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Comment le festival Horst combine parfaitement musique, art et architecture

« Pour nous, l’art, l’architecture et la musique ont vraiment la même importance, et ça vaut aussi pour la répartition budgétaire. L’art défie la musique et vice versa. »

De son propre aveu, le programmeur Simon Nowak a déclaré qu’il avait un jour eu « l’idée naïve d’organiser un festival ». Sept ans plus tard, Horst est devenu une valeur sûre dans le paysage des festivals belges, bien qu’il se plaît toujours à rester un fier outsider. En plus de la musique, un budget tout aussi important y est consacré à l’art et à l’architecture. On a discuté avec Simon de ses meilleurs moments au Horst festival, et on lui a aussi demandé ce qui nous attendait cette année sur l’incroyable site ASIAT.

VICE : Salut Simon, le Horst festival a vu le jour pour répondre à quel besoin ?
Simon : Pendant sept ans, l’intérêt de notre groupe d’amis évoluait entre l’art, l’architecture et la musique. Mais il nous manquait clairement un événement qui réunissait ces trois domaines. Heureusement, on a été assez naïfs et enthousiastes pour en créer un nous-mêmes. Dungeon, notre festival en mode fête scoute qui prenait de plus en plus d’ampleur à Louvain, a fini par être annulé parce que nous avions commis les erreurs typiques des débutants.

On a voulu essayer quelque chose de nouveau au château de Horst à Holsbeek. C’est d’ailleurs de là que vient le nom du festival. C’était un lieu unique, dans un château au beau milieu de la nature. Pour nous, c’était carrément l’endroit idéal pour déployer des installations artistiques et réaliser des interventions architecturales. D’un point de vue musical, on voulait surtout rassembler des petit·es artistes et des DJ cools lors d’un festival, à la place de les voir uniquement en club le vendredi ou le samedi. Voilà, c’était la base du cocktail Horst.

La première édition était à très petite échelle, je pense qu’on avait deux scènes pour une capacité de 800 à 1000 personnes. L’année dernière, il y a eu entre 14 000 et 15 000 festivalier·es en trois jours. Maintenant, je ne dis pas non plus qu’on a envie de devenir un Pukkelpop, un Dour ou un Tomorrowland. On préfère de loin la qualité à la quantité, mais il nous faut quand même du monde pour être un minimum rentable.

L’année dernière, vous avez déménagé de Louvain à Vilvorde. Pourquoi ?
On est rapidement passés de quatre à cinq mille festivalier·es par jour et il était difficile d’agrandir le site de Holsbeek. Puis pour être honnête, nous étions un peu lassés de l’endroit. On y a organisé le festival pendant cinq ans, mais pour booker de l’art, de l’architecture et de la musique, il faut constamment de l’inspiration et là, c’était mort. À la suite d’un petit détour, on s’est retrouvés à Vilvorde et on en est super contents. On est passés d’un château idyllique du 19e siècle à une zone industrielle abandonnée avec des tours de refroidissement. C’est un virage à 180 degrés et ça amène une inspiration complètement différente. C’était nécessaire.

« De nombreuses villes pensent principalement en termes de nuisances quand il s’agit de festivals, pas Vilvorde. »

Simon

Que signifie le Horst pour la ville de Vilvorde ?
Dans les années qui ont précédé, d’autres festivals ont eu lieu ici, mais ils ont disparu pour diverses raisons. Vilvorde est la ville de Flandre qui connaît la croissance la plus rapide et elle est située juste en dehors de Bruxelles. La ville elle-même s’est dit : « c’est quand même bizarre que nous n’ayons pas de festival ». De nombreuses villes pensent principalement en termes de nuisances, pas Vilvorde. Iels nous ont accueillis à bras ouverts. Avec le bourgmestre, les échevin·es et les services de secours, on bosse bien ensemble. Beaucoup de festivals rêveraient d’une collaboration pareille.

Qu’est-ce qui rend le Horst unique ?
Nombreux sont les festivals qui aiment à dire qu’ils voient l’art et la musique comme allant de pair, mais pour nous, l’art, l’architecture et la musique ont vraiment la même importance, et ça vaut également dans la répartition budgétaire. L’art défie la musique et vice versa. Pas mal de festivals mettent en place une scène standard et l’utilisent pendant cinq ans. Nous avons chaque année quatre scènes conçues de A à Z par un·e designer ou un·e architecte. Il y a plusieurs choses qui entrent en ligne de compte. Parce qu’une scène peut être esthétique, mais sera-t-elle aussi étanche ? Les haut- parleurs et les soundsystems sont-ils en bon état ? Et les lasers et les lights ? C’est très difficile de concilier toutes ces dynamiques et c’est là qu’on investit beaucoup de notre énergie. Vous ne verrez ça à aucun autre festival.

Comment sélectionnez-vous les artistes et designers avec lesquels vous travaillez ?
On est très proches dans l’équipe. Le curateur artistique, le curateur d’architecture et moi-même discutons quotidiennement. On s’envoie beaucoup de choses et ça crée une belle interaction. On établit une longue liste et on essaie d’y trouver un fil conducteur. Chacun aura bien sûr du crédit dans son propre domaine, mais on se confronte beaucoup les uns avec les autres pour créer une histoire forte et une dynamique triangulaire proportionnelle.

Quelle a été ta première expérience de festival ?
J’ai commencé comme bénévole à 16 ans au Pukkelpop, où j’ai appris les ficelles du métier. Par après j’ai étudié la gestion musicale à Hasselt et ensuite j’ai travaillé comme fournisseur pour des festivals. La première édition du Horst était drôle, car je me suis cassé le bras une semaine avant. Horst a toujours eu une organisation un peu DIY, donc même avec ce bras cassé, j’ai dû m’arranger pour traîner des pièces du podium et des clôtures !

Quel est ton meilleur souvenir de festival ?
Au cours de l’avant-dernière année sur le site d’Holsbeek, on n’était plus autorisés à utiliser le château et la cour à cause des risques d’affaissement. On a donc reconstruit le château avec des échafaudages un peu plus loin. Il y avait plusieurs étages, on avait même une tour et des créneaux. C’était une scénographie très mémorable. En termes de DJ, Motor City Drum Ensemble en closing pour l’édition 2018, c’était super intime. Il jouait au milieu du Lakeside Dancers Club, une très bonne scénographie. C’était le dernier act sur le site d’Holsbeek, du coup un sacré moment chair de poule pour nous en tant qu’organisateurs. L’année dernière à Vilvorde, on a aussi clôturé avec Motor City Drum Ensemble et ça a produit exactement le même effet. Gabber Eleganza, ça aussi c’est un très bon souvenir. Il est venu avec un vrai show de danse performé par six gabbers authentiques de Rotterdam, et c’était formidable de voir comment toutes les pièces du puzzle se sont emboîtées à la perfection entre musique et danse.

« Un bon line-up, c’est un équilibre, notamment entre hommes et femmes, personnes de couleur, sonorités du monde entier et musiques électroniques de niche. »

Simon

Qu’est-ce qui fait un bon line-up ?
C’est facile de faire un sold-out avec les gros noms habituels, mais ça veut dire que votre festival n’offre pas d’opportunités aux nouveaux talents. C’est tout aussi facile de ne booker que des DJ obscur·es pour s’attirer les éloges des fin·es connaisseur·ses, mais il faut également atteindre le seuil de rentabilité. Un bon line-up, c’est donc un équilibre entre tous ces éléments, mais aussi entre hommes et femmes, personnes de couleur, sonorités du monde entier et musiques électroniques de niche. Bien sûr on veut mettre en avant la techno et la house, mais on veut aussi faire de la place pour la drum'n'bass ou le reggaeton. Ça doit être qualitatif, nouveau et frais.

Comment choisissez-vous les personnes que vous programmez à Horst ?
En entrant chez les disquaires pour discuter des nouveautés dans un certain genre. Au sein de l’organisation, il y a pas mal de personnes qui travaillent dans la musique et on s’envoie des trucs. On a aussi de bonnes relations avec les agences internationales – à Berlin ou Londres. Et Internet, bien sûr. En gros, on déploie nos tentacules et on fait une sélection pointue et cohérente qui doit répondre à divers paramètres. Mais l’essence, ça reste évidemment la bonne musique.

Outre la programmation, qu’est-ce qui est essentiel pour un bon festival ?
Je suis très reconnaissant envers le public de Horst. Il n’a pas une « démographie particulière ». Nos festivalier·es sont âgé·es entre 17 à 45 ans environ et viennent ici avec une ouverture d’esprit hyper cool et l’envie de se laisser surprendre. Iels sont très enthousiastes, dévoué·es et aligné·es avec ce que nous faisons. En plus de la musique, de l’art et de l’architecture, on investit massivement dans le soundsystem et les lights. On collabore avec des artistes qui créent une certaine atmosphère, une certaine couleur ou un certain feeling. Par rapport aux autres festivals, on passe énormément de temps à réfléchir aux mouvements et aux positions, à la fumée, au contre-jour, etc.

Le festival a été reporté à 2021. Cet été, où peut-on vous retrouver ?
À la mi-juillet, on n’a pas pu installer notre expo d’art, car les artistes étranger·es ne pouvaient tout simplement pas venir jusqu’ici. À la place, on a ouvert un restaurant dans lequel on programme des DJs et des performances artistiques. Les gens réservent une place avec leur bulle sociale, profitent d’un bon repas ensemble et d’une chouette performance.

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