Le bureau classique en voie de disparition

Publié le 18/03/2019 dans Inspiration

Le bureau classique en voie de disparition

Le smart building marque le début d’une véritable (r)évolution. Le plus grand dénominateur commun tombe sous le sens : il s’agit d’optimiser l’usage d’un bâtiment. Mais l’entreprise assurera-t-elle encore la construction et la gestion de ses bureaux ?.

Avant de chercher une réponse, examinons la réalité du moment. “Un poste de travail coûte cher”, déclare Jan Sonck, Head of Enterprise Innovation chez Proximus. “En optimisant l’occupation de l’espace disponible, un employeur ressort gagnant.” L’option partielle du télétravail permet aussi à l’entreprise de ne plus devoir prévoir un poste pour chacun de ses collaborateurs.

“Il suffit parfois de six ou sept postes pour dix employés, ce qui représente une belle économie.” D’autant plus que les pouvoirs publics encouragent cette initiative. Sous peu, les entreprises seront tenues de mettre certaines données à la disposition de tiers, notamment leur consommation d’énergie et le taux d’occupation de leurs bâtiments. Voilà qui stimulera l’innovation et invitera des partenaires externes à imaginer des solutions d’optimisation des bâtiments disponibles.

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Physique et numérique

“Nous croyons fermement à l’informatisation poussée des bâtiments”, poursuit Jan. “L’IoT y jouera un rôle majeur, notamment dans le cadre des nouveaux modes de travail. On constate en outre un effacement des frontières classiques entre les mondes physique et numérique.” Le résultat se traduira par des bâtiments intégrant dès la conception des éléments intelligents en matière d’organisation des postes de travail (réservation des salles de réunion) et d’accueil des visiteurs (réservation du parking), mais aussi pour la protection (contrôle d’accès) et le contrôle de l’utilisation et des consommations (d’énergie et autres).

“À l’avenir, les entreprises s’aventureront peut-être moins à bâtir elles-mêmes, des promoteurs spécialisés et indépendants se profilant alors sur le marché pour proposer des smart bureaux.”

En regardant un peu plus loin, on entrevoit même l’évolution vers un modèle entièrement basé sur la variabilité. “Sur le modèle d’Airbnb, de plus en plus d’entreprises proposeront leurs capacités excédentaires sur des plates-formes numériques”, explique Jan. “Des espaces de coworking pourront être réservés en ligne.”

Dans un tel modèle, l’employeur accordera à son collaborateur un budget ‘mobilité et poste de travail’ que ce dernier affectera à sa guise en fonction de ses besoins. “Cette tendance a clairement le vent en poupe. Aujourd’hui, des firmes disposant d’étages ou de bureaux vides les ouvrent déjà aux utilisateurs externes.”

Des applications de jumelage numérique sont disponibles dans le cloud et le prix des capteurs diminue rapidement, ce qui les rend plus abordables.

Jan Sonck, Head of Enterprise Innovation chez Proximus

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Jumeaux numériques

Mesurer, c’est savoir. L’analyse des indicateurs du bâtiment – capteurs thermiques, nombre de personnes en salle de réunion, etc. – apporte une nouvelle dimension. Le gestionnaire dispose ainsi d’un jumeau numérique du bâtiment : une copie digitale qui facilite la gestion et permet de simuler l’impact de certaines interventions.

“Supposons que vous vouliez augmenter de 20 % le taux d’occupation d’un bâtiment”, avance Jan. “À l’avenir, grâce à la copie numérique de votre immeuble, vous pourrez en simuler l’impact sur le taux d’occupation des salles de réunion, la sécurité incendie, le restaurant d’entreprise, le parking, etc.”

Le jumeau numérique permet à l’entreprise d’élaborer et d’affiner une série de scénarios avant de réellement procéder à l’intervention. Il s’avère notamment très utile pour les simulations de sécurité. C’est une approche devenue courante lors de projets d’envergure – stades de football, centres commerciaux, par exemple. “La technologie est accessible”, poursuit Jan. “Les éléments applicatifs destinés au jumelage numérique sont disponibles dans le cloud et le prix des capteurs diminue rapidement, ce qui rend les copies numériques plus abordables.”

Les producteurs de logiciels misent particulièrement sur ce créneau. Microsoft, pour n’en citer qu’un, propose sa solution Azure pour relier mondes physique et numérique via l’IoT. Mais Jan ne redoute pas pour autant une avalanche de nouvelles applications. “Il va de soi qu’il faut garder un regard pragmatique sur un projet de jumelage numérique. Investir dans une technologie que vous n’utiliserez pas n’est jamais une bonne idée.”

Jan Sonck affiche 30 années d’expérience dans le monde de l’informatique et des télécommunications. Il occupe la fonction de Head of Enterprise Innovation depuis 2014.

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