Ces compositions classiques qui font peur

Retour de la Mort, nuit des sorcières, légendes de vampires... La musique célèbre depuis toujours des thèmes morbides et indécents. Des grands classiques du 18ème et 19ème siècles aux œuvres contemporaines, retour sur les morceaux qui inspirent l'épouvante et la terreur.
Ces compositions classiques qui font peur

Retour de la Mort, nuit des sorcières, légendes de vampires... La musique célèbre depuis toujours des thèmes morbides et indécents. Des grands classiques du 18ème et 19ème siècles aux œuvres contemporaines, retour sur les morceaux qui inspirent l'épouvante et la terreur.

Toccata et fugue en ré mineur – de Jean-Sébastien Bach (1707)

Toccata et fugue en ré mineur – de Jean-Sébastien Bach (1707)

© Elias Gottlob Haussmann et Nick Kenrick (Flickr)

Probablement l'œuvre pour orgue la plus connue à travers le monde et peut-être le morceau de Bach le plus populaire. De Fantasia à la Famille Adams, la Toccata est associée à un imaginaire de château hanté et de décor funèbre. En musique classique, une toccata est un morceau pour clavier qui permet de « tester » l'instrument, en jouant beaucoup de notes et rapidement. Une fugue, figure de style particulièrement appréciée de Bach, est un thème principal qui donne l'impression de ne jamais finir.

Songe d'une nuit du sabbat – d'Hector Berlioz (1830)

Songe d'une nuit du sabbat – d'Hector Berlioz (1830)

© Francisco de Goya, musée Lazare Galdiano et Pierre

Le 5ème mouvement et final de la Symphonie Fantastique de Berlioz est une orgie diabolique. Alors qu'un jeune musicien tente de se donner la mort, il est en proie à des visions terrifiantes d'une troupe affreuse d'ombres, de sorciers et de monstres de toute espèce, réunis pour ses funérailles. Avec une partition véritablement démoniaque, le compositeur réussit le tour de force de créer une atmosphère glauque, où se mêlent bruits de fond, ricanements et autres sons intimidants.

Erwartung – d'Arnold Schönberg (1909)

Erwartung – d'Arnold Schönberg (1909)

© Florence Homolka et Jens Schott Knudsen (Flickr)

Une femme, seule en forêt, découvre le cadavre de son amant. Dès les premières notes, le ton est donné. Au final, elle bascule dans la folie, se rappelant que c'est elle qui l'a tué. Schönberg va au bout de son idée et compose un récit sur la paranoïa et la maladie psychiatrique... Un opéra cauchemardesque, qui prend la forme inhabituelle d'un monologue pour soprano solo, accompagné par un grand orchestre.

Der Vampyr – de Heinrich Marschner (1828)

Der Vampyr – de Heinrich Marschner (1828)

© Alan Berning (Flickr) et F. A. Jung

Les vampires des romans pour ado n'ont pas grand chose à voir avec les monstres de la littérature européenne du 19ème siècle. Ici, les créatures de la nuit sont mises en scène dans un grand opéra, basé sur une partie de la nouvelle de Byron et Polidori, Vampires. Bien avant le roman du Comte de Dracula, l'histoire raconte la vie de Marschner's Der Vampyr de Marsden qui demande un sursis d'une dernière année sur terre avant d'être traîné dans les enfers pour l'éternité. Sa demande est accordée, mais il doit sacrifier 3 jeunes filles avant minuit... Une fable qui fait froid dans le dos sur une musique qui donne des frissons !

Une nuit sur le mont chauve - de Modeste Moussorgski (1867)

Une nuit sur le mont chauve - de Modeste Moussorgski (1867)

© Peter Lee (Flickr)

Poème symphonique, le morceau est inspiré d'une nouvelle de Nicolas Gogol, La Nuit de la Saint-Jean, elle-même tirée d'une légende russe. Le morceau représente le sombre rituel du Sabbat des sorcières. Alors que Moussorgski retravaille plusieurs fois sa composition, il n'aura malheureusement jamais la chance de l'entendre jouée. C'est finalement l'arrangement de 1908 de son ami Rimsky-Korsakov qui devient un blockbuster de concert. Cette version est d'ailleurs choisie pour le final du film Fantasia de Walt Disney, en 1940.

Psychose – de Bernard Herrmann (1960)

Psychose – de Bernard Herrmann (1960)

© Crédits : © 1960 Shamley Productions Inc. et Engst

La bande originale est aussi célèbre que le film d'Hitchcock. Et pour cause ! Il suffit d'écouter la musique pour se rappeler les scènes les plus terrifiantes du cinéma du maître du film d'horreur. Joué par un orchestre à une formation de cordes, le morceau exploite tous les effets sonores possibles pour créer instantanément une ambiance dérangeante et inquiétante. Du grand art.

L'Île des morts – de Sergueï Rachmaninov (1909)

L'Île des morts – de Sergueï Rachmaninov (1909)

© Arnold Böcklin et Bain News Service

Inspiré par un tableau d'Arnold Böcklin, Rachmaninov s'est particulièrement attaché à en recréer l'ambiance lugubre. Pari réussi avec cette œuvre où les hautbois plaintifs et les clarinettes sombres plongent peu à peu l'auditeur dans un grand émoi. On embarque véritablement avec l'orchestre sur un bateau mortuaire, pour un voyage de nuit vers une île qui semble avoir été totalement désertée par le bonheur terrestre.

Danse macabre – de Camille Saint Saëns (1874)

Danse macabre – de Camille Saint Saëns (1874)

© Miguel Tejada-Flores (Flickr) et Nadar

Ce poème symphonique est tout à la fois envoûtant et effrayant. Il représente la Mort qui réveille les morts de leur tombe avec son violon maudit. Satan conduit le bal et la ronde funeste peut commencer. Cette musique est très populaire et fut utilisée dans les séries Buffy contre les vampires, Numb3rs ou Grimm. Le xylophone illustre le bruit des squelettes dansants, les violons incarnent le vent d'hiver et le hautbois fait entendre le chant du coq qui annonce le matin et met fin à cette danse macabre...

Totentanz – de Franz Liszt (1849)

Totentanz – de Franz Liszt (1849)

© Adolphe Braun et skittledog (Flickr)

Une autre danse macabre, pour piano et orchestre. Son compositeur, Liszt, aimait flirter avec la mort et les thèmes diaboliques. On lui doit aussi de nombreuses autres œuvres aux noms explicites : La lugubre gondole, Nuages gris, Pensées des Morts, Funérailles, etc. Totentanz est l'une de ses compositions les plus passionnantes, notamment avec l'ouverture stridente et menaçante du solo de piano, dont ne peut qu'admirer la virtuosité.

Le Masque de la mort rouge - d'André Caplet (1923)

Le Masque de la mort rouge - d'André Caplet (1923)

© Universal Productions et Paul Méjat

D'après la nouvelle éponyme d'Edgar Allan Poe, dans laquelle la mort s'invite au bal de Prospero et frappe les 12 coups de minuit. Il s'agit en fait du Conte fantastique, une œuvre pour harpe diatonique et quatuor à cordes. Ici, c'est l'utilisation dramatique de la harpe, habituellement douce, comme instrument qui symbolise la mort et rythme les pas des personnages qui est particulièrement glaçante.

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