Ozzy Osbourne: l'inventeur du heavy metal

Ozzy passe du salon à la cuisine en traînant les pieds et en râlant. Il se sert un verre d'eau, fredonne « Sod off you wankers » et retourne (toujours en traînant les pieds) dans le canapé où Sharon lit un magazine et où leur fille chérie savoure un paquet de chips barbecue. Erreur de biographie ? Pas du tout. Il pourrait s'agir d'une scène de « The Osbournes », la série de téléréalité qui a propulsé cette famille au rang de célébrités mondiales. Est-ce la raison pour laquelle Ozzy a marqué nos mémoires ? Absolument pas !

Ozzy Osbourne se produira sur le podium du Graspop Metal Meeting à Dessel le dimanche 24 juin 2018 !
Ozzy Osbourne: l'inventeur du heavy metal

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Ce qu'il faut retenir d'Ozzy par contre, c'est Black Sabbath !

C'est à ce groupe que l'on doit la naissance d'un nouveau genre (ou du moins, il y a largement contribué) : le heavy metal. Fondé en août 1969, Black Sabbath tire son nom d'un film d'horreur italien (« I tre volti della paura » – « Les trois visages de la peur » ou « Black Sabbath » pour la version américaine) repris par Ozzy Osbourne, Bill Ward et les membres fondateurs Terry « Geezer » Butler et Tony Iommi. Ils intitulent tout naturellement leur premier single « Black Sabbath » également, un morceau imprégné de blues grave, de morosité et d'ambiances étranges. Leur source d'inspiration ? Faire peur au public, car ils semblent aimer ça. Ozzy, le chanteur, se déguise en clown morbide qui surfe comme un fou sur la vague du succès du deuxième album « Paranoid », un classique absolu. En 2017, le magazine Rolling Stone lui décerne le titre de « meilleur album de heavy metal jamais enregistré ». Le suivant, « Master of Reality », enregistre des résultats encore meilleurs (il décroche l'or en deux mois à peine). Ça compte ! Après des hauts et des bas, une vie rock'n'roll infernale (y compris la drogue) et la séparation du groupe (ils en arrivaient parfois aux mains), Ozzy décide de poursuivre sa carrière en solo. Peut-être beaucoup trop vite, mais soit : sa carrière solo comme suit. « J'ai reçu 96 000 livres et j'ai tout dépensé en alcool et en drogue. Du moins, c'était mon objectif. Ensuite, je serais retourné tout simplement à Birmingham où j'aurais vécu grâce à mon allocation chômage.» Mais l'histoire a pris une autre direction : Ozzy signe chez Jet Records, le label de son beau-père, et se lance en solo sous le nom de « The Blizzard of Ozz ». Il enregistre alors une série d'albums dont « The Blizzard of Ozz », « Diary of a Madman », « Speak of the Devil », « Bark at the Moon » et « Scream ». Ozzy, the Prince of Darkness, n'est plus l'homme qui mord la tête des chauves-souris (ou d'autres volailles) ou qui arrose son public de viande crue et de sang, mais bien l'homme qui a survécu à sa propre légende. Il faut le voir pour le croire.

Un homme exceptionnel, car...

Un homme exceptionnel, car...

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Survivant

Avec tout ce qu'Osbourne a sniffé et ingurgité, on peut peut-être faire tourner une PME. Mais comment est-il possible de survivre à une toxicomanie aussi dévorante ? La solidité des gènes ? Peut-être bien. Un tel phénomène peut surprendre même la communauté scientifique, car en 2010, des personnes telles que Knome (qui ont analysé le génome humain) comme Ozzy Osbourne ont fait partie d'un panel visant à examiner le « cas Osbourne ». Personne, et encore moins le principal intéressé, n'a pu répondre à la question : comment diable a-t-il pu survivre à 40 ans de toxicomanie ?

Fêlé !

Hahaha. Parce que c'est toujours gai de se remémorer Spinal Tap : un jour, le joyeux Osbourne avait rendez-vous avec un haut dirigeant de CBS Europe en Allemagne. Pour mettre un peu d'ambiance, il décide de faire un strip-tease sur la table et d'embrasser le dirigeant sur les lèvres. Sharon a assisté à la scène. Et elle était hors d'elle. Car, son cher et tendre était si loin que la réalité est bien pire que ses souvenirs : il s'est mis debout sur la table, a fait un pas nazi, a uriné dans le verre de vin de son interlocuteur et y a trempé ses attributs. Sérieux ?

Plus fort que son ego

Faire des erreurs et le reconnaître : ce n'est pas à la portée de tout le monde. Osbourne, lui, sait le faire. Cet homme a un grand cœur. En 2013, il publie un message sur Facebook dans lequel il s'excuse auprès de ses proches pour son comportement indécent. C'est à lire ici .

Trois bonnes raisons d'aimer Ozzy Osbourne

Salut mon pote ! Par où commencer ? Par le début pardi. « Black Sabbath ». Toute première chanson. Des cloches lugubres. L'éclair. La pluie. Plongée au cœur des ténèbres. Live à Paris, 1970.



47 ans après Paris, soit l'équivalent d'une vie entière, Osbourne est toujours là. Comme ici à Sacramento. Ozzy a 70 ans ! Vous voyez un peignoir et des pantoufles ? Nous, non.



Off with your head!

C'est un peu comme Alice au pays des merveilles sur scène. Mais il faut quand même savoir qu'il ignorait qu'il s'agissait d'une vraie chauve-souris. « I thought it was made out of rubber! » (« Je pensais que c'était du caoutchouc »).



Envie de jeter un œil ? C'est par ici. Lisez ceci. Un fan a publié une réaction aux excuses d'Osbourne

« Je me souviens de cette journée, il y a 11 ans. J'étais allé à l'Ozzfest outside de Sacramento et tu es venu sur scène. Tu t'es excusé d'avoir manqué tes spectacles les deux semaines auparavant parce que tu étais aux côtés de Sharon qui récupérait de sa chimio. Tu nous as dit que ton spectacle serait bref, mais au moins, tu étais là. Nous étions avec toi et t'avons encouragé comme jamais auparavant. Tu as chanté cinq ou six chansons avec ton groupe, puis tu es parti. Et puis... tu es revenu, en prononçant un 'encore' gigantesque avant de finalement nous offrir un spectacle complet. Tu nous as remerciés pour notre soutien pendant cette période difficile et nous t'avons chaleureusement félicité, parce que c'est pour toi que nous étions là. Tu as même versé une larme sur scène, car tu étais bouleversé par tant d'engouement de ton public. Lorsque j'ai fait mon émission de radio et que j'ai diffusé tes chansons, j'adorais raconter cette histoire parce que contrairement à la plupart des stars, tu te soucies de tes fans. Et tu sais quoi ? Nous aussi, on s'inquiète pour toi Ozzy. Nous serons toujours derrière toi et en cette période difficile, tes fans vont se mobiliser comme jamais. Tu vas guérir et nous ne te laisserons jamais tomber. Que Dieu bénisse Ozzy Osbourne.» Ce témoignage poignant nous a émus aussi...

Ozzy tout craché !

Envie de rire un peu ? C'est par ici !



Un long séjour sur la planète Ozzy ne fait parfois pas de mal.



Ou ici : 



Et voici un incontournable, une reprise de Faith No More – « War Pigs ». Allez, une petite pause !

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