championnat du monde, et avec cette nouvelle phase de groupe qui débute, les coéquipiers de Kramer vont devoir apprendre à mieux gérer les Bo1. Si LGD arrive à régler cette faiblesse, ils pourraient très bien venir jouer les troubles fêtes dans ce groupe C. Suivant l’état de forme de Fnatic et TSM, le club chinois peut même se prendre à rêver d’une qualification.

Groupe D, un groupe déjà joué d’avance ?

Flyquest

Il apparaît très difficile de donner une quelconque chance aux Américains de sortir de ce groupe tant les équipes qui le composent sont impressionnantes. Entre le premier seed chinois et celui coréen, les partenaires de Santorin risquent d’avoir beaucoup de mal face à deux formations qui visent très clairement le titre. Bien que Flyquest ait réalisé de belles performances cette année de l’autre côté de l’Atlantique, l’écart de niveau entre les LCS et la LCK et LPL semble considérable. Il faudrait un miracle pour que le club nord-américain sorte de poule, et nous allons essayer de voir autour de quels critères ce miracle pourrait se jouer.

PowerOfEvil est très clairement le joueur le plus décisif de cette équipe. Il a souvent réussi à prendre l’avantage face à ses adversaires directs pendant les LCS. Pour accentuer encore ce dernier, il peut compter sur Santorin, qui après de nombreux déboires retrouvent enfin les Worlds. Ce dernier sait souvent appuyer là ou cela fait mal, surtout avec son Volibear. Il semble avoir développé une complicité avec le midlaner allemand des plus intéressante. Ce dernier, très connu sur ses mages, pourra créer la différence à l’occasion des batailles rangées, surtout sur sa Orianna.

L’autre joueur clé de cette formation n’est autre qu’Ignar, le support coréen de Flyquest. Il a apporté une plus grande maîtrise des escarmouches et des combats de milieu de partie. Le joueur semble avoir aussi aidé Wildturtle à revenir sur les bons rails après une longue période compliquée. En effet, même s’il reste parfois trop passif, il réalise moins d’erreurs de positionnement qu’auparavant. Solo est le dernier élément à composer cet effectif. Si nous avons fait le choix de le présenter en dernier, c’est très certainement parce qu’il est celui qui a le moins d’impact sur les performances de son équipe.

Flyquest n’est pas vraiment une équipe qui impressione, mais ce que les Américains entreprennent, ils le font généralement bien. Même si on leur promet l’enfer, les matchs de poule se jouant en Bo1, une surprise peut vite arriver.

Top Esports

Seed numéro un de la Chine, l’équipe a remporté récemment les playoffs du summer split de la LPL. On ne va pas le cacher, cette formation vient pour remporter la compétition et faire perdurer l’hégémonie que semble avoir peu à peu installer la Chine sur le championnat du monde de League Of Legends. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce club a assez de talent pour être au niveau de ses exigences. A presque tous les postes, les joueurs sont en capacité de créer des différences face à leur vis à vis. Il en est cependant un qui se détache des autres et celui-ci n’est autre que Knight. Il a obtenu au cours de la saison régulière pas moins de 28 solo kills, ce qui fait état de son niveau de jeu. Et le pire pour ses adversaires, c’est qu’il est difficilement possible de cibler un ou deux champions sur lesquels il excelle. Même s’il a des préférences pour des héros tels que Zoé ou encore Syndra, il a joué pas moins de 28 caractères différents tout au long de la saison.

Il n’est même pas la seule menace que propose Top Esports. L’ancien champion du monde, Jackey Love, sacré en 2018 avec Invictus Gaming, est une arme redoutable. Il peut jouer n’importe quel ADC, sa seule faiblesse étant justement qu’il ne joue que des tireurs à distance, il n’a jamais développé d’autres styles de jeu. Cela peut être encore une fois encombrant d’un point de vue des tactiques employés par le club chinois. Il se rattrape cependant avec son style de jeu assez agressif qui est compensé par les héros résistants et en capacité de temporiser des escarmouches que jouent le support Yuyanija. Ce dernier privilégie en effet les choix offrant la possibilité de protéger au mieux ses différents carry. Ce joueur a connu une progression fulgurante, il n’a en effet rejoint la LPL qu’en début d’année bien qu’il arpente le circuit compétitif chinois depuis 2016. Une des autres pépites de Top Esports réside dans la jungle : Karsa. Joueur ayant fait les beaux jours de RNG pendant un temps malgré quelques déceptions à l’occasion des Championnats du monde de 2019 et de 2018, il revient en grande forme avec une équipe impressionnante. Il s’agit là aussi d’un spécialiste de Lee Sin même s’il s’ouvre de plus en plus à de nombreux autres champions

DRX

Cette nouvelle équipe du côté de la Corée a su faire preuve de régularité cette année en termes de performance. Après avoir obtenu une troisième place à l’occasion du spring split et une seconde à celui du segment d’été, cette équipe emmenée par un vétéran de la scène coréenne, à savoir Deft, peut viser haut dans cette compétition. À l’exception de l’ADC et de Chovy qui occupe la midlane et a joué de nombreuses années pour Griffin, les autres joueurs composants cette équipe sont plus jeunes et n’ont pas un palmarès aussi imposant que leurs partenaires. Ils n’en restent pas moins talentueux.

Pyosik a par exemple attendu 2020 pour débuter son aventure sur le circuit professionnel. Il évolue dans la jungle et semble apprécier des champions tels que Lee Sin, Olaf ou encore Sejuani. Il est dommage que ces champions ne soient pas vraiment dans la meta actuelle même si Lee Sin est un héros qui peut-être sorti à tout moment. Doran et Keria ont un peu plus d’expérience de leur côté. Pour le premier, après avoir évolué le temps d’un split au sein de Griffin et perdu en finale face à SKT T1, il joue pour DRX depuis le début de l’année. Il adore jouer des champions comme Kennen ou encore Aatrox. Pour le second, évoluer auprès de l’un des meilleurs ADC de la scène mondiale et déjà un plus non-négligeable. Afin de protéger au mieux le joueur incroyable qu’est Deft, il n’hésite pas à jouer des héros assez résistants, mais aussi en capacité d’initier des escarmouches, vous risquez donc de le retrouver sur Braum, Thresh ou encore Nautilus.

Deft court après un sacre ultime depuis de nombreuses années, étant donnée les forces en présence cette année, il sera difficile pour DRX d’être couronné champion du monde, mais il ne faudrait pas sous-estimer les capacités des joueurs coréens à se révéler dans les grands moments.

Unicorns Of Love

S’il y a bien une équipe qui a fait sensation lors du plays-in de ce championnat du monde de League Of Legends, c’est bien Unicorns Of Love. Il s’en est fallu d’un rien pour que la formation LCL ne s’empare de la première place de son groupe et rallie directement l’événement principal sans passer par le bracket des play-in. Les deux joueurs qui se sont démarqués dans ce début de compétition sont le jungler AHaHaCiK et le midlaner Nomanz.

© Riot Games

Le premier semble particulièrement apprécier Nidalee et Graves, des champions en capacité de nettoyer les camps de la jungle et d’envahir la jungle ennemie assez facilement. Nomanz de son côté, n’a pas utilisé à plus de deux reprises un champion dans ce début de compétition, il en a joué 7 en 8 rencontres. BOSS de son côté a confirmé son goût pour le splitpush avec Wukong et Camille. Il semble aussi apprécié le pick Renekton qui a peu de face à face défavorable sur la ligne du haut.

Du côté de la botlane, Gadget a déjà commencé à faire des siennes en sortant des mages AP tels que Ziggs, Swain ou encore Orianna. Cette versatilité permet de berner l’adversaire concernant les champions qui seront utilisés sur le voie du milieu. SaNTaS de son côté est l’un des seuls supports du moment à jouer aussi fréquemment Alistar mais il faut admettre que à la vue des résultats obtenus par l’équipe, cela marche plutôt bien.

Unicorns Of Love est tombé dans un groupe très compliqué, avec Top Esports et DRX, il sera assez compliqué de se frayer un chemin jusqu’aux ¼ de finale de la compétition. Ils peuvent cependant surprendre Flyquest. Pour espérer plus, il faudra surprendre les équipes asiatiques et être irréprochable de bout en bout de la phase de poule !

Crédits visuels: Riot Games