Vainqueur ou tyran: qui était vraiment Michael Jordan?

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La série relatant la dernière saison de Michael Jordan chez les Chicago Bulls, « The Last Dance », a fait sensation sur Netflix. Mais les coéquipiers du joueur, qui a remporté 6 titres de NBA en 8 ans, ne sont pas forcément d’accord avec avec la façon dont Jordan est présenté dans le documentaire, ni sur sa version de l’histoire. Jordan était-il un leader inspirant pour ses coéquipiers ou bien un tyran dans le vestiaire?

De Pickx

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À ce jour, Michael Jordan est toujours considéré comme le meilleur joueur de basket de tous les temps. Dans les années 90, la star des Chicago Bulls était le maître incontesté de la NBA. Six titres de champion avec les Bulls et cinq trophées de MVP: difficile de faire mieux.

Dès lors, il n’est pas étonnant que les fans de sport du monde entier se soient délectés de la série mettant à l’honneur MJ et ses extraordinaires performances. Cependant, ses coéquipiers de l’époque n’ont pas forcément été aussi enchantés par le programme. Certains estiment que le documentaire glorifie un peu trop le culte de la personnalité de Jordan et dresse un portrait trop positif du joueur.

Mental de vainqueur ou brute épaisse? 

Dans la série, Michael Jordan explique sa philosophie de jeu: « Gagner a un prix. Tout comme le leadership. J'ai donc traîné les gens quand ils ne le voulaient pas. Je les ai poussés dans leurs retranchements quand ils voulaient se reposer sur leurs lauriers. J'ai revendiqué ce droit parce que mes coéquipiers n'ont jamais eu à endurer ce que j'ai dû endurer. Une fois que vous faisiez partie de l'équipe, vous deviez vous adapter au niveau auquel je jouais. Et si, pour cela, je devais leur botter le cul de temps en temps, alors je le faisais ».

Et cette vision, « Air Jordan » semble l’avoir appliqué souvent au pied de lettre, comme le montrent certains extraits. La recrue Scott Burrell, par exemple, s’est fait constamment malmener pendant tout un temps. Quant à Steve Kerr, il en est même venu aux mains avec Jordan. MJ lui-même explique dans « The Last Dance » qu’il harcelait Burrell car celui-ci était « trop doux ». L’intéressé indiquera plus tard que les provocations de Jordan étaient ce dont il avait besoin à ce moment-là. Cependant, d’autres coéquipiers trouvent, encore aujourd’hui, que Michael était trop dur avec le « rookie »

Horace Grant, notamment, qui a remporté trois titres aux côtés de MJ, est très critique envers le « soi-disant documentaire ». Une vieille querelle oppose les deux joueurs, en raison du célèbre livre « The Jordan Rules », qui étalait au grand jour des affaires qui n’auraient pas du quitter le vestiaire des Bulls. Selon Jordan, Horace Grant était l’informateur qui avait livré tous ses détails à l’auteur du livre, Sam Smith. Des allégations qu’a toujours rejetées l’accusé: « Des mensonges, des mensonges et encore des mensonges. Le vestiaire est sacré, jamais je ne laisserais fuiter quoi que ce soit vers le monde extérieur », a déclaré Grant à ESPN.

« 90 % des conneries »

Grant va même plus loin, affirmant que 90 % du documentaire est « merdique », parce que, selon lui, Jordan s'est heurté à une forte résistance lorsqu'il a dépassé les limites. Grant n’était pas d’accord avec la façon dont MJ traitait certains de ses coéquipiers. « Son comportement envers Will Perdue, Steve Kerr et la recrue Scott Burrell m'a vraiment brisé le coeur, à force de voir un leader se montrer aussi dur avec ces gars. Je comprend qu’on puisse parfois donner un coup de poing ou un coup de pied lors d’un entraînement, mais frapper ou casser quelqu’un pour tout et n’importe quoi, ca allait beaucoup trop loin ». 

Même Scottie Pippen, l'ancien bras droit de Jordan, n’a pas vraiment apprécié le documentaire. Selon des proches, il serait « plus que furieux » de la façon dont il est présenté dans « The Last Dance ». Son refus d’entrer sur le terrain dans les dernières secondes du match de barrage contre les New York Knicks en 1994 a été largement repris (et mal vu) dans la série, alors que MJ avait abandonné son équipe cette saison-là. En outre, Jordan s’interroge ouvertement sur les causes de la migraine de Pippen qui a entraîné la défaite des Bulls lors du septième match décisif contre les Detroit Pistons en 1990. Même Dennis Rodman, l’enfant terrible, est mécontent de la façon dont son ancien coéquipier est représenté.

Si « The Last Dance » montre un visage favorable de Michael Jordan, c’est sans doute car l’ancien joueur contrôlait quelque peu les tournages, puisqu’il devait donner son accord final pour la diffusion de la série. Dès lors, MJ était-il un véritable tyran qui dominait le vestiaire ou simplement un immense champion au mental de vainqueur qui, parfois, dépassait les bornes dans sa recherche de la gloire éternelle? Nous ne connaîtrons sans doute jamais la réponse. MJ, lui, semble avoir réfléchi à la question: « Si les gens me prennent pour un tyran après avoir vu la série, c'est leur problème. Vous ne pouvez pas comprendre si vous n'avez jamais rien gagné ».

Pour vous faire votre propre avis, les 10 épisodes de la série « The Last Dance » sont à voir sur Netflix !

 

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