Un seul poste de travail pour deux fonctionnaires flamands

Publié le 03/11/2021 dans Inspiration

Un seul poste de travail pour deux fonctionnaires flamands

Le gouvernement flamand poursuit en partie le télétravail. Un poste de travail pour deux collaborateurs est prévu dans le WTC rénové. Explications de Frank Geets, administrateur général de l’agence Facilitair Bedrijf.

En cette période de crise sanitaire, il était essentiel pour le gouvernement flamand de privilégier au maximum le télétravail. Quel a été l’impact du télétravail sur l’organisation des bâtiments et bureaux ?

Frank Geets, administrateur général de Facilitair Bedrijf, agence du gouvernement flamand : “Tous les collaborateurs ont reçu un PC portable et nous avons adopté Office 365 et Teams juste avant le premier confinement en 2020. L’organisation du télétravail n’a donc pas vraiment posé de problème. Nous avions déjà largement adopté le travail digital.”

“Les services devaient continuer à être assurés dans bon nombre de bâtiments publics. Très vite, nous avons mis en place toutes les mesures de lutte contre le coronavirus : gel hydroalcoolique à l’entrée, signalisation pour guider les gens vers les salles de réunion en toute sécurité, etc.”

Vous continuerez au moins en partie à miser sur le télétravail. Allez-vous adapter les bureaux et bâtiments à cette nouvelle donne ?

Frank Geets : “Notre choix s’est porté sur un système de travail hybride : en partie à la maison et en partie au bureau. Les attributions de chaque collaborateur détermineront le bon dosage entre télétravail et présence au bureau. Notre objectif est que chacun trouve son équilibre. Beaucoup de gens sont enthousiastes vis-à-vis du télétravail. Mais nous avons aussi besoin de contacts sociaux avec les collègues. Dans nos bâtiments, nous miserons davantage sur des espaces adaptés aux rencontres entre collègues d’une part et au travail nécessitant une grande concentration d’autre part, de façon à permettre les réunions et la collaboration.”

Un plan de mobilité est-il associé à cette nouvelle approche ?

Frank Geets : “Absolument, car les habitudes de mobilité ont beaucoup changé. Depuis le début de la pandémie, la plupart des collaborateurs viennent au bureau en voiture, par crainte du virus, alors que 90 % d’entre eux prenaient autrefois le train. Pour éviter les heures de pointe et rejoindre Bruxelles facilement, ils planifient davantage leurs déplacements au cours de la journée. Il y a donc aussi du changement de ce côté-là.”

À quels aspects une entreprise qui envisage de réaménager ses espaces de bureau disponibles doit-elle penser selon vous ?

Frank Geets : “Nous venons justement de faire cet exercice. Quelque 6.000 collaborateurs du gouvernement flamand se verront attribuer un nouveau ‘poste de travail’ dans la tour WTC rénovée de la gare du Nord. Mais il n’y a plus qu’un seul poste de travail pour deux collaborateurs. Le nombre de postes ‘fixes’ est donc réduit, tandis que les postes partagés sont plus nombreux afin de faire face aux moments de grande affluence.”

“L’occupation des postes de travail sera contrôlée via les badges des collaborateurs. Ils utilisent leur badge pour entrer dans le bâtiment, ce qui nous permet de connaître le nombre de personnes présentes. Nous réfléchissons encore à la nécessité de prévoir un système de réservation.”

Les bureaux deviennent des points de rencontre ou des espaces réservés au travail nécessitant une grande concentration.

Frank Geets, administrateur général de Facilitair Bedrijf, agence du gouvernement flamand

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Les PME ont-elles intérêt à adopter une telle approche ? Ou leur situation est-elle différente ?

“Les PME et les entreprises familiales ont plutôt tendance à maintenir le travail classique au bureau, alors que les grandes organisations sont pionnières en la matière car elles ont souvent plus de possibilités et de moyens pour mettre le travail hybride en œuvre.”

Quel est selon vous l’impact du travail hybride sur le personnel ?

“Les managers doivent modifier leur approche. L’Agence de la fonction publique flamande (‘Agentschap overheidspersoneel’) a d’ailleurs prévu un programme de formation. Nous ne devons pas non plus perdre de vue l’impact sur les collaborateurs. Des problèmes se posent parfois. Certains collaborateurs, qui travaillaient déjà beaucoup, en font encore plus à la maison. Le trajet en train, sas entre le travail et la maison, a en effet disparu. D’autres ne parviennent tout simplement pas à être productifs à la maison.”

Dans le travail hybride, l’aspect humain est encore plus important pour les dirigeants, observe Marijke Verbruggen, professeur à la KU Leuven.

Découvrir son étude

Quel est l’impact de la réduction des besoins des entreprises en espaces de bureau sur le marché immobilier ?

“L’impact est clair : les bâtiments de bureau aménagés en fonction des besoins d’autrefois (je pense aux bureaux séparés avec des postes de travail distincts) ne trouveront plus preneur. La demande de bureaux baisse rapidement en ce moment. Il en résulte une crise sur le marché de la location. La question est évidemment de savoir comment la situation se stabilisera.”

Cette évolution donnera-t-elle lieu aussi à une nouvelle approche de l’aménagement des espaces urbains ?

“Nous l’observons déjà maintenant. Dans le Quartier Nord de Bruxelles, construit à l’époque pour accueillir uniquement des bureaux, le paysage est de plus en plus mixte. L’époque des quartiers d’affaires est révolue. Le projet WTC, par exemple, ne se compose pas uniquement de bureaux pour le gouvernement flamand, mais aussi d’un hôtel et d’appartements. Le bâtiment sera utilisé en continu : en journée par les travailleurs, la nuit et le week-end par les habitants.”

Comment mettre le travail hybride en place pour vos collaborateurs ?

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