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Ces albums fêtent leur 50ème anniversaire cette année !

Ces albums fêtent leur 50ème anniversaire cette année !

Où étiez-vous en 1968 ? Peut-être pas encore né(e) ou haut comme trois pommes ? Ou alors à fond dans les révolutions musicales et sociétales ? Ces disques fêtent leur 50ème anniversaire. Champagne !

White Light/White Heat – The Velvet Underground

White Light/White Heat – The Velvet Underground

© Wikimedia

Reed, Cale, Tucker, Morrison. Après le flop du premier disque de Velvet Underground (la pochette à la banane, objet très recherché aujourd’hui), le groupe et son manager de l’époque Andy Warhol (icône du pop art) se sont séparés. Est-il responsable de l’échec de leurs premiers pas ou la raison se trouve-t-elle plutôt dans les textes tellement explicites que les radios n’ont pas voulu s’y intéresser ? Quoi qu’il en soit, la chanteuse Nico a, elle aussi, été remerciée et c’est alors qu’est sorti cet album enregistré en studio en deux jours à peine, dans lequel Velvet Underground recherchait encore plus l’expérimentation. Reed a écrit un mélange de chansons avant-gardistes sur les orgies et les drogues et a abordé sa musique comme si c’était de l’art, ce qui a fait de « White Light/White Heat » sa pièce maîtresse. Après les enregistrements de cet album, John Cale a, lui aussi, été mis à la porte.

Steppenwolf

Steppenwolf

© EPA

Steppenwolf. On voit parfois des hommes âgés entonner « Born to be wild ! » quand ils se retrouvent sur la piste de danse de l’une ou l’autre fête de mariage. C’était l’un des morceaux du premier album de Steppenwolf, intitulé « Steppenwolf ». À l’époque, le soleil brillait déjà à Los Angeles, y compris en janvier 1968 quand le groupe s’est lancé. Incontestablement très impressionnant puisqu’aujourd’hui encore ce grand classique résonne quotidiennement dans les haut-parleurs du monde entier. Il a également fait partie de la bande-son du film mythique « Easy Rider ». Ce disque compte un autre grand classique des Steppenwolf, « The Pusher » (lui aussi repris dans « Easy Rider »), une version sombre de « Hootchie Cootchie Man », et le brillant « Sookie, Sookie ». Born to stay, donc, même au bout de 50 ans.




Pink Floyd - A Saucerful of Secrets

Pink Floyd - A Saucerful of Secrets

© EPA

Ce n’est pas avec « The Piper at the Gates of Dawn », son premier disque, que Pink Floyd a fait son beurre. Ça a d’ailleurs aussi été le dernier disque de l’auteur et chanteur Syd Barrett. Pourquoi ? Son comportement était tel qu’il était impossible de continuer avec lui : longs regards intenses dans le vide, vie chaotique, passion pour le LSD. Les membres du groupe considéraient que Barrett était schizophrène. Syd parti (ou obligé de partir), tout a changé et pour les fans purs et durs de Pink Floyd, le groupe n’a finalement fait qu’un seul bon disque. Quoi qu’il en soit, Pink Floyd a trouvé un remplaçant de qualité en la personne de David Gilmour et « A Saucerful of Secret » a marqué les vrais débuts du groupe. C’est aussi le seul disque auquel participent les cinq membres du groupe de l’époque (« Set the Controls for the Heart of the Sun ») et sur lequel il n’y a qu’une seule chanson de Barrett : « Jugband Blues ». Un nouveau départ.



The Doors - Waiting for the sun

The Doors - Waiting for the sun

© WIKIMEDIA

Si Jim Morrison vivait encore, il pourrait trinquer cette année au 50ème anniversaire de « Waiting for the Sun ». C’est évidemment impossible : Morrison a rejoint le « club des 27 », mais il nous a laissé une œuvre extraordinaire. Le premier disque des Doors (« The Doors ») a fait l’effet d’une bombe. Le suivant (« Strange Days ») aussi. Puis est arrivé ce « difficile » troisième disque (c’est du moins ce que l’on en dit) et de nombreux fans ont tremblé parce qu’ils craignaient que le groupe n’ait plus évolué depuis ses débuts en 1967. Or rien n’était moins vrai car les Doors ont laissé une totale liberté à Morrison (textuellement) qui nous a offert la plus poétique de ses œuvres. Cinquante ans plus tard, les jeunes amoureux continuent de chanter « Hello, I Love You » sur la mélodie de la chanson éponyme. « Waiting for the Sun » restera toujours un délicieux moment d’été dans nos têtes.




The Rolling Stones - Beggars Banquet

The Rolling Stones - Beggars Banquet

© EPA

1968. Les Beatles sortent leur « White Album ». Les Stones qui ne veulent pas être en reste sortent « Beggars Banquet », leur septième album studio. Le dernier avec le membre fondateur Brian Jones qui sera exclu du groupe en 1969 et retrouvé mort quelques semaines plus tard dans sa piscine à la suite de ce que le médecin qualifiera de « death by misadventure ». Pendant les enregistrements, Jones était totalement ingérable : trop de drogues, trop peu de présence en studio, il n’avait plus rien à voir avec l’homme qu’il avait été. Bill Wyman se souvient surtout de Jones comme du meneur du groupe : « Il choisissait les membres, écrivait les chansons, nous trouvait des concerts, a choisi le nom du groupe ; il était hyperintelligent et bourré de talent, but he blew it all away.» « Beggars Banquet » a été le premier album pour lequel Jagger/Richards ont pris l’initiative et a été l’album de la résurrection, après la déception du précédent, « Their Majestic Satanies Request ». Et le titre « Sympathy for the Devil » a eu un succès phénoménal.




Cheap Thrills - Big Brother & The Holding Company

Cheap Thrills - Big Brother & The Holding Company

© Wikimedia

Avec des illustrations de Robert Crumb sur la pochette, le groupe n’a pas pu s’empêcher de dire que ça faisait trop propre. C’était la deuxième idée de pochette puisque les membres du groupe voulaient au départ une photo d’eux-mêmes, nus dans un lit. Columbia Records a refusé. Waouh ! « Cheap Thrills » is all about, eh... thrills. Live. Leur dernier album avec la chanteuse Janis Joplin, mais quel album ! Pratiquement leur meilleure œuvre : « Piece of my Heart », « Summertime » et « Ball and Chain », et surtout « I Need a Man to Love », une chanson écrite par Janis Joplin (avec le guitariste Sam Andrews). Un excellent groupe jusqu’à ce que Janis Joplin décide de se lancer dans une carrière solo. Et malgré ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas un album live. Les cris et les applaudissements du public ont été rajoutés pendant l’enregistrement pour donner l’impression du live.

Jimi Hendrix - Electric Ladyland

Jimi Hendrix - Electric Ladyland

© EPA

Encore un membre de la « famille des 27 ». Et comme pour les autres, trois fois hélas car cela aurait été vraiment cool de voir Hendrix évoluer. 1968, belle année musicale, celle de la parution de « Electric Ladyland », le troisième et dernier album studio d'Hendrix. Une vraie « sortie par la grande porte » quand on écoute les chansons qui sont dessus. Une reprise de « All Along the Watchtower », « Crosstown Traffic » et « Voodoo Chile » de Bob Dylan. Les chansons sont le résultat d’un long travail car Hendrix était perfectionniste et a mené la vie dure à ceux qui ont collaboré au disque. Il a enregistré une bonne cinquantaine (!!!) de versions de « Gypsy Eyes » avec le batteur Mitch Mitchell. Et ce n’est pas tout car Hendrix invitait des amis en permanence au point que la control room ressemblait parfois à un club. Mais le résultat en vaut la chandelle : c’est le seul disque qu'Hendrix ait produit lui-même et c’est de loin le meilleur de la Jimi Hendrix Experience.



Johnny Cash - At Folsom Prison

Johnny Cash - At Folsom Prison

© EPA

De la country ! Oui, mais avec une solide dose de rock'n'roll. Avec cet album, Johnny Cash nous a donné l’un des grands disques de 1968. Un album live enregistré dans une prison après qu’il ait vu le film « Inside the Walls of Folsom Prison » pendant son service militaire. Pour beaucoup, c’est le meilleur album country de tous les temps et il mérite la place de numéro un dans les charts américains. Cash sortait de plusieurs années de vaches maigres et « At Folsom Prison » l’a magnifiquement remis sur les rails. C’était son 27ème disque, plein de gospel et d’humour noir, plein de chansons sur la drogue, la prison et les balades meurtrières, le tout avec une touche de rockabilly. Avec le superbe « Jackson » sur lequel sa femme June Carter est brillante. La chanson a eu un immense succès auprès de détenus qui ont écrit à Cash pour lui demander de venir jouer dans leur prison. Il a donné son premier concert dans la San Quentin State Prison (1958).



The Beatles - The White Album

The Beatles - The White Album

Le neuvième album d’un groupe qui avait atteint sa vitesse de croisière. Les Beatles sont vus comme des seasoned artists, le monde est depuis quelque temps déjà à leurs pieds et la British Invasion fait désormais partie du passé. Le « White Album » (il s’intitulait en réalité « The Beatles », mais comme la pochette était blanche, tout le monde parlait du « White Album » ou « White Double »), marquait le début d’un nouvel épisode. Entrée en scène de Yoko Ono, le grand amour de John Lennon. Elle est arrivée dans le studio en flânant. Le producteur George Martin faisait une pause et McCartney, Lennon, Starr et Harrison étaient alors occupés à d’autres projets que les Beatles. Et ce fut tout à l’avantage de ce double album qui est un véritable chef-d’œuvre. « Back in the USSR » commence par un bruit de réacteurs d’avion. Une sacrée ouverture ! Le groupe avait découvert l’Inde et la méditation transcendantale, des influences que l’on retrouve sur le disque. Ils ont écrit 30 chansons mais n’en ont joué que 16 tous ensemble. Le résultat : un magnifique ensemble de chansons qui vont  de « Wild Honey Pie » de McCartney à « While My Guitar Gently Weeps » de George Harrison. Une chanson pour chacun d’entre nous, même les enfants…

Otis Redding - The Dock of a Bay

Otis Redding - The Dock of a Bay

© Wikimedia

Fantastique album posthume. Le septième album studio d’Otis Redding et malheureusement son dernier puisqu’il est mort dans un accident d’avion avant sa sortie. L’album contient surtout des faces B qui remontent à 1965 mais aussi « Sittin’ On The Dock of a Bay », l’une des plus célèbres chansons de Redding. Redding l’a enregistrée deux fois, et la dernière fois avant ce jour fatal. Il a co-écrit la chanson avec Steve Cropper, producteur de Stax et membre de Booker T & The MG’s. Cropper se souvient encore de la façon dont la chanson a été créée : « Otis avait cent idées par jour. Pour cette chanson, il s’est inspiré d’un séjour qu’il a fait sur un boathouse au cours duquel il voyait tous les jours des bateaux rentrer au port. Mais la petite phrase "I watch the ships come in and watch them roll away again" était tout ce qu’il avait. C’est moi qui ai écrit le reste des paroles. Et si vous écoutez bien les chansons que j’ai écrites avec Otis, vous saurez très vite auxquelles j’ai collaboré: les chansons qui parlent d’Otis lui-même car il refusait d’écrire sur lui. Ça, c’était mon boulot ». Ha ha ! Rolling Stone Magazine considère ce disque comme l’un des plus importants de tous les temps.



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