La blockchain apporte la confiance dans l’économie de plateforme

Publié le 23/11/2018 dans Inspiration

La blockchain apporte la confiance dans l’économie de plateforme

Avec le besoin de sécurité et de résistance à la fraude dans l’économie de plateforme sans cesse croissante, la blockchain a un rôle à jouer. La technologie est simple, mais les nouveaux modèles qui en découlent exigent de sérieuses adaptations.

Frank Verhaest, Program Manager Innovation & Blockchain chez Isabel Group : “Pour faire simple, disons que la blockchain est la solution qui tient lieu de comptable virtuel pour les transactions passant par le web. Le comptable bénéficie de la confiance de ses clients. Il en va de même pour la blockchain, qui instaure une relation de confiance entre des parties dont les intérêts divergent – par exemple un vendeur et un acheteur. Et tout comme le comptable, la blockchain consigne les transactions dans un grand livre.”

Chaque transformation de business est actuellement une transformation digitale. L'expert Jan Manssens donne des conseils avisés pour un bon usage des nouvelles technologies de l'économie de plateforme.

L’économie de plateforme

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Techniquement, qu’est-ce qu’une blockchain ?

Frank : “Une blockchain est un registre ouvert et distribué, dont on ne peut ni modifier ni effacer les données. Distribué parce que ce registre ne se trouve pas à un endroit unique. Littéralement, la blockchain est une chaîne de blocs de données distribués entre plusieurs ordinateurs — souvent des milliers. Ouvert parce que le registre n’est pas la propriété exclusive d’un seul utilisateur. L’utilisateur individuel ne peut ni modifier ni effacer des blocs de données. La blockchain est en quelque sorte une base de données géante, ouverte à tous, mais aussi contrôlée par tous.”

Diamants, hypothèques et alimentation

Quelles sont les applications de la blockchain ?

Frank : “La blockchain est une solution totale pour les transactions où la confiance est de mise. Un acheteur trouve en effet logique de ne payer le vendeur qu’après avoir pu contrôler la qualité des marchandises reçues. De son côté, le vendeur s’inquiète de savoir si sa facture sera honorée après la livraison. C’est là qu’intervient la blockchain, qui enregistre la réception des marchandises et — après approbation de l’acheteur — exécute automatiquement le paiement. La plateforme we.trade, qui propose ce genre de démarche, est une initiative conjointe de sept banques européennes, dont KBC. L’IoT y a aussi un rôle à jouer. Une application IoT pourrait ainsi gérer l’enregistrement de la réception des marchandises.”

Comme internet à ses débuts, la blockchain marque l’avènement d’une toute nouvelle plateforme transactionnelle.

Frank Verhaest, Program Manager Innovation & Blockchain chez Isabel Group.

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Pouvez-vous nous citer d’autres applications concrètes ?

Frank : “Le diamantaire De Beers a développé une application fondée sur la blockchain qui garantit l’authenticité des diamants. La blockchain intervient aussi pour faciliter la traçabilité dans la chaîne alimentaire (je pense à la solution de la société Provenance), empêcher la revente des tickets de concert ou enregistrer des hypothèques.”

Est-il difficile de s’initier aux transactions utilisant la blockchain ? Ne faut-il pas une concertation poussée entre les parties, qui n’ont pas nécessairement le même degré de maturité en la matière ? Frank : “La blockchain n’a rien de sorcier. La technologie n’intervient que pour 20 % du concept. Le grand défi vient du modèle d’entreprise. Il faut le remettre en question et oser se lancer — ce qui exige souvent un changement de mentalité.”

La fin des intermédiaires

Selon le World Economic Forum, la blockchain sera, d’ici dix ans, responsable de 10 % environ de la croissance économique mondiale. Votre point de vue ?
Frank : “Je suis convaincu que la blockchain est une solution pérenne. J’aime assez la comparer aux tout premiers pas d’internet. La blockchain marque elle aussi l’avènement d’une toute nouvelle plateforme transactionnelle. Les entreprises ne doivent pas hésiter à l’adopter. C’est en testant la blockchain et en lui trouvant de nouvelles applications que nous gagnerons en confiance et que naîtront des idées neuves, encore plus performantes.”

Quel est son plus gros potentiel ?

Frank : “La blockchain est un maillon essentiel de l’économie de plateforme, car elle garantit la confiance. En tant qu’entreprise, c’est une technologie qu’il vous faut expérimenter. Son but n’est-il pas de simplifier et d’améliorer vos processus ? L’économie de plateforme a ceci de particulier qu’elle élimine le rôle de l’intermédiaire — alors qu’aujourd’hui, c’est justement cet intermédiaire qui crée la confiance. Une entreprise comme Airbnb regroupe à la fois l’offre et la demande. Dans l’économie de plateforme, les locataires et les propriétaires se parlent en direct, sans intermédiaire, et la blockchain veille à ce que la confiance s’instaure entre les deux parties.”

La blockchain est un maillon essentiel de l’économie de plateforme, car cette technologie garantit la confiance.

Frank Verhaest, Program Manager Innovation & Blockchain chez Isabel Group.

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Phase pilote

Où en est-on en Belgique ? Quelles sont les opportunités pour nos entreprises ?
Frank : “Les choses progressent bien grâce aux entreprises qui travaillent sur une validation du concept. Sans compter le nombre croissant de nouvelles start-ups qui les rejoignent. Prenons l’exemple de Solarly, à Mont-Saint-Guibert, qui a développé une solution pour l’utilisation de panneaux solaires intelligents et connectés en Afrique. La blockchain gagne aussi du terrain dans la logistique et la numérisation des flux de documents. Nous sommes en pleine phase pilote. Nombre de ces projets devraient se concrétiser dès l’an prochain. Entre-temps, la technologie gagne en maturité.”

Étant à l’épreuve de la fraude, la blockchain suscite un grand intérêt. Mais avec la montée en force des technologies, le risque de cybercriminalité s’accélère lui aussi. La blockchain pourrait-elle en être victime ?
Frank : “Dans une blockchain, le risque de fraude relève essentiellement des smart contracts — ces morceaux de code que l’on programme sur une blockchain. Si ces contrats intelligents comportent des bugs, les pirates informatiques peuvent en effet en faire mauvais usage. Le minage, souvent utilisé en cryptomonnaie, peut aussi poser problème si les mineurs contrôlent plus de 51 % de la puissance de minage. La solution, pour beaucoup d’entreprises, serait d’utiliser un environnement privé — et non public — où le minage n’est pas nécessaire. Les plateformes liées à une blockchain sont presque toujours des logiciels open source. En cas de problème, la communauté open source intervient immédiatement pour rétablir l’ordre.”

Isabel Group Ces dernières années, Isabel Group a grandi, et est aujourd'hui la principale Fintech de Belgique. Il digitalise la chaîne financière d'utilisateurs professionnels et représente un maillon entre le monde des affaires, les banques et les fournisseurs.

Frank Verhaest gère les projets stratégiques liés à la blockchain d’Isabel Group.

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