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Susobrino nous raconte ses festivals, pour le meilleur et pour le pire

« La pluie est soudainement tombée sur tous mes instruments et il a fallu tout remballer immédiatement. »

Peu de gens ont l’autodérision de Susobrino ou Suso pour les intimes. Suso, qui s'appelle en fait Bart, raconte à VICE ses meilleurs et ses pires moments de festival, comment il embrasse ses racines boliviennes et ce qu'il enduit dans son nez juste avant de monter sur scène.

VICE: Salut Bart, ton nom de scène signifie « son neveu/sa nièce » ou « ton neveu/ta nièce » en espagnol. Explique nous un peu d’où viennent « Susobrino » et ton surnom « Suso » ?
Susobrino: Bcote était mon premier nom de scène. Mais pendant mes études au PXL à Hasselt, grâce aux potes de là-bas et aux profs qui m’ont pas mal influencé, mes racines boliviennes ont commencé à me faire des appels du pied. « Réponds-nous ! » ont-elles crié. En embrassant mes racines, je suis tombé sur le mot « Susobrino ». Depuis, je me sens bien avec ce nom. Et mes potes ont commencé à m’appeler « Suso ». Si quelqu’un dit encore « Bart », j’en ai des frissons. Je ne me sens vraiment pas comme un « Bart ». Mais je ne veux pas mal parler de mes parents, hein.

Ta mère est bolivienne et tu intègres des sons traditionnels boliviens à ta musique. T’as grandi avec cette musique, ou tu l’as plutôt découverte en 2017, pendant ton voyage solo en Amérique du Sud ?
Les deux. Et à la maison, je n’ai pas seulement écouté de la musique traditionnelle bolivienne, c’est plus un latinofeeling général, tout le continent y est passé.

Ah oui ? Pourtant je ne t’ai pas encore vu te mettre au reggaeton…
Attention, quand je suis en tournée, j’ose à mort le reggaeton. Enfant, j’écoutais de tout à la maison. J’avais des potes cubain·es chez qui j’ai appris les classiques, comme le Buena Vista Social Club. Maintenant que je suis à fond dans la musique et que je regarde plein de trucs qui s’y rapportent, il y a parfois des chansons que j’ai écoutées quand j’étais petit qui resurgissent. C’est comme un grand puzzle qui se reconstitue sous mes yeux. Ma mère était prof pour les nouveaux arrivants qui ne parlaient pas la langue et elle s’est fait beaucoup d’ami·es lors de ce cours. Il y avait toujours des gens du monde entier chez nous.

« Je veux que les gens apprécient la musique et ne viennent pas seulement pour la bière. »

Susobrino

Comment tu te sens quand tu montes sur scène ?
Je suis toujours super nerveux. Je remarque maintenant que plus je joue, plus je reprends le contrôle. Mais les cinq ou dix dernières minutes avant de monter sur scène, je suis presque en train de mourir. Je ne veux absolument pas échouer. Je veux que les gens apprécient la musique et ne viennent pas seulement pour la bière.

Comment s’exprime ce stress en toi ?
C’est comme une sorte de chaos. Je ne peux plus faire attention à rien, je n’entends plus ce que les gens disent et je ne peux plus parler.

T’as un rituel particulier avant de monter sur scène ?
J’applique du Mentisan sur mes lèvres et mes narines. C’est une pommade bolivienne à l’eucalyptus, et ça fonctionne pour tout : pour le stress, les nerfs, les maladies et la gueule de bois. Et si je veux me réveiller rapidement, j’en mets aussi sous mes yeux. Ça me donne direct l’impression d’avoir soudainement un grand bol d’air qui arrive droit sur mon visage.

Ah bon ! Après cette conversation, on va observer une hausse dans les ventes de Mentisan.
Ce serait pas mal, car j’aimerais bien en faire importer en Belgique !

« Je suis le genre de gars qui achète les instruments pourris dont personne ne veut sur les marchés aux puces. »

Susobrino

Quels instruments ou sonorités sont typiquement latino dans ta musique ?
J’utilise le Charango, qui est un instrument latino-américain à cinq cordes, et le Quena, une sorte de flûte. Et tous les instruments à percussion, bien sûr. Je suis le genre de gars qui achète les instruments pourris dont personne ne veut sur les marchés aux puces. Je les utilise comme des outils, jusqu’à ce que quelque chose sonne bien. Susobrino à la rescousse des instruments pétés !

Y’a quelque chose de typiquement belge dans ta musique ?
Misère… non, je suppose ? Je parle anglais la plupart du temps, même dans mes intros.

Rien ? Alors qu’est-ce que ta famille en Bolivie trouverait atypique dans ta musique ?
Les beats, le côté électronique et les influences hip-hop, ça c’est sûr. Mais ma famille ne dirait jamais « c’est bizarre ». Ils me soutiennent quoi que je fasse. Latinos forever, hein.

Y’a un concert en particulier qui t’a laissé un sentiment très spécial ?
Quand j’ai pu jouer pour Omara Portuondo à l’Openluchttheater (OLT) à Deurne, l’une des chanteuses du Buena Vista Social Club, dans le théâtre en plein air de Deurne, je me suis senti tellement bien. C’est une dame plus âgée, un peu une grand-mère grincheuse qui chante fantastiquement bien. Et puis son groupe est tellement bon. Iels jouent tout un répertoire fantastique, ce sont vraiment des musicien·nes de ouf. Partager une journée avec de telles personnes et être capable en tant que producteur électronique de combler le fossé entre une musique traditionnelle et plus actuelle, c’est un rêve pour moi. C’est ce que je veux faire. De plus, l’OLT est un endroit magnifique. C’était parfait.

Quel est ton festival préféré en Belgique ?
Je suis allé à Dour plusieurs fois et j’ai toujours trouvé ça cool, mais en fait, c’est sutout une grosse réunion entre potes.

Suso, tu y vas pour la bière !
Oups, grillé ! Tu sais, j’ai toujours loupé le Horst, mais je veux vraiment y aller et en faire l’expérience. Couleur Café aussi.

Tu as une anecdote de festival à partager ?
Chez nos voisins de camping, un type faisait tout le temps ça : (Suso fait un mouvement de main rapide avec un son aigu). Toutes les dix minutes. Et tout son groupe de potes a commencé à s’y mettre. Une fois qu’ils sont partis pour le site, un groupe de gros punks a débarqué et nous ont demandés : « Vous les connaissez, ces types ? ». On leur a dit non, et là les punks ont pissé partout sur leurs tentes. Les mecs sont revenus et n’ont même pas remarqué. Vraiment dégueu.

« La pluie est soudainement tombée sur tous mes instruments et il a fallu tout remballer immédiatement. »

Susobrino

T’as déjà joué un concert où tout est parti en vrille ?
Oui, ça arrive parfois. Souvent, les moniteurs ne sont pas bons ou pas assez forts. Du coup tu ne peux pas tout donner, tu dois faire très attention à ce que tu fais. Avant c’était vraiment un désastre, même si ce n’est pas de la faute des technicien·nes. Au Supervue à Liège, j’ai dû jouer à l’extérieur sur une montagne, avec une bâche en plastique au-dessus de moi. J’ai vu un nuage épais et gigantesque approcher et j’ai pensé qu’elle tiendrait le coup, mais au bout de dix minutes, la pluie est soudainement tombée sur tous mes instruments. Il a fallu tout remballer immédiatement. Je devais aussi jouer à Gand ce soir-là. Tous mes instruments étaient trempés, je les ai rentrés dans la voiture et j’ai mis la ventilation en super chaud, même s’il faisait déjà très lourd. On ne peut rien contre mère Nature, hein.

Où aimerais-tu vraiment jouer ?
J’adorerais faire le festival Worldwide en France. Et n’importe où en Amérique du Sud, en fait. J’y ai joué une fois quand j’étais encore Bcote, dans une auberge de backpackers à Sucre, en Bolivie. C’était tout sauf cool. Techniquement, c’était très mauvais, le chef de salle a décidé qu’il fallait que je joue moins fort et ces backpackers venaient tout le temps me demander des chansons. Mais bon, peu importe, ma famille a kiffé. Iels viennent de Potosí, où mon grand-père travaillait dans la célèbre mine d’argent.

« En Bolivie, j’ai enregistré des bruits de la nature, des conversations entre agriculteurs locaux, mais aussi des sons lors du carnaval traditionnel d’Oruro. J’ai utilisé ces sons sur mon premier disque. »

Susobrino

T’as pu apprécier pleinement la Bolivie lors de ton voyage ?
Oui, maintenant ma ville préférée, c’est La Paz. Quand je voyageais seul, je ne réalisais pas ce qu’il se passait autour de moi dans le reste du monde. J’ai un pote qui est également moitié belge-moitié bolivien et il était là aussi. Il m’a fait visiter La Paz et m’a présenté à ses potes. C’était fantastique. Puis j’ai principalement voyagé seul, et tout décider par moi-même, ça a été un grand déclic pour moi. Je sortais avec un enregistreur zoom et un magnétophone et j’ai enregistré tout et n’importe quoi. J’ai utilisé ces sons sur mon premier disque. Dans la forêt amazonienne, j’ai enregistré des bruits de la nature, des conversations entre agriculteurs locaux, mais aussi des sons lors du carnaval traditionnel d’Oruro.

Quand j’entends ton accent, je ne peux pas m’empêcher de te demander si tu as grandi en Campine ?
Oui. Je viens d’Arendonk, même si je n’ai vraiment aucune affinité avec Arendonk ou la Campine. Je suis content d’être parti loin de là.

Il te reste quand même un sacré gros « L » (accent typique de la région, ndlr.)
Shiiit, oui c’est vrai. Oui, il faut bien que je l’accepte.

Peut-être que ton prochain album devrait parler de tes racines campinoises ?
Nooon !

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