App TV
Proximus Pickx Télécharger l'app GRATUITEMENT
Ouvrir

De gare routière à salle de concert : l'évolution du Reflektor à Liège

« Je connais ce lieu depuis longtemps parce que j’y ai moi-même pris le bus ! Des concerts mémorables, j’en ai beaucoup. » - Jean-Yves Reumont, programmateur et créateur du Reflektor.

Texte Romain Vennekens

À Liège, la salle de concert le Reflektor fait office d’exemple. Installée récemment dans une ancienne gare de bus désaffectée, elle a très vite réussi à s’imposer comme un passage incontournable en Wallonie pour les artistes et le public. Un lieu qualitatif, à la programmation variée, qui a permis d’étoffer un plus la vie culturelle et sociale d’une cité ardente déjà riche en initiatives. On a discuté avec Jean-Yves Reumont, programmateur et créateur du lieu, pour mieux comprendre comment le projet est né et l’impact positif du Reflektor sur la scène locale et la région.

VICE : Bonjour Jean-Yves. Le Reflektor est une salle assez récente dans le paysage wallon. C’est quoi l’histoire du lieu ?
Jean-Yves : C’est une ancienne piscine et une gare de bus qui ont été totalement rénovées. Il y a quelques années, la ville de Liège a passé un appel à projet et c’est nous qui l’avons remporté. On l’occupe depuis 2015. Il y avait un vrai besoin d’une salle toute équipée dédiée aux musiques actuelles à Liège, mais aussi plus largement en Wallonie où il y a finalement assez peu de salles de cette capacité puisqu’on peut accueillir 600 personnes. On avait toujours eu une vraie volonté de prolonger le travail qu’on faisait déjà sur les différents festivals en organisant une activité de concerts à l’année. Avant la création du Reflektor, on organisait déjà des concerts un peu partout dans la ville selon la disponibilité des espaces. Il n’y avait pas de salle permanente utilisable alors on était mobile. Aujourd’hui, avec le Reflektor, on organise un peu près 150 événements et on accueille un peu plus de 300 groupes et artistes par an.

“Le Reflektor est une ancienne piscine et une gare de bus qui ont été totalement rénovées."

Jean-Yves Reumont

Quand as-tu découvert le lieu pour la première fois ?
Je connais ce lieu depuis longtemps parce que j’y ai moi-même pris le bus !

Le Reflektor est ouvert depuis 2015, quel a été l’impact sur la ville de Liège ?
D’un simple point de vue pratique, c’est un changement énorme. Comme je te disais, on organisait des concerts à l’extérieur, c’est-à-dire qu’il fallait à chaque fois s’installer dans des salles qui n’étaient pas toujours équipées ou faites pour accueillir des concerts. Les caractéristiques techniques étaient moins bonnes, les conditions de productions étaient plus difficiles. Le Reflektor est donc un outil bienvenu pour tou·tes les organisateur·ices de concerts, mais aussi pour les artistes qui ont la possibilité de jouer dans une salle de qualité, avec un matériel de qualité et des conditions d’écoute optimale. La salle a une bonne réputation et on peut avoir des noms internationaux qui passent par chez nous. Cela permet de multiplier l’offre en musiques actuelles à Liège. Avant, les Liégeois·es devaient se déplacer à Bruxelles ou en Flandre pour voir certains groupes. Maintenant, iels ont 150 concerts par an à domicile. Pour le public liégeois, ça a vraiment été un changement de rythme. En haute saison, on a jusqu’à trois concerts par semaine. Je crois que c’était un peu le chaînon manquant au niveau des salles, il y en avait déjà des plus petites ou des plus grandes, mais entre les deux, il y avait un gap que le Reflektor a pu combler.

Est-ce qu’il y a une volonté de mettre la scène locale en avant ?
C’est vraiment quelque chose auquel on prête attention dans toutes nos programmations. Déjà, nous sommes une salle reconnue dans le réseau Club Palma de la Fédération Wallonie-Bruxelles. On a donc des missions de soutien par rapport aux jeunes groupes. On organise des résidences et on les propose en première partie. L’idée, c’est vraiment de les accompagner de leurs débuts jusqu’au moment où iels pourraient jouer en tête d’affiche des Ardentes. Je pense à Roméo Elvis qui est passé par ces étapes. Il y a quelques années, il a joué en première partie de DJ Krush - aussi absurde que ça puisse paraître aujourd’hui - puis en tête d’affiche du Reflektor et maintenant, il pourrait être une tête d’affiche des Ardentes. C’est vraiment tout un accompagnement qu’on a d’ailleurs toujours fait depuis nos débuts dans la programmation.

Sur ses cinq années d’existence, comment le Reflektor a évolué ?
On a eu la chance de ne pas démarrer de zéro, on avait déjà de l’expérience. Malgré tout, il a fallu le temps que le rythme de la salle se trouve, que les tournées s’installent et que les gens prennent le réflexe. Là, depuis deux, trois ans, on a atteint un rythme de croisière avec beaucoup d'événements complets. On remarque qu’il y a un engouement sur les achats de tickets et sur le suivi de notre agenda. En cinq ans, le Reflektor a réussi s’imposer comme un passage incontournable en Wallonie et une alternative, ou du moins une possibilité crédible, de doubler une date qui se passe à Bruxelles ou en Flandre.

Quels sont les ingrédients nécessaires pour être reconnu en tant que salle de qualité ?
On a été très attentif à l’accueil des artistes, à la qualité du son et enfin à la programmation qu’on veut exigeante, mais large. C’est un choix qu’on a fait par rapport à la salle qu’on a et une ville comme Liège. Si on veut avoir trois, quatre concerts par semaine, on ne peut pas programmer que du jazz ou que du rock indé ; on se doit d’être varié.

“Pour l’ouverture du Reflektor on a organisé un concert avec Amélie Lens et Charlotte de Witte - Renee et Raving George à l’époque. C’était la première fois qu’elles se sont rencontrées. "

Jean-Yves Reumont

Si tu devais me parler d’un concert iconique qui s’est passé au Reflektor, tu choisirais lequel ?
C’est difficile à dire, il y a eu tellement de bons concerts. La programmation du Reflektor se veut très éclectique, on va du métal au jazz en passant par le rock ou la techno. Ça va vraiment dans tous les sens. Des concerts mémorables, j’en ai beaucoup. Je pourrais te citer le showcase qu’on avait fait avec Major Lazer pour la sortie de leur dernier album. Diplo et tout le groupe faisait une tournée de trois salles en Belgique sur la même nuit et terminaient au Reflektor à quatre heures du matin. Les gens les attendaient depuis minuit alors quand ils sont arrivés, c’était chaud. Et puis ils jouaient chez nous alors que d’habitude, on les retrouve plus au Sportpaleis. Il y a aussi le concert qu’on a organisé pour l’ouverture du Reflektor avec Amélie Lens et Charlotte de Witte. À l’époque, elles s’appelaient encore par d’autres noms, c’était Renee et Raving George. On les suivait depuis longtemps, elles étaient au début de leur carrière. On voulait mettre en avant la scène techno et je crois que c’était la première fois qu’elles se sont rencontrées et l’un des rares fois où elles ont joué ensemble. C’est un très beau souvenir.

Et une anecdote en backstage ?
Les anecdotes les plus amusantes sont souvent celles qui résultent d’un petit accrochage ou d’un souci, mais on fait vraiment le maximum pour que tout se passe de manière professionnelle et fluide. À nouveau, c’est plutôt un souvenir qui me revient : à la fin du concert d’Anthrax, complètement blindé, au moins de juin, j’ai cru que le groupe allait mourir un sortie de scène, tellement il faisait chaud. Je me souviens être arrivé à la fin du concert et j’ai vraiment cru qu’il y en avait un ou deux qui n’allaient pas se relever.


VICE & Pickx - 1 Stage Festivals

Susobrino Live @ Cactus Muziekcentrum

Susobrino met le Cactus Muziekcentrum en trance

Regardez la VICE Interview de Flying Horseman

Flying Horseman parle des plus belles leçons que leurs parents leur ont apprises, et de ce qui les met en colère, comme l'injustice, ou simplement les membres du band

Regardez la VICE Interview de Eefje de Visser

Eefje de Visser nous parle des pouvoirs de YouTube et de ses soirées cocktails faits maison

Susobrino nous raconte ses festivals, pour le meilleur et pour le pire

« La pluie est soudainement tombée sur tous mes instruments et il a fallu tout remballer immédiatement. »

Comment le festival intimiste Cactus permet à Bruges de rester jeune

« On a réussi à placer Bruges sur la carte, non seulement en tant que ville culturelle historique, mais également en tant que ville culturelle contemporaine. »

Commander Spoon Live @ Kompass Klub

Commander Spoon fait danser un Kompass Klub vide à l’initiative du Gent Jazz.

EMY Live @ Kompass Klub

Le trio de jazz Emy Kaboré, Brian Bogaert et Sander Huys ont plongé le Kompass Klub dans une chaleur musicale enivrante pour 1 Stage for Gent Jazz.

Regardez la VICE Interview avec EMY

Le trio de jazz EMY nous parle de boule à Z, de théories autour de la mort de Kurt Cobain et d’une époque révolue où l’on pouvait être plus libres.

BeraadGeslagen Live @ Kompass Klub

Fulco Ottervanger et Lander Gyselinck de BeraadGeslagen nous en mettent plein les oreilles au Kompass Klub à Gand

Regardez la VICE Interview avec BeraadGeslagen

BeraadGeslagen parle de l'importance de pleurer, de ce qu'il y a de mieux sur Internet et de pourquoi Fulco devrait lancer une chaîne YouTube de yoga en backstage.

Qu’est-ce qui rend le Kompass Klub si magique ?

« Bien souvent, un club c’est seulement quatre murs ; et je voulais donner au public quelque chose de plus que ce sentiment de simple discothèque. »

Grosses vannes et zénitude : en backstage avec le groupe Commander Spoon

« C’était comme si Dour était à nous. On était blindé de Belges dans les loges et c’était hyper cool. Tu te disais que les choses étaient en train de changer. »

L’organisateur du Gent Jazz nous dit comment il trouve les talents de demain

« Notre programmation est constamment en mouvement. Bien sûr, on respecte un certain fil conducteur, l’âme de la musique ; mais on ose sortir de sentiers battus. »

Baloji Live @ AB

L’artiste belgo-congolais nous a clairement rappelé l'ambiance de Couleur Café

Miss Angel Live @ AB

L'artiste anversoise fout le feu à l'AB avec un show plein de bangers, de Money Making Mami à Female Legend.

Brihang Live @ AB

Tout droit venu de la Flandre-Orientale, Brihang prend le contrôle de l'AB avec ses chefs-d'œuvre poétiques pour 1 Stage for Couleur Café.

Regardez la VICE Interview avec Miss Angel

Notre Female Legend nationale nous parle de l'importance de la danse dans ses performances, ses influences musicales et ses funérailles

Regardez la VICE Interview avec Brihang

L'artiste flamand nous parle d’un poulet-crocodile, de sa fille et de comment il enregistre sa copine en scred

Voici comment la programmatrice de l'AB découvre des talents musicaux

« Zwangere Guy, c’était simplement le Gorik de la cuisine ! »

Adrénaline, dopamine et endorphine : faites place, Baloji arrive sur scène

« En cas de souci technique, il faut continuer, on n’a pas le choix, on est face à un public, c’est show must go on. »

Attention : regarder la télévision peut freiner le développement des enfants de moins de 3 ans, même lorsqu’il s’agit de programmes qui s’adressent spécifiquement à eux. Plusieurs troubles du développement ont été scientifiquement observés tels que passivité, retards de langage, agitation, troubles du sommeil, troubles de la concentration et dépendance aux écrans

Top

Contrôle parental actif

Veuillez introduire votre code PIN pour désactiver le contrôle parental pendant 10 minutes.

Code PIN oublié? Contactez le 0800 99 696

Aide?