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Pourquoi Belgique n’est pas en retard avec le numérique

par OneVision03/05/2018

Pourquoi Belgique n’est pas en retard avec le numérique
“L’univers numérique offre des opportunités à chacun”, assure Alexander De Croo, ministre de l’Agenda numérique. “Ici, ce n’est pas le plus grand, mais le plus rapide qui gagne. Celui qui est capable de proposer une solution unique et authentique.”

Et la Belgique ?

Niveau numérisation, la Belgique reste en tête du peloton européen. Les entreprises et les citoyens doivent donc profiter pleinement des chances qu’offre cette position. “La porte du numérique est grande ouverte. Après les early adopters, c’est à présent au grand public de s’y engager. Pour moi, la numérisation est surtout un moyen de faciliter la vie du citoyen et d’offrir des chances aux entreprises.”

Quel rôle est réservé ici à l’identité numérique ?

“L’identité électronique est essentielle. Il est important de trouver le juste équilibre entre fiabilité et facilité d’utilisation. Les anciens lecteurs de cartes et tokens étaient fiables, mais pas toujours très pratiques. Il faut parvenir à un compromis. Cela fait 15 ans que la Belgique utilise la carte d’identité électronique. Nous faisions alors figure de précurseurs. Mais les possibilités de l’eID n’ont jamais été pleinement exploitées. Aujourd’hui, nous pouvons à nouveau donner le ton. Les pouvoirs publics ont créé un cadre qui permet à l’authentification numérique de devenir réalité. itsme® en est le résultat.”

L’entrepreneuriat belge se transforme véritablement. Nous pouvons ici nous inspirer des pays scandinaves.

- Alexander De Croo, vice-premier et ministre de la Coopération au développement, de l’Agenda numérique, des et de la Télécommunications Poste.

Vous avez, avec Digital Belgium, fixé des priorités pour l’avenir numérique de notre pays : infrastructures, sécurité, services publics, économie, compétences et emplois. À quoi consacrerez-vous une attention particulière au cours des deux prochaines années ?

“Ces derniers temps, nous avons fortement misé sur l’infrastructure et la législation, notamment avec le cadre réglementant l’e-commerce et le tax shelter pour les start-up. Parmi les grandes priorités pour les années à venir, on citera la numérisation des services publics et les compétences numériques. Nous avons ainsi établi des spécifications pour l’eBox. Tous les pouvoirs publics, les citoyens et les entreprises doivent pouvoir échanger des documents électroniques via cette boîte aux lettres électronique unique. Une plateforme comme Doccle donne déjà accès à l’eBox. Vous pouvez comparer cela à la manière dont est né itsme®. Ici aussi, nous profitons au maximum du volume et de la force d’innovation des entreprises. Et le fait que les autorités utilisent elles aussi l’eBox est un bel incitant.”

Les compétences numériques sont une deuxième priorité. Pourquoi sont-elles si importantes ?

“Parce qu’elles commencent clairement à poser problème. Les entreprises d’aujourd’hui ont besoin de collaborateurs dont les connaissances et les compétences reflètent le monde numérique (utilisation des tablettes, maîtrise du marketing numérique, etc.). Ces exigences ne valent d’ailleurs pas que pour les nouvelles recrues. Il faut aussi que le personnel en place se mette à niveau. Avec le Digital Skills Fund, la Belgique investit six millions d’euros par an dans le développement des compétences numériques de sa population. En 2017, nous avons ainsi financé 41 projets. Parmi eux, BeCode, où nous proposons une formation en programmation web aux jeunes qui ne vont pas à l’école et ne travaillent pas ou ne font pas d’études ailleurs. Cette année encore, nous avons dégagé six millions d’euros pour le Digital Skills Fund.”

La numérisation n’est pas un obstacle à surmonter, mais une évolution à laquelle vous pouvez participer.

- Alexander De Croo, vice-premier et ministre de la Coopération au développement, de l’Agenda numérique, des et de la Télécommunications Poste.

Avez-vous l’impression que notre pays a encore parfois un peu peur de passer à l’ère du numérique ?

“La vraie question porte sur la manière dont il faut considérer la numérisation : pas comme un obstacle à surmonter, mais comme une évolution que vous suivez et à laquelle vous participez vous-même. Ce revirement a déjà eu lieu. La numérisation offre des chances à chacun, mais y impliquer vraiment tout le monde reste difficile. C’est pourquoi les organisations patronales et moimême avons lancé la Tournée Digitale, une série de soirées d’information interactives destinées à promouvoir l’e-commerce auprès des entrepreneurs indépendants.”

Où se situe, selon vous, la Belgique numérique par rapport au reste de l’Europe ?

“Nous faisons partie du groupe de tête. En ce qui concerne le numérique, la Belgique jouit vraiment d’une bonne réputation internationale. Mais il y a bien sûr toujours matière à progrès. C’est pourquoi nous permettons aux entreprises de tester chez nous de nouvelles technologies. Ericsson a ainsi lancé sur le Corda Campus de Hasselt le premier réseau 5G fonctionnel d’Europe, sur un morceau de spectre radio mis à sa disposition par les autorités. Côté big data, nous avons créé plusieurs laboratoires d’essais, notamment en collaboration avec la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block.”

De quels pays la Belgique peut-elle suivre l’exemple pour faire encore mieux ?

“Le changement vient surtout de chez nous. L’entrepreneuriat belge se transforme véritablement. Nous pouvons ici nous inspirer des pays scandinaves. Ils ont une longueur d’avance, notamment en matière de start-up. En revanche, nous faisons partie de l’élite dans d’autres secteurs, comme celui de la biotechnologie. Mais il est vrai qu’à l’heure du numérique, nous ne pouvons pas dormir longtemps sur nos deux oreilles.”

Le citoyen peut-il encore suivre dans un monde qui évolue si vite ?

“Les Belges n’ont jamais été les premiers à adopter les nouvelles technologies. Il faut donc que les autorités et les entreprises travaillent main dans la main pour encourager leur emploi et donner à de nouvelles initiatives l’ampleur nécessaire. Notre enseignement est de bonne qualité, nous avons les infrastructures et le pouvoir d’achat requis.”

Quels conseils donneriezvous aux entreprises dans ce contexte ?

“Soyez attentifs à ce qui se passe autour de vous avec la technologie mobile, le big data, l’Internet of Things, etc. Dans l’univers numérique, ce n’est pas le plus grand, mais le plus rapide qui gagne. C’est pourquoi nous avons créé un cadre légal pour l’économie collaborative. L’économie collaborative ne tourne pas entièrement autour des grands acteurs comme Uber. En pratique, le marché belge ne compte quasi que des start-up.”

Infrastructures

Les Belges gâtés par les réseaux
“En Belgique, le développement de l’infrastructure dépend du privé. Et le succès est au rendez-vous. Avec deux réseaux complets pour le trafic fixe et mobile, nous sommes particulièrement gâtés. Cela ne nous empêche toutefois pas de rencontrer encore certains obstacles. Je pense par exemple aux normes de rayonnement et aux procédures complexes à suivre pour obtenir un permis de construire à Bruxelles. Mais les opérateurs continueront à investir dans le réseau. L’Europe peut elle aussi faire énormément. Le marché unique numérique est loin d’être chose faite. Les frais de roaming ont été supprimés, certes, mais il reste encore beaucoup de lois locales en matière de localisation des données, de TVA et de droits d’auteur, notamment. L’Europe pourrait faire plus afin de régler ce genre de questions au niveau européen.”

Alexander De Croo a décroché un diplôme d’ingénieur commercial à la VUB et un MBA aux États-Unis. Après un bref passage au sein de The Boston Consulting Group, il se lance dans la politique. Il a été président de l’Open Vld, sénateur, député et ministre des Pensions. Depuis 2014, il est vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, de l’Agenda numérique, des Télécommunications et de la Poste.

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Innovate Identity, une entreprise britannique explique.

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