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Les dinosaures sont bien vivants : voici les 10 groupes belges les plus anciens

Sur cette photo, on reconnaît les Rolling Stones. Ils ne sont pas belges, mais ils forment l’un des plus vieux groupes du monde. Chez nous aussi, les anciens groupes se portent bien. Ces seniors (quel vilain mot) qui ont débuté dans les années 80, et même avant, avec une énergie à toute épreuve continuent de se produire aujourd’hui. Nous en avons sélectionné 10.

Killer

Killer © Killer

Fondé en 1980 par Paul « Shorty » Van Camp, ce groupe symbolise la percée du heavy metal en Belgique. Killer continue de se produire en concert et il envoie toujours du lourd. En 2018, Paul Van Camp était l’une des têtes d’affiche du documentaire « Hooked in Belgian Metal ». Dans une interview accordée à Het Nieuwsblad, il disait à propos de Killer : « Nous sommes les premiers à avoir importé cette musique en Belgique en 1980. Tout comme The Kids a été pionnier pour le punk et De Kreuners pour le rock flamand. Au Royaume-Uni, une nouvelle génération était en train de voir le jour dans la catégorie New Wave Of British Heavy Metal. Songez notamment à Saxon et Iron Maiden. Nous, on était les représentants belges. Nous avons rapidement signé un très gros contrat. C’est ainsi que nous avons décollé ». Killer est connu des États-Unis au Japon, mais le groupe ne part jamais en tournée : c’est bien trop cher. Le 8e album du groupe, intitulé « Monsters of Rock », est sorti en 2016. Il est plus que jamais vivant ! 

Revenge 88

Revenge 88 © Revenge 88

Stagebeats, Revenge 88, Dubbe & The Beast et de nouveau Revenge 88. Frank Dubbe a pas mal bourlingué. Il a atteint la finale de l’HUMO’s Rock Rally à quatre reprises. Il n’a jamais gagné, mais la régularité vaut la peine d’être soulignée. Dans le monde de la musique, Frank Dubbe est un nom qui compte, au même titre que son ami hélas trop tôt disparu, Willy Willy. Sa particularité, c’est qu’il ne tient pas en place. Quand Revenge 88 a rangé les guitares, il a fondé Dubbe & The Beast. Mais Beast a poursuivi l’aventure seul et l’histoire a tourné court. Il est ensuite revenu à son premier amour et a redonné vie à Revenge 88. S’agit-il d’un retour définitif ? L’avenir le dira. 

Red Zebra

Red Zebra © Luminous Dash

On connaît toutes et tous le titre « I Can’t Live in a Living Room » qui a permis à Red Zebra de sortir du lot. Quarante ans de colère : voilà comment on pourrait résumer la carrière de Red Zebra. Ils avaient à peine des poils sur le menton quand ils ont sorti « I Can’t Live in a Living Room ». On vivait alors les débuts de la new wave. The Cure a ouvert la porte et de nombreux autres groupes se sont engouffrés dans la brèche. Red Zebra a même assuré leur première partie à Gand. Mais ce n’est qu’après le HUMO’s Rock Rally qu’ils ont attiré tous les regards. Finalistes, ils ont ensuite effectué la première partie de The Sound, The Undertones, Killing Joke, Simple Minds et Sisters of Mercy. Ils sont revenus aux affaires avec un nouveau batteur en 2017 après avoir fait une pause. 

Aroma di amore

Aroma di amore © Bessential.be

Le parfum de l’amour. Celui que l’on n’oublie jamais une fois qu’on l’a humé. Aroma di Amore non plus, on ne l’oublie pas. Elvis Peters, Fred Angst et Lo Meulen ont (comme beaucoup d’autres musiciens) effectué leurs débuts lors de l’HUMO Rock Rally. C’était en 1982. Ils avaient déjà tenté leur chance auparavant, sous l’égide du poète punk Didi de Paris. Leur deuxième passage fut le bon et ils ont séduit de nombreux fans qui leur sont fidèles depuis toutes ces années. Ils ont sorti quelques disques de grande qualité dans les années 80 et puis, ils ont tout arrêté. Elvis Peters s’est consacré à sa carrière d’auteur. Ensuite, ils s’y sont remis et leur dernier album intitulé « Zin » est sorti en 2016. On l’a dit, le parfum de l’amour est éternel. 

De Brassers

De Brassers © Creeping Mac Kroki

À la fin des années 70, The Clash, The Sound et Cabaret Voltaire sont à leur apogée. De Brassers est leur équivalent belge. S’agit-il de new wave ? Non. De post punk ? Non plus. Pour De Brassers, l’objectif était de traduire le mécontentement en musique. Le titre « En toen was er niets meer » est devenu culte et illustre bien le caractère sombre de ce groupe. Tout comme c’est le cas de Siglo XX, Struggler et Gruppenbild, originaires du Limbourg, véritable terreau musical s’il en est ! « La période entre la fin des années 70 et le début des années 80 était sombre : guerre froide, violences policières, complots d’extrême droite, taux de chômage élevé avec la fermeture des mines de charbon… Et cette noirceur se retrouvait dans les morceaux de De Brassers comme "En toen was er niets meer" et "Kontrole" », explique le guitariste Willy Dirckx sur darkentries.be. 

Front 242

Front 242 © Wikimedia

1988. Front 242 sort « Headhunter », sacré morceau s’il en est. Ce groupe inspirant a eu une grande influence sur de nombreux autres, même au niveau international. Il est l’un des fondateurs de l’Electronic Body Music (EBM). Sans Front 242, l’album « Zooropa » de U2 n’aurait sans doute jamais vu le jour. Bono & Cie l’ont beaucoup écouté avant d’entrer en studio. « On l’entend sur le disque », dit Richard 23 de Front 242. « Notre plus grand atout a été de créer un genre musical inconnu en Europe, même sur la scène underground. On a tout appris sur le tas : composition, production, réalisation de la pochette, distribution, mixage, etc. Nous n’avions même pas de manager ou de maison de disques. Cette mentalité Do It Yourself, sans concession commerciale, a fait notre force. » (Poppunt, 2008). Leur plus grand succès ? « Headhunter » avec un clip signé Anton Corbijn. Une chanson d’une grande puissance ! 

Bobby Setter Band

Bobby Setter Band © Bobby Setter

Le mouton noir de cette liste ? Pas vraiment, car le Bobby Setter Band existe depuis 1962 et il est l’un des orchestres les plus anciens de Belgique. Bobby Setter, de son véritable nom Bob Verhelst, sait ce qu’il veut. Et il l’a toujours su. Depuis les débuts de son groupe, il l’a conduit de succès en succès. Durant un quart de siècle, il a été résident de l’Eden à Blankenberge où il s’est produit avec Gaston Berghmans. Le Bobby Setter Band est surtout connu pour avoir effectué trois tournées européennes avec Fats Domino. Bob Verhelst a été le premier à se faire remarquer en 1955 en gagnant un radio-crochet à l’âge de 16 ans sur Radio Kortrijk devant un certain Arthur Blanckaert, mieux connu en Flandre sous le nom de Will Tura.

Ostrogoth

Ostrogoth © Wikimedia

Ostrogoth est l’un des premiers groupes de metal belges à avoir percé à l’étranger. Mais en 2015, leur guitariste a malheureusement été emporté par un cancer. C’est aussi le tout premier groupe qui s’est produit à Pukkelpop. C’était en 1985 et le festival se déroulait encore à Heppen. James Hetfiel est un fan de la première heure. Un jour, alors qu’il jouait au Heavy Sound Festival de Poperinge, il fut impressionné par ce groupe. Et ce moment l’a, semble-t-il, marqué car des années plus tard, à Werchter Boutique, il portait un t-shirt à l’effigie d’Ostrogoth. Aujourd’hui encore, le groupe n’est pas avare en beats, lignes de basse très groovy, ni en mélodies fines assaisonnées à la sauce metal. 

Belgian Asociality

Belgian Asociality © Belga

« Tu peux faire ça demain ». C’est en substance le message de « Morregen ». Du punk pur. « Morregen, dakket morgen zal doen » reste une chanson culte, une chanson qui attire les jeunes vers le punk et leur donne envie de tester le crowd surfing. Belgian Asociality a été fondé en 1988 à Keerbergen (près de Malines). Il a sorti une première démo qu’il a simplement appelée « Demo ». Depuis 30 ans, ce groupe propose un punk riche et un peu déjanté en néerlandais. On leur doit quelques grands classiques comme « Morregen », « Bompa Punk » et « Vollek Aan Den Tong ».  

The Wallace Collection

The Wallace Collection © Wallace Collection

Daydream évidemment ! « Laughing Cavalier » fut leur premier succès en 1969, mais le titre « Daydream » est leur véritable hit. Même Claude François l’a repris ! Mais The Wallace Collection, c’est bien plus que ce titre emblématique. Sylvain Vanholme, l’un des membres fondateurs, explique : « Cette chanson, on l’avait écrite plus tôt, du temps de Sylvester’s Team. Pour le refrain, on s’était inspirés d’un fragment du ballet "Le Lac des Cygnes" de Tchaïkovski. L’accompagnement de la fin est, lui, inspiré par "Hey Jude" des Beatles ». (Source VRT). « Cela ne parle de rien, des rêves éveillés. C’était la grande période hippie : le flower power, les fleurs dans les champs et les papillons dans le ventre », poursuit Sylvain Vanholme. Il confesse aussi en avoir assez d’entendre ce morceau. « Dès que je l’entends à la radio, je zappe ». Eh bien, nous, pas ! 

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