Comment Claude François est devenu « Cloclo »

Lorsqu’on entend le nom de Claude François, on pense tout de suite à ses chansons à succès, à leur rythme souvent endiablé, à ses « clodettes » aux chorégraphies inoubliables. On pense également à ses prestations scéniques, ses costumes à paillettes, à l’homme d’affaire qu'il était mais aussi à son appétit pour les femmes très jeunes ou encore à sa personnalité au caractère bien trempé.

Cela fait maintenant presque 40 ans jour pour jour que Claude François nous a quittés, plus exactement le 11 mars 1978 dans les circonstances accidentelles que l’on connait tous. Cet anniversaire reste une belle occasion de nous replonger un peu dans son histoire pour nous permettre de comprendre comment Claude François est devenu « Cloclo ».
Comment Claude François est devenu « Cloclo »

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De sa naissance à ses débuts

De sa naissance à ses débuts

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Claude François est né en 1939 dans une Egypte qu’il aimait tant et qu’il a malheureusement dû fuir avec ses parents suite à la crise du canal de Suez. Toute la famille débarque alors à Monaco en 1956. Un retour à la réalité difficile pour cette famille qui vivait embourgeoisée en Egypte. Ce changement a bien sûr eu un impact sur Claude François et c’est aussi certainement le premier événement marquant qui expliqua par la suite sa soif de réussite. Il commence alors à travailler à la banque mais ce n’est qu’un travail alimentaire car sa vraie passion, c’est la musique.

À 17 ans, il remet sa démission et est engagé dans un prestigieux orchestre de Monaco où il tiendra la place de percussionniste qui est en réalité sa formation de base. Son père qui rêvait pour lui d’un autre avenir beaucoup plus classique le lui fit bien savoir, les rapports entre eux se sont dégradés jusqu’à ce qu'ils rompent totalement tout contact et ce jusqu’à la mort de son père. C’est sans doute là aussi une des autres blessures de la vie du chanteur qui expliquera son besoin de reconnaissance et de réussite.
  
En 1962, il sort son premier disque « Nabout Twist » sous le pseudo de ’Koko’, un twist aux sonorités orientales, qui n’aura malheureusement pas le succès escompté.  Il devra alors recommencer les petits boulots. Claude est alors marié avec Janet Woollacoot mais en 1967, c’est le divorce. Janet le trompe avec "La Star" Gilbert Becaud, une blessure de plus pour Claude François, une revanche de plus à prendre sur la vie qui lui donnera la force d’aller encore plus haut chercher le succès.

Du succès à son apogée

Du succès à son apogée

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6 mois après sa rupture avec Janet, Claude François nous sort son premier tube « Belles, Belles, Belles » reprise de "Girls Girls Girls" des 'Everly Brothers'. C’est le début de la gloire, le clip sera réalisé par Claude Lelouch, encore inconnu à l’époque. En octobre 63, une autre chanson à succès vit le jour « Si j’avais un marteau » qui est en réalité la reprise de la chanson «  If i had a hammer » de Trini Lopez. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une époque bercée par l’émission de radio « Salut Les Copains » qui est une émission de reprises de tubes américains, de twist et de yéyé.

En 66, le chanteur s’accompagne de danseuses nommées « les Clodettes », c’est à nouveau un succès auprès de son public. En 1967, « Comme d’habitude » (écrite par Gilles Thibaut et Claude François sur une musique composée par Jacques Revaux et Claude François) voit le jour et deviendra la chanson française la plus exportée au monde.

Toutes les chansons qu’il sort, deviennent presque instantanément des tubes. Il est quasiment impossible de toutes les citer. On se rappellera en 1973 du titre « Le téléphone pleure », en 76 « Cette année-là » (adapté de « December, 1963 ( Oh, What a Night) » du groupe Four Seasons), en 77 « Je vais à Rio » ou encore « Magnolia forever » et « Alexandrie, Alexandra ».

Une rivalité "saine" avec Johnny

Une rivalité "saine" avec Johnny

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La vie a appris très tôt à Claude François que tout ce que l’on possède est éphémère, que tout peut s’envoler du jour au lendemain. Celui-ci était dérangé par la popularité grandissante de Johnny Hallyday qui lui faisait de l’ombre et il eut, à juste titre, peur que sa carrière lui échappe.

Quand on tombe, on apprend avant tout à se relever. C’est ce que Cloclo fera en se démarquant de plusieurs façons de son rival. D’abord via son look très classe de jeune premier, un look costume - chemise qui faisait chavirer le cœur des minettes et de toute la famille totalement à l’opposé d’un Johnny, jeune rockeur, rebelle en blouson noir, qui ne plaisait pas toujours aux parents.  Et puis il se démarquera également par ses prestations scéniques. Là où Johnny en pur rockeur se tenait la guitare à la main avec son mouvement de jambe caractéristique, Claude François nous faisait la démonstration de ses talents de danseurs. Certains diront qu’il avait sa place dans une comédie musicale tellement il débordait d’énergie !

C’est avec plaisir que l’on retrouve un extrait désormais connu où Michel Drucker, leur ami commun, demande à Claude François de chanter du Johnny. L’embarras de Cloclo est à peine perceptible. Johnny dira à propos de Claude : « C’était un vrai travailleur. Il bossait dix fois plus que moi mais il n’arrivait jamais à faire ce que je faisais. Ça le rendait fou. Jaloux. En désespoir de cause, il se tapait mes ex. C’était le circuit, tu savais que si tu sortais avec moi,  tu pouvais ensuite te faire Cloclo ».

Son appétit pour les femmes jeunes vs les femmes folles de lui

Son appétit pour les femmes jeunes vs les femmes folles de lui

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Les femmes étaient folles de lui. Il avait tout pour plaire, c’était le gendre idéal. Beaucoup d’entre elles passaient la nuit sur le palier de son appartement parisien à attendre pour entretenir quelques mots avec la star voire plus si affinités.

C’était la « cloclomania », une hystérie collective à tel point que certaines femmes ne se lavaient pas les mains pendant plusieurs jours lorsqu’elles avaient eu un contact physique avec le chanteur. Claude François avait besoin de cela pour son équilibre, il avait besoin de ressentir cet amour de ses fans.

Mis à part Janet Woollacott dont il divorca en 1967, d’autres femmes importantes ont marqué sa vie. Comme par exemple, France Gall avec laquelle il eut une liaison entre 1964 et 1967 et de laquelle naîtra la chanson ultra connue « Comme d’habitude » qui fut reprise par  de nombreux artistes de l'époque dont Paul Anka, Frank Sinatra ou encore Elvis Presley. Une autre femme importante de sa vie fut Isabelle Forêt qui donna naissance à ses enfants Claude François Junior en 68 et Marc François en 69. Il est à noter que pendant plusieurs années il a caché l’existence de son fils Marc, sois disant pour le protéger mais d’autres comme Josette, la sœur de Claude, confiait que c’était parce que Claude avait peur de perdre son image de séducteur.

Il eut aussi une grande histoire d’amour avec la mannequin Sofia Kiukkonnen entre 1972 et 76. Celle-ci confiera qu’elle a dû subir 3 avortements car Claude lui disait toujours que ce n’était pas le moment. Il était bien connu que le chanteur la trompait régulièrement avec ses fans. Elle confiera même lors d'une interview que le chanteur était "une machine de sexe". Cette passion dévorante pour les femmes poussera Claude François a fondé en 1974 son propre magazine de charme « Absolu » dont il dirigea de nombreux castings et de nombreuses séances photos en tant que photographe érotique, de très jeunes femmes ont alors posé pour lui. Ce magazine lui valut quelques problèmes. Sofia n’en pouvait plus de cet homme au caractère autoritaire et possessif qui d’un autre côté la trompait à tour de bras. Elle décida de le quitter. Finalement, la véritable femme de sa vie restera pour toujours sa mère, qu'on surnommait " Chouffa ".

Sa fille cachée

Sa fille cachée

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Ce n’est que très récemment que nous avons appris officiellement l’existence de sa fille cachée. Elle se nomme Julie et vit en Belgique. Elle connaissait avec certitude ses origines et ce depuis de nombreuses années mais elle a décidé de rester anonyme de peur d’être emportée par une tempête médiatique. Elle est née d’une relation que sa maman, groupie de l’époque, a eue avec le chanteur lorsqu’elle avait 15 ans. Sa maman biologique ne pouvant la garder, c’est à l’âge de deux mois que Julie sera adoptée par un couple de flamand. Julie a témoigné pour la première fois dans le documentaire récent « Claude François, le dernier Pharaon » diffusé à la télévision et a confié : « Une fois adulte, je me suis posée de plus en plus de questions et j’ai demandé des preuves, que j’ai obtenues ensuite. Là, je ne pouvais plus nier que c’était la vérité ». Elle souhaite désormais rester en paix et rencontrer ses demi-frères. Elle ne réclame aucun héritage.

Quelques reprises et des films à voir

Quelques reprises et des films à voir

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Outre les adaptations qu’il a lui-même chantées, Claude François a fait l’objet de nombreuses reprises.
 
On peut se rappeler de la version  de " Comme d’habitude " interprétée par Florent Pagny et qui fut classée n°6 au TOP 50 en juillet 1989. Mais la reprise sans doute la plus connue reste celle de " Cette année-là "  qui s'est transformée en " Ces soirées-là " chantée par Yannick en l’an 2000. Le single sera écoulé à plus d’un million et demi d’exemplaires et deviendra le 13e single le plus vendu en France dans les années 2000. Dernièrement, Matt Pokora a sorti tout un album de rerpises de Cloclo intitulé « My  Way ». 

Côté cinéma, le chanteur a fait l’objet de deux films dont « Podium » réalisé par Yann Moix en 2004 où l’on retrouve comme acteurs notre Benoit Poelvoorde national et Jean-Paul Rouve, une comédie à savourer au second degré. Un autre film cette fois en 2012, plus précisément un biopic intitulé « Cloclo » fut réalisé par Florent Siri et reçut d’ailleurs un très bon accueil critique. C’est un autre belge, Jeremie Renier qui interpretera magnifiquement le rôle du Claude François.

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