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Comment le Bloody Louis s’est imposé en tant que club et salle de concert

« Ce qu’on cherche à proposer, en plus des soirées à thème et des concepts, ce sont des concerts en club. Et pas juste un showcase avec un playback à deux balles, non, un vrai concert. »

Caché dans les sous-sols d’une galerie commerçante, sur l’une des avenues les plus prestigieuses de la capitale, le Bloody Louis a su imposer son nom, non seulement en Belgique mais aussi à l’international où le club jouit d’une réputation sans pareil. La liste des artistes qui s’y sont produits est impressionnante : Post Malone, Travis Scott, Future, Drake,… tous sont passés ici lors d’after-parties survoltées. Un public et des artistes galvanisés par ce lieu de fête frénétique et intimiste qui a su réunir le meilleur du club et de la salle de concert. On a discuté avec Jon Tyler, le fondateur, pour savoir ce qui fait son succès et comment il avait réussi à s’accorder les bonnes grâces de Drake.

VICE : Salut Jon, le « Bloody Louis », c’est né comment ?
Jon : Il y a eu plusieurs établissements ici, mais ça a toujours été un hall d’événements, une discothèque. Moi, j’ai repris les lieux en 2013 et c’est là qu’on a commencé le Bloody Louis. J’avais 23 ans. Je ne suis pas un sorteur de base, je suis plutôt dans la musique et les choses plus calmes et je ne me suis pas réveillé un matin en me disant qu’un jour, j’allais gérer un club. Ce sont des opportunités qui se sont offertes à moi et que j’ai saisies. Tout ça s’est fait naturellement. Sept ans plus tard, on est toujours là avec l’équipe initiale et on a hâte de rouvrir le club.

Tu te souviens de la première fois que tu es venu ici ?
C’était à l’époque du Louise Gallery. J’ai commencé mon parcours dans l’événementiel en organisant des soirées là-bas. C’est à travers ces premiers événements que j’ai pris mes marques dans l’établissement.

Quel est pour toi l’événement le plus marquant qui s’est passé dans ton club ?
La deuxième fois que Drake est passé chez nous, après son concert au Sportpaleis. À la base, quand tu fais venir ce genre de personne, tu ne sais jamais si elle va chanter ou pas parce que c’est impayable. C’est en fonction de leur envie, du feeling qu’elle a sur le moment avec le club et avec le public. Lui, il est arrivé en connaissant les lieux et très vite, il a voulu chanter. Il a ensuite dit au micro que c’était le meilleur club qu’il avait vu. Ça, c’est un discours qui restera gravé. C’est l’un des artistes les plus influents de notre génération alors quand quelqu’un comme ça te dit ça, qu’il reconnaît ton travail, c’est quelque chose qui reste.

« Ce qui importe aux artistes, c’est de passer un bon moment. Et ça, on y arrive plutôt bien pour le moment. »

Jon

Comment tu as fait pour qu’il décide de venir chez vous la première fois ?
C’est toujours une histoire de contacts. Tu rencontres un manager qui connaît un manager qui connaît un manager… jusqu’au moment où tu fais venir des artistes qui finissent par se passer le mot. On est les premiers à avoir eu Future ou Travis Scott. Ces Américain·es, c’est tout un petit monde, alors quand iels viennent en Europe, iels se font tourner les lieux. Le nom « Bloody Louis » apparaît dans la liste des endroits potentiels où aller après les gros concerts. Pour Drake, c’est comme ça que ça s’est fait. Il venait en Europe et au moment où la tournée a été annoncée, on savait déjà qu’il était confirmé chez nous, parce que les artistes autour de lui avaient validé le club au préalable. Après, il faut aussi assurer quand les artistes viennent parce que ça peut partir très vite dans l’autre sens. Si c’est à chier, iels le disent aussi. Ce n’est pas l’argent qui prime, c’est plutôt la réputation. Ce qui importe à leurs yeux, c’est de passer un bon moment. Et ça, on y arrive plutôt bien pour le moment.

Comment vous faites pour vous assurer de ça justement ?
C’est un travail de longue haleine. Pour te donner un exemple et reprendre le cas de Drake, quand il est venu chez nous, c’était au moment des Playoffs NBA. Il vient de Toronto et son équipe, les Raptors, jouait ce soir-là. Pour Drake, quand tu sais qu’il est assis à côté du coach sur le terrain dès que l’équipe joue, tu sais que ça le fait chier de louper le match. Si tu fais en sortes que quand il arrive, il puisse voir le match directement, tu as tout gagné. C’est pourquoi j’avais mis une TV à disposition avec le match. Ce sont des choses comme ça qui font que le mec arrive en terrain conquis. Il n’y a pas de hasard avec ces gens-là. Si tu t’intéresses à ce qu’ils font, ils vont te le rendre. Mais si tu crois qu’en payant et en leur offrant une bouteille de champagne, ils vont te donner quelque chose, tu te trompes. Ils n’en ont rien à faire de tout ça. Ce sont les attentions, les détails qui sont importants. Tu peux d’ailleurs un peu regarder ce qu’il s’est passé dans pas mal d’afters en Europe : il est venu et il n’a pas chanté.

Tu as une anecdote qui se serait passée en coulisses à raconter ?
Je vais rester dans cette soirée-là et te parler d’un truc pour te dire à quel point Drake était à l’aise quand il est venu chez nous. Quand ces artistes-là viennent, c’est évident que tu leur offres à boire. Tu ne demandes pas à l’artiste de payer l’addition après avoir chanté chez toi. Ce soir-là, Drake lui-même a voulu faire une blague à son manager parce qu’on leur avait offert beaucoup. Ils étaient venus avec deux Tour Bus complets. Il a voulu qu’on crée une fausse facture et qu’on la donne à son manager d’une manière assez agressive, en lui disant que là, c’était exagéré et qu’il fallait payer. C’était assez fou qu’un mec comme ça te demande de jouer un jeu d’acteur. Alors, on a été chez son manager Chubbs, qui est aussi un de ses meilleurs amis, avec une facture et l’appareil Bancontact en lui disant qu’il était temps de payer. Le gars, il a pété les plombs en disant que ce n’était pas le deal. Drake a commencé à lui dire qu’il avait mal organisé le truc, pour lui dire trente secondes plus tard que c’était une grosse blague. On a encore la fausse facture dédicacée par Drake au bureau.

En quoi penses-tu que le Bloody Louis a un impact sur la ville ?
Il n’y a personne en sept ans qui a amené autant d’artistes de cette catégorie-là. Quand on regarde toute la liste des artistes qu’on a invité·es, pour nous, c’est une grande fierté. Au niveau du positionnement, on avait compris qui allaient grandir. On a eu Post Malone, Migos, Travis Scott,… mais aussi nos héros locaux, Damso, Hamza, Roméo Elvis. Ce sont les têtes d’affiches de tous les festivals du moment. On a forcément mis Bruxelles sur la carte, mais la Belgique aussi, parce que parfois, notre pays est complètement oublié. C’est plutôt la France, l’Angleterre ou la Hollande et nous, on est le petit truc au milieu qui n’est pas toujours pris en compte. Il fallait changer ça.

« Ce qu’on cherche à proposer, en plus des soirées à thème et des concepts, ce sont des concerts en club. Et pas juste un showcase avec un playback à deux balles, non, un vrai concert. »

Jon

En quoi le Bloody Louis a évolué depuis sa création ?
On a acquis la confiance de managers et de grosses agences, ce qui est assez agréable parce qu’on ne doit plus toujours débattre ou tout justifier. On a donc plus de facilités à avoir des artistes. On a la confiance du public aussi. Ce qu’on cherche à proposer, en plus des soirées à thème et des concepts, ce sont des concerts en club. On veut que les gens se disent qu’ils vont à une soirée au Bloody et puis que dans la soirée, il y ait un concert. Et pas juste un showcase avec un playback à deux balles, non, un vrai concert. Ça, on le dit dans le briefing de nos artistes : on est une boite de nuit certes, mais on a une configuration qui permet de donner un vrai live. Si tu regardes l’un de nos derniers lives, c’était The Game avec ses musiciens. Ce mec est une légende. Le fait qu’il veuille se produire chez nous plutôt qu’à l’AB, c’était magique pour nous.

Quels sont les ingrédients qui font un bon club selon toi ?
Il faut surtout bien s’entourer, avoir une équipe solide parce que la gestion, c’est toutes les semaines. Avoir un club, c’est être sur le terrain tous les week-ends, deux à trois soirs de suite. Sans oublier la gestion le lundi aussi, après les événements. C’est un travail robuste mais ça nous fait aussi vivre des moments inoubliables.

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