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Laurent Garnier: le pape de la techno française en visite à Dour

David Guetta, Daft Punk, Bob Sinclar, Saint Germain, Mr Oizo, Cassius... Voici quelques-uns des noms qui ont fait exploser la scène électronique française. Laurent Garnier y fait figure de vétéran, de précurseur et surtout de grand défenseur de ce style musical.
Laurent Garnier: le pape de la techno française en visite à Dour © Isopix

Malgré le rang important qu’il occupe, il a toujours conservé son intégrité et n’a jamais cherché à faire des titres uniquement ‘pour que ça marche’. Le nom de Laurent Garnier est respecté dans le monde entier. 

Pour les heureux festivaliers, le dj, producteur et musicien légendaire s’apprête à mettre le feu à Dour une bonne partie de la nuit de jeudi à vendredi! Son dernier album sorti en 2015 se nomme Home Box regroupant 4 vinyles, 1 CD et un poster numéroté! Voici l'excellent Revenge of the LOL cat (Original Mix) dont il est extrait.

De l'Hacienda au mess des officiers

De l'Hacienda au mess des officiers © Isopix

En 1987, alors âgé de 21 ans. La chance lui sourit. Il commence à jouer à l’Hacienda, une boite de nuit réputée de Manchester. Ses premiers mix sont laborieux mais il tient le coup. Le DJ se fait rapidement un peu d'argent qu'il réinvestit directement dans de bonnes platines en vue de perfectionner sa technique. Exit les James Brown, les sons discos, le hip-hop qu’il jouait au début. L’Angleterre est envahie par la house et la techno venue de Detroit, les jeunes ne veulent entendre que ça. Cette vague techno s’est, elle-même, nourrie de groupes comme Kraftwerk ou Neu!. Laurent, qui mixait là-bas en tant que DJ  Pedro, est coupé sec dans son élan et doit revenir en France pour effectuer son service militaire. Sa passion est plus forte que tout. Assigné au mess des officiers, il continue de se rendre en discothèque pour mixer cinq soirs par semaine après son service.


Avec ce nouveau son comme fer de lance, il s’érige en tant qu’ambassadeur de la techno en France. Du Palace au Rex, en passant par les musiques pour les défilés de Kenzo ou encore le cinéma, rien ne lui résiste.

Crispy Bacon

Crispy Bacon © Isopix

1997, Laurent Garnier sort Crispy Bacon, un titre qu’il a enregistré un soir alors qu’il apprenait à utiliser des machines à effets. Cinq heures de travail ont suffi pour accoucher de cette pépite de la techno. Le dj n’est pas un amoureux des modes d’emploi et encore moins des machines compliquées. Plusieurs de ses titres sont nés de tests et d’erreurs. Crispy Bacon apparait sur son deuxième album 30 qui a succédé à Shot In The Dark sorti en 1994.

Il évoque le processus de création de son titre phare: "J'avais un son de danse minimaliste qui trottait dans ma tête depuis un moment. J'ai joué la ligne de basse, je l'ai bouclée, j'ai ajouté une grosse caisse, un charleston, j'ai compressé le tout. Ensuite, pour me reposer les oreilles, je suis allée faire un tour. Quand je suis revenu, j'ai réécouté le morceau et j'ai su qu'il manquait quelque chose. Puis je l'ai réenregistré sur un DAT, j'ai allumé le MS20 et, en appuyant sur l'une des touches du clavier, j'ai commencé à faire bouger les boutons du modulateur. Cette fois, le résultat était entièrement satisfaisant - c'était un titre super-lifting, un de ceux que les DJs jouent quand ils veulent faire exploser le dancefloor. J'ai pris une boîte de cassette et j'ai écrit deux mots : Crispy Bacon."

1998

1998 © Isopix

Suite logique du succès de 30 et surtout de Crispy Bacon, le DJ et musicien français est récompensé par une Victoire de la musique dans la catégorie album dance de l’année. Il espère que cette récompense démocratisera une techno malade des clichés qu’on lui associe comme la drogue ou le fait que pour certains, ce ne soit pas réellement de la musique. Le public des Victoires aura droit à une version raccourcie d’Acid Eiffel un morceau de Choice (Laurent Garnier, Shazz et Ludovic Navarre) sorti sur l’EP Paris en 1993. Cette piste qui s’impose comme le pont d’introduction de l’acid-house et la techno en France, s’étend sur 13 minutes et 34 secondes, un véritable voyage dans l’histoire de la musique électronique.



Toujours en 1998, Laurent doit jouer au festival Jazz de Montreux mais selon lui, le public des rave party n’est pas encore prêt pour un show techno dans une salle de concert, il a besoin d’un liant. Et pourquoi ne pas y mêler le jazz comme l’a fait son ami Ludovic Navarre quelques années plus tôt? Au-delà du rythme particulier, c’est le saxophone que Laurent choisit pour apporter cette touche jazzy propice à l’improvisation. Le titre The Man With A Red Face y sera joué pour la première fois et sera enregistré deux ans plus tard pour apparaitre sur le troisième album du DJ, Unreasonable Behaviour. Pourquoi la red face? Soufflez dans un ballon comme dans un saxophone et vous aurez vite compris. The Man With A Red Face a été joué en 2006 devant le public survolté de Rock Werchter qui le rend bien à Laurent Garnier et Philippe Nadaud (saxophone).

F Communications

F Communications © Isopix

En 1994, Laurent monte avec son ami Eric Morand le label F Communications sur lequel sera publié en 1995, "Boulevard", le premier opus de St Germain alias Ludovic Navarre. Un savant mélange de jazz et d’électro. St Germain signera sur Blue Note pour son deuxième opus "Tourist" élu album de l’année en 2001 par la presse anglaise.


F Communications avait également signé Quentin Dupieux aka Mr Oizo. 'Kirk' est le premier titre de Mr Oizo produit par le label. En 1999, il explose les compteurs internationaux avec son tube Flat Beat.



Le label s'éteindra en 2008 ce qui n'a pas empêché le DJ de continuer ses collaborations. Il a notamment composé la musique du ballet "Suivront Mille ans de Calme" de Angelin Peljocaj et a produit le cinquième album d'Abd Al Malik "Scarifications". Depuis, il travaille sur un documentaire retraçant son parcours.

Laurent Garnier salle Pleyel, ce souvenir impérissable

Laurent Garnier salle Pleyel, ce souvenir impérissable © Isopix

L'émotion s'est emparée de Laurent Garnier ce soir de 2010, à tel point qu'il a du se cacher derrière les platines pour pleurer. Inimaginable ou presque, un concert de musique électronique dans la salle Pleyel, cette salle mythique dédiée habituellement à la musique classique, voilà l'exploit que Laurent Garnier, accompagné de tous ses musiciens, a accompli. Il explique dans une interview à Konbini, avoir déjeuné, diné, soupé, dormi salle Pleyel durant sept mois pour préparer cette soirée unique. Le DVD, It's Just Musik-Live à Pleyel, de ce concert inoubliable est dispo dans le shop de l'artiste.


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