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Grosses vannes et zénitude : en backstage avec le groupe Commander Spoon

« C’était comme si Dour était à nous. On était blindé de Belges dans les loges et c’était hyper cool. Tu te disais que les choses étaient en train de changer. »

Avec leur jazz énergique mêlant les influences, Commander Spoon s’est rapidement imposé comme une sensation à expérimenter. Une musique qui prend toute son ampleur en concert, lorsqu’elle se transforme et évolue au rythme de l’instant. Parler de live avec Pierre et Samy, respectivement saxophoniste et batteur du groupe, semblait donc plus que naturel pour mieux comprendre l’addiction que semble provoquer la scène chez eux.

VICE : Salut les gars. Avant de monter sur scène, vous vous sentez comment ?
Pierre : Je crois qu’on ne réfléchit pas trop à ce qu’on va faire ou à ce qui va se passer. On n’est pas en mode concentration et isolement ; on est plus du genre à se raconter des blagues jusqu’au moment où c’est l’heure de monter sur scène. On n’a pas de rituel ou ce genre de choses.
Samy : Oui, on va vouloir passer la demi-heure avant le concert à quatre, plutôt que d’être chacun un peu dans son coin. Le sentiment qu’on a, c’est un mélange entre beaucoup d’excitation et d’envie.

« En concert, on réagit en fonction de ce qui se passe en face de nous. »

Pierre, Commander Spoon

Pas de trac ?
Pierre : On a toujours un peu de trac mais je suis d’accord avec Samy : je parlerais plus d’excitation. On ne voit pas le fait de faire un concert comme un combat ; pour nous, c’est plutôt une question d’aller à la rencontre des gens.

Et après un concert, vous vous sentez comment ?
Samy : En général on se sent vachement bien. On a une bonne dose de tous les produits chimiques présents dans notre corps et c’est un état hyper agréable. Surtout qu’après les concerts, on discute avec les gens, certains viennent te féliciter, ce qui n’est pas désagréable pour l’ego. C’est comme un retour pour tout le boulot qu’on fait en interne avec le groupe et c’est un peu le moment où tu peux prendre l’énergie nécessaire pour faire ce boulot.

Pierre : Oui, c’est le sentiment du travail bien fait. Avec notre groupe, on a rarement eu des concerts qui se sont mal passés donc c’est plutôt un sentiment de satisfaction.

À vous écouter, j’ai le sentiment que vous aimez beaucoup la scène. C’est mieux que d’être en studio ?
Pierre : On adore la scène mais on s’amuse énormément en studio aussi. On aime produire de la musique physiquement – des disques et des vidéos – mais là où on est le plus excités, c’est sur une scène avec des gens devant nous. C’est l’échange d’énergie qui est fort. Aussi, parce qu’on fait une musique assez instantanée où il y a de la création dans l’instant, donc ça va dans les deux sens : on réagit en fonction de ce qui se passe en face de nous.

« À un moment, on était dans les backstages, on devait être quarante, et pendant un instant c’était comme si Dour était à nous. »

Samy, Commander Spoon

Samy : C’est un peu comme passer une soirée au resto avec sa meuf et passer la nuit avec elle après. Je veux dire, il n’y a rien à faire : la scène a ce rapport à l’instant présent, ce rapport physique. L’état dans lequel tu te sens, c’est quelque chose de magique, c’est une sensation que je n’ai jamais senti avec autre chose, c’est très particulier. Tu deviens vite accro à ça. Là d’ailleurs, quand on nous la retire pendant quelques mois, c’est clair que ça manque. Et puis c’est aussi le goût de la fête et de voir des gens qui font la fête et qui kiffent.

En Belgique, c’est quoi votre festival préféré ?
Pierre : Le plus gros kiff qu’on ait eu, au niveau du nombre de gens et du retour, c’est quand on a participé à Niveau4 XXL à Couleur Café. On s’est retrouvés sur la Green Stage et il devait y avoir plus de sept mille personnes devant nous. À un moment, il y a eu un gros pogo sur un morceau à nous qui est censé être un morceau de jazz. On ne s’y attendait pas du tout. On voyait ce gros cercle de gens qui s’écartaient et se fonçaient dessus. Ça, c’est un souvenir de dingue. Et sinon on a aussi adoré Dour l’année passée. On aurait d’ailleurs dû y jouer cette année, mais bon.

Vous avez un souvenir particulier qui s’est passé en festival et qui vous a marqué ?
Samy : L’année passée à Dour, on jouait et il y avait également Juicy qui avait amené pas mal de musiciens. Pierrot jouait avec elles aussi et moi je jouais en plus avec Roméo Elvis ce jour-là. À un moment, on était dans les backstages, on devait être quarante, et pendant un instant c’était comme si Dour était à nous. C’était notre bande qui était là, à boire des bières. C’était fort comme moment. Limite tu voyais les groupes américains sur une petite chaise à côté qui se demandaient quoi. On était blindé de Belges dans les loges et c’était hyper cool. Tu te disais que les choses étaient en train de changer.

Pierre : Un autre souvenir important pour moi, c’est l’un des premiers festivals qu’on a fait, RSL Jazz, où on s’est retrouvé à jouer juste avant un groupe anglais qu’on adore qui s’appelle Sons of Kemet. C’était l’une de nos premières programmations et c’était avec un groupe qu’on respecte beaucoup. Ça aussi, c’était fort.

Vous avez déjà eu des soucis techniques sur scène ? Vous gérez ça comment ?
Pierre : Touchons du bois, mais ça ne nous est pas encore arrivé avec Commander Spoon. Tu te souviens d’un truc Samy ?

Samy : Non, c’est vrai. Le gros avantage, c’est que comme on ne joue qu’avec nos instruments acoustiques, on n’a pas d’ordinateurs et les plus gros problèmes techniques, souvent, ça vient de là.

Est-ce que vous vous souvenez d’un concert d’un·e autre artiste qui vous a marqués ?
Pierre : À l’époque, Samy et moi on jouait avec Oyster Node et on s’est retrouvés à faire la première partie d’Anderson .Paak au Botanique. Il venait de sortir « Malibu », mais ce n’était pas encore du tout la star qu’il est maintenant. Genre, deux mois après, il faisait l’AB plusieurs fois sold out. Ça, c’est un beau souvenir. Et sinon Kamasi Washington.

Samy : Lauryn Hill aussi, terrible.

« Lauryn Hill est très critiquée par rapport à ses concerts, mais pour l’avoir vue plusieurs fois en live, c’est l’une des artistes les plus vraies ; elle ne ment pas. »

Samy, Commander Spoon

Qu’est-ce qui fait un bon live selon vous ?
Pierre : C’est d’abord quelqu’un dont j’ai écouté les albums et regardé les vidéos, dont l’univers me parle et puis en live, c’est encore mieux.

Samy : Moi, je dirais, que c’est lorsque tu vois que l’artiste sur scène est vrai·e. Lauryn Hill, c’est un bon exemple pour moi. Elle est très critiquée par rapport à ses concerts, parce qu’elle est un peu tarée ou bizarre, je sais pas, mais pour l’avoir vue plusieurs fois en live, c’est l’une des artistes les plus vraies ; elle ne ment pas. Ce côté sincère, pour moi, il est important, peu importe le style.

Quand tu vois qu’un groupe qui veut faire danser les gens, il faut qu’iels en aient vraiment envie, qu’iels veulent faire la fête. Voir ça, ça me fait vraiment kiffer. Et puis on est aussi dans une période où la musique et les lives des artistes sont de plus en plus aseptisé·es par les machines et les productions où la musique doit être synchro avec les lumières et le feu d’artifice. Je trouve que beaucoup d’artistes perdent quelque chose à jouer cette carte-là parce qu’il y a un manque de sincérité. Quand on a vu Denzel Curry à Dour, il avait 19 ans, il était seul avec son micro et son DJ et c’était hallucinant, il était présent.

Un lieu ou un festival où vous rêveriez de jouer ?
Samy : Franchement, ce que je rêverais de faire avec Commander Spoon, c’est un bel AB. Parce que je pense qu’en tant que Bruxellois, ça reste une salle mythique, une salle hyper qualitative que ce soit au niveau du son, de la technique ou des gens qui y travaillent. J’ai été voir des dizaines de concerts là-bas et c’est un peu comme à la maison.

Pierre : Oui, pour le moment, on n’a pas beaucoup joué à l’étranger, alors c’est quelque chose qu’on aurait envie de faire.

Samy : Le North Sea Jazz à Rotterdam !

Pierre : Ah ouais, ce serait top ça.

On vous le souhaite.

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