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Un vélo pour l’esprit

par OneVision03/07/2017

Un vélo pour l’esprit
Quelles sont les synergies entre créativité et technique ? Les films sont-ils un bon baromètre de l’orientation prise par les technologies ? Peter Hinssen sur comment la créativité et l’imagination dans les films peuvent être une source d’inspiration pour votre entreprise.

La créativité et la technologie sont indissociables, Peter Hinssen en est persuadé. “Apple a été l’une des premières sociétés à prendre cet aspect en considération. L’apparence et l’esthétique des appareils, l’attention portée aux polices et au graphisme, les interactions hommemachine... Chez Apple, l’interface utilisateur semble être un prolongement du cerveau. Tout cela grâce au travail de pionniers comme Steve Jobs et consorts. Ce n’est pas pour rien qu’il a qualifié le Mac de ‘vélo pour
l’esprit’.”

En terre inconnue

“La fantaisie fait partie intégrante de la conception de produits innovants”, poursuit Hinssen. “Il faut oser rêver, c’est indispensable. S’éloigner des sentiers battus et partir en terre inconnue, faire de nouveaux essais en s’inspirant de l’offre existante : voilà la seule façon d’apporter de réelles nouveautés. C’est à travers des cours de calligraphie japonaise que Steve Jobs a pris conscience de l’importance de la conception des polices dans les interactions homme-machine. Mais encore fallait-il être capable de faire des liens aussi étonnants.”

Vite, plus vite, trop vite

Pour tendre vers la réussite, les cinéastes et les spécialistes des technologies intègrent l’air du temps dans leurs produits. “Mais mieux vaut éviter d’innover avant l’heure. Prenons Microsoft, qui avait déjà sorti des tablettes quatre ou cinq ans avant le lancement de l’iPad. Ce fut un échec cuisant. Parfois, il faut aussi une certaine audace pour commercialiser un produit. J’en reviens à Apple : durant la première période où Steve Jobs a dirigé l’entreprise, elle était souvent à ce point obsédée par le perfectionnement de ses produits qu’elle finissait par rater le coche en les présentant trop tard.”

S’arrêter, c’est reculer

“À l’heure actuelle, la capacité à s’adapter très rapidement est encore plus importante que le choix du moment. C’est la grande différence avec les années 1980. À l’époque, une même technologie dominait le marché pendant plusieurs années. Aujourd’hui, tout évolue bien plus vite. Voilà le grand défi pour les entreprises.”

“La fantaisie a un grand rôle à jouer dans la conception de produits innovants.”

Quand les algorithmes font de l’art

Les synergies entre création et technologies en sont encore à leurs balbutiements, selon Hinssen. Mais bientôt, les algorithmes seront eux aussi capables de réaliser des oeuvres d’art. “À Amsterdam, on a ‘alimenté’ un algorithme en tableaux de Rembrandt, puis demandé à un robot d’en peindre un lui-même. Le résultat était stupéfiant ! La lumière, la composition, les coups de pinceau... la toile avait tout d’un vrai Rembrandt. On peut alors se poser la question de savoir à qui revient le mérite. À l’algorithme, à ses concepteurs ou à l’artiste original ? Et même se demander si l’artiste est encore nécessaire... Idem pour la musique.”

Un bouton d’alarme pour les machines

“En définitive, on poussera peut-être les choses au point d’estomper les différences entre l’homme et la machine. Comme dans le film ‘Her’. À l’heure actuelle, que ce soit aux échecs ou au jeu de go, l’intelligence artificielle bat l’homme à plate couture. Et il en va de même du poker : récemment, un ordinateur a eu raison du champion du monde. Cela signifie que peu à peu, les machines apprennent à mieux mentir et bluffer. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que Google propose d’intégrer une sorte de ‘bouton rouge’ à certains systèmes d’intelligence artificielle, en cas de dérapage dangereux.”

Peter Hinssen est associé au sein de Nexxworks, auteur, orateur, et entrepreneur. Il est l’un des principaux leaders d’opinion en Belgique et aux Pays-Bas en matière d’innovation.

Film
Her (2013)

Selon Peter Hinssen, on peut pousser les choses au point d’estomper les différences entre l’homme et la machine. Dans cette comédie dramatique de science-fiction, Joaquin Phoenix tombe éperdument amoureux de ‘Samantha’, le système d’exploitation de son nouvel ordinateur. Elle est capable de réagir à ses questions, à ses émotions et même à ses désirs sexuels avec un naturel déconcertant. Et elle a la voix de Scarlett Johansson. Il partage tous les moments de sa vie avec elle à travers une oreillette reliée en permanence à son smartphone.

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