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Comment le festival intimiste Cactus permet à Bruges de rester jeune

« On a réussi à placer Bruges sur la carte, non seulement en tant que ville culturelle historique, mais également en tant que ville culturelle contemporaine. »

Le Cactus Festival de Bruges ne veut pas continuer à grandir. Il préfère se limiter à la capacité du Minnewater, le parc dans lequel il se déroule chaque été. Selon l’organisateur Patrick Keersebilck, ce cadre réduit est essentiel à l’ambiance intimiste de Cactus.

2022 sera une année spéciale pour le Cactus. C’est à ce moment-là que l’organisation brugeoise du festival et de concerts ouvrira sa propre salle. Ce tout nouveau centre musical est actuellement en construction juste à côté du parc où se déroule en été le Cactus Festival. Et ça leur ouvre bien sûr de nouvelles perspectives. VICE a plongé dans le passé de cette institution brugeoise et interrogé Patrick sur les futurs projets du Cactus.

VICE : Salut Patrick, peux-tu nous dire qui est venu au monde en premier ? Le festival ou l’association Cactus ?
Patrick : Il y a d’abord eu le Cactus Café dans le centre-ville de Bruges, mais il n’existe plus. L’association Cactus a été mise sur pied par les jeunes qui gravitaient autour de cet endroit. Au lendemain des années 1960, on s’est principalement penché·es sur des thèmes sociaux. On a par exemple mis au point une action en partenariat avec Greenpeace pour mettre fin au déversement de déchets nucléaires dans le golfe de Gascogne. Et le plan de circulation actuel de Bruges, celui dans lequel le cyclisme occupe une place prépondérante, est également passé entre les mains du Cactus.

« On a décidé de se consacrer entièrement à une seule discipline : la musique parce qu’il y avait trop peu de shows organisés à Bruges. »

Patrick

Comment êtes-vous passés d’une association socialement engagée à un festival de musique ?
Le premier Cactus Café était situé dans la Sint-Amandsstraat. Ensuite, on a organisé un festival sur la petite place, juste devant le café. C’était un truc à très petite échelle. Si la météo n’était pas de notre côté, on continuait à l’intérieur. Au début, on s’impliquait aussi dans le théâtre et les arts visuels, mais c’est devenu trop à gérer. On a donc décidé de se consacrer entièrement à une seule discipline : la musique. Pourquoi ? Parce qu’il y avait trop peu de shows organisés à Bruges, sans parler du fait que professionnellement parlant, il y avait clairement un truc à faire avec la pop et le rock. On a sauté sur l’occasion.

Et pourquoi le Cactus prend maintenant place au Minnewaterpark ?
L’intérêt pour le festival a progressivement augmenté, mais lorsque le festival est devenu plus important, on a reçu des plaintes du quartier et on a dû déménager. En raison de notre magnifique nouvel emplacement, dès le départ, on n’a pas vraiment eu l’ambition de grandir indéfiniment. La limite à la croissance du festival est imposée par les frontières physiques du Minnewaterpark. Le Cactus Festival se construit sur une programmation, mais également en regard d’un environnement.

Les premières années du festival, on a commencé par organiser des concerts. On a d’abord eu notre propre club dans une cave louée en face de notre café. Mais il a fallu déménager quand ils ont vendu. Pendant des années, on s’est débrouillé·es en trouvant des petits lieux dans le coin. Cette existence nomade était super agréable, mais d’un point de vue organisationnel, ça demandait énormément de boulot. Cet automne, on aura à nouveau notre propre lieu. Il y a un nouveau centre de musique qui est en train d’être bâti, juste à côté du Minnewaterpark, à 100 mètres de la gare. On y aura une salle principale avec une capacité de 700 personnes, mais aussi un café de 150 personnes où on pourra organiser des concerts plus petits. Et il y aura également des locaux de répétition à disposition.

Vous allez y programmer quel genre de concerts ?
On va principalement se concentrer sur des noms déjà établis et sur de nouveaux talents à venir, qu’iels soient belges ou internationaux. L’idée, c’est de programmer une grande variété de genres.

Quand considères-tu qu’un Cactus Festival est réussi ?
Mon Dieu, c’est tellement stressant, la mise en place d’un festival pareil ! Surtout en ce qui concerne la programmation. En été, la demande de groupes internationaux intéressants dépasse généralement l’offre. Il n’y a pas non plus de frais fixes pour les groupes. Habituellement, il faut faire une offre pour un artiste alors qu’on sait que d’autres festivals le font aussi, puis on doit attendre des mois pour avoir des nouvelles. Les réponses négatives sont assez dures à entendre, ça veut dire que les tournées sont déjà plus ou moins fixées. Donc moi, j’ai un vrai sentiment de satisfaction quand le public apprécie la programmation, et aussi quand le festival se déroule par beau temps. Parce que bien sûr toute l’expérience se passe en plein air.

Quel est ton premier souvenir de festival ?
Sans mentir, je pense que c’était déjà le Cactus Festival, sur cette petite place de la Sint-Amandsstraat. Mais je n’y bossais pas encore.

« Ce que je trouve formidable ici, c’est de voir que les stars et leur entourage se “décoincent” grâce à notre approche. »

Patrick

Qu’est-ce que tu apprécies pendant le festival ?
Avec les années, le circuit des festivals est devenu beaucoup plus impersonnel et professionnel. Ce que je trouve formidable ici, c’est de voir que les stars et leur entourage se « décoincent » grâce à notre approche, et ça peut mener à des contacts plus humains et personnels. Si ce sont des artistes dont j’aime beaucoup la musique, comme Bonnie Raitt, Lauren Hill, Jamie Lidell ou Massive Attack, alors ça devient carrément fantastique.

Comment vous choisissez les artistes que vous programmez ?
On part toujours d’un point de vue artistique, en accordant aussi beaucoup d’attention à l’actualité et en restant ouverts à de nouveaux genres. Et cette petite échelle, cette ambiance personnelle qui est essentielle, on y accorde également de l’importance pour nos concerts en club. Au centre de tout ça, il y a bien sûr le concert en lui-même, mais on fait aussi attention à l’expérience qui l’entoure. Avec le nouveau club, on va présenter les choses d’une manière différente. Il y aura de la place pour l’expérimentation.

En quoi le Cactus est-il différent des autres festivals ?
On a la réputation d’être une expérience festival à taille humaine. Pendant le Cactus, vous n’êtes pas obligé de donner rendez-vous à vos amis à l’avance, parce que vous allez d’office les retrouver spontanément. Contrairement à la tendance, on a délibérément choisi de n’occuper qu’une seule scène, afin que le public puisse vivre chaque concert au maximum, tandis que tous ses sens sont stimulés à côté de la scène. Je dirais qu’on se distingue donc par nos valeurs, mais aussi par le cadre de parc, attrayant et intime, par notre approche personnelle et bien sûr par notre programmation.

Est-ce que ce sont principalement des Brugeois·es qui viennent au Cactus ?
Au début, c’est sûr que le Cactus était clairement un festival brugeois. Mais désormais, la moitié de notre public vient de Flandre occidentale et l’autre moitié vient d’ailleurs.

Quel est l’impact du Cactus Festival et de vos concerts sur la ville de Bruges ?
On ose dire que le Cactus Muziekcentrum est aujourd’hui l’un des emblèmes de la ville. On a réussi à placer Bruges sur la carte, non seulement en tant que ville culturelle historique, mais également en tant que ville culturelle contemporaine. Littéralement mais aussi en termes de mentalité. Le conseil municipal est désormais conscient de l’importance du Cactus pour la ville. C’est le résultat d’années de travail. Lentement mais sûrement, on a fait irruption dans la ville avec de la musique.

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