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Même s’ils n’ont sorti qu’un album, ces artistes ont marqué la musique

Certains groupes ne sortent qu’un seul tube et construisent leur carrière autour de ce succès. D’autres sortent un album fantastique avant de s’éclipser. Comment expliquer que l’on ne fasse qu’un seul album alors qu’il cartonne ? En général, ce n’est pas une libre décision des groupes. C’est plutôt le destin qui s’en mêle. Certains ont laissé leur inspiration se diluer dans la drogue et d’autres l'avaient tout simplement épuisée après un seul disque. Mais les 10 albums que nous vous présentons sont de véritables perles, fussent-elles uniques dans la carrière de leurs auteurs.

Derek & The Dominos – Layla and other assorted love songs

Derek & The Dominos – Layla and other assorted love songs © Wikimedia

« Layla » est probablement la chanson la plus connue d’Eric Clapton et elle date du temps de son groupe Derek & The Dominos. Le groupe n’a sorti qu’un seul album intitulé « Layla and other assorted love songs », mais les chansons qui y figurent sont considérées comme les meilleures d’Eric Clapton. Le titre « Layla » lui a même permis d’entrer dans la légende du rock. Derek & The Dominos est entré en studio pour enregistrer un second album, mais il n’a jamais vu le jour : le guitariste Duane Allman meurt dans un accident de la route et l’ambiance devient ensuite très tendue entre Eric Clapton et le batteur Jim Gordon.   

Sex Pistols – Never mind the bollocks

Sex Pistols – Never mind the bollocks

Un disque seulement ? Vraiment ? À la fin des années 70, les Sex Pistols étaient tellement omniprésents que l’on a du mal à croire qu’ils n’ont sorti qu’un seul album. Vous pensiez peut-être (et d’autres comme vous) qu’ils en avaient sorti une dizaine au moins. Eh bien non, « Never mind the bollocks » est leur unique opus. À la sortie de cet album, les Sex Pistols sont déjà le groupe le plus aimé/haï du Royaume-Uni. Ils marquent en effet une sorte de révolution (« God Saves the Queen » est le deuxième single extrait de l’album) et les charts officiels refusent de nommer le groupe. Sex ? Impossible. Deux mois après la sortie du disque, Johnny Rotten quitte le groupe. Sur scène s’il vous plaît. 

The Germs - GI

The Germs - GI

Pat Smear a joué avec The Germs et en fut même l’un des fondateurs. Il a ensuite collaboré avec Nirvana et est aujourd’hui membre des Foo Fighters. Un vétéran donc, qui n’a sorti qu’un seul disque avec The Germs. Deux en fait, mais The Germs n’en a sorti qu’un après le décès de Darby Crash, « GI » en octobre 1979 et produit par Joan Jett avant qu’elle ne rejoigne The Runaways. The Germs a encore sorti un album plus tard : il s’agissait de la bande originale du film « La Chasse » avec Al Pacino. Le suicide de son leader Darby Crash en 1980 met fin à l’histoire du groupe.

The La's - The La's

The La's - The La's © The La's

Avec « There She Goes », The La’s nous a offert une pépite de la pop anglaise, une chanson désignée comme l’une des 50 plus cool par le magazine NME. Elle est extraite de l’album « The La’s » qui a connu pas mal de difficultés pour voir le jour. Lee Mavers commence à écrire les chansons en 1986, mais le disque ne sort qu’en 1990. Entre-temps, de nombreux producteurs ont été impliqués dans le projet et 12 sessions d’enregistrement ont été nécessaires pour le finaliser. Les coûts de production ont explosé. Pourquoi l’accouchement a-t-il été si difficile ? Lee Mavers estimait que les enregistrements ne correspondaient pas à ce qu’il avait en tête. Et quand l’album voit finalement le jour, le groupe se délite. Ils ont par la suite enregistré une autre version du disque avec Mike Hedges : « The La’s : Deluxe Edition ». 

Temple of the dog - Temple of the dog

Temple of the dog - Temple of the dog © PBS

Cornell et Vedder sont les deux voix que l’on entend sur l’album éponyme du groupe « Temple of the Dog ». Ce dernier s’est formé pour rendre hommage à Andrew Wood, le chanteur de Mother Love Bone. Nous sommes à Seattle, le berceau du grunge, et avec le succès viennent les excès. Soundgarden, Pearl Jam, Mudhoney, Alice in Chains, Nirvana… tous ces groupes apparaissent à peu près au même moment. Andrew Wood, qui est ami avec tout ce beau monde, vient de sortir un très bon album avec Mother Love Bone, mais il est arrêté en plein vol : il succombe à une overdose d’héroïne. Vedder, Cornell (ancien colocataire de Wood), Matt Cameron, Mike McCready et une poignée d’autres musiciens créent Temple of the Dog, sortent un album et écrivent ainsi un chapitre supplémentaire de l’histoire féconde du grunge. Alice in Chains lui rendra également hommage dans l’album « Dirt » avec la chanson « Would ». 

Jeff Buckley – Grace

Jeff Buckley – Grace © Ebet Roberts

Le Mississippi nous l’a enlevé. Jeff Buckley avait pourtant tellement à nous donner. La vie peut être si injuste. Jeff Buckley est un artiste qui avait tout pour lui : le charisme, le talent, la beauté et par-dessus tout, une superbe voix. Il met tout d’abord le nez à la fenêtre avec « Live at Sin-é », un EP précurseur de l’album « Grace », l’un des disques de l’année 94, si ce n’est de la décennie. Du siècle même ! Jeff Buckley met beaucoup de lui dans ce disque. Son âme romantique transparaît dans ses chansons : il livre l’une des plus belles versions de « Hallelujah » et navigue entre poésie pop et hard rock avec de superbes arrangements. « Grace » est un véritable bijou, ni plus, ni moins. 

Mad Season - Above

Mad Season - Above

Alice in Chains : un groupe génial. Mad Season : un super groupe né de la rencontre entre Mike McCready (Pearl Jam) et John Baker Saunders (The Walkabouts) dans un centre de désintox. Dès les premiers mots échangés, le courant passe. À sa sortie de l’hôpital, McCready appelle Barrett Martin de Screaming Trees et ils montent un groupe. Ils accueillent aussi Layne Staley, mais pas uniquement pour sa voix. McCready pense que pour sortir de sa dépendance, il doit s’entourer de gens qui sont également passés par là. Le groupe, qui s’appelle tout d’abord Gacy Bunch, entre en studio et sort le disque « Above » sous le nom de Mad Season. L'album contient tout ce qui compose le rock de cette époque : du blues (« Artificiel Red ») à la ballade (« Love Gone Day », « Wake Up ») en passant par le hard rock (« November Hotel »). Mais il demeurera le seul et unique de Mad Season. John Baker Saunders meurt d’une overdose en 1999 alors que le groupe planchait laborieusement sur un deuxième album. 

Buena Vista Social Club - Buena Vista Social Club

Buena Vista Social Club - Buena Vista Social Club © EPA

Hommage à Ry Cooder. Il est invité à La Havane pour enregistrer un disque avec deux musiciens maliens et un groupe cubain. Mais à cause d’un problème de visa, les Maliens ne viennent pas. Ry Cooder et le producteur de musique du monde Nick Gold décident d’enregistrer quelques chansons avec un groupe de musiciens locaux. En plus de ceux qui étaient prévus pour jouer avec les Maliens (Orlando Lopèz, Eliades Ochoa, Juan Marcos de Gonzaléz), ils invitent Manuel Licia, Rubén Gonzaléz et Compay Segundo, qui avaient déjà plus de 80 ans à l’époque. En 6 jours, l’album est dans la boîte : 14 chansons, principalement des standards et des chansons traditionnelles. Mais c’est un coup dans le mille car « Buena Vista Social Club » figure à la 260e place du classement des plus grands albums de tous les temps publié par le magazine Rolling Stones. 

Lauryn Hill – The Miseducation of Lauryn Hill

Lauryn Hill – The Miseducation of Lauryn Hill © EPA

Que pouvait bien faire Lauryn Hill après le succès des Fugees ? Se reposer sur ses lauriers et profiter tranquillement de la vie ? Elle aurait pu, mais elle a choisi une autre option. Elle se marie avec Rohan Marley (le fils de qui vous savez) et met un enfant au monde. Et ce petit être humain représente une grande source d’inspiration pour elle. Elle entre en studio et fait ses débuts en solo entre 1997 et 1998. Son disque est un mélange de hip-hop, de RnB, de soul, de reggae et grimpe assez vite dans les classements. Avec 500 000 exemplaires vendus durant la première semaine, on peut même dire qu’elle fait sauter la banque. Cet album est porté aux nues par les critiques, car il témoigne de ce que c’est qu’être une femme de cet âge à cette époque. Cinq Grammy Awards couronnent le succès de « The Miseducation of Lauryn Hill » qui est l’un des disques majeurs de la décennie 90. 

New Radicals - Maybe You've Been Brainwashed Too

New Radicals - Maybe You've Been Brainwashed Too © Mick Hutson

Un tube magique ou un album magique ? Avec New Radicals, ce n’est pas très clair. Le groupe mené par Gregg Alexander est connu dans le monde entier pour la chanson « You Get What You Give » tirée de l’album « Maybe You’ve Been Brainwashed Too ». Le style musical des New Radicals est souvent comparé à celui de Billy Corgan, de Chumbawamba et des Rolling Stones. Au moment de la sortie de ce disque, Gregg Alexander a déjà sorti deux albums (deux échecs). Avec celui-ci, il brise la malédiction et connaît un succès planétaire, se hissant même au sommet des charts au Canada et en Nouvelle-Zélande. Un an après, le groupe n’existe plus. L’aventure des New Radicals s’achève en 1999. 

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