J'ai réservé un Airbnb pour apprendre à connaître mes voisins

Publié le 06/07/2018 dans Voyages

J'ai réservé un Airbnb pour apprendre à connaître mes voisins

C’est merveilleux de vivre en ville, surtout quand on a une sensation de village dans son quartier. Malheureusement, je connais à peine mes voisins. Jusqu’à récemment, ma soeur vivait au coin de la rue mais elle a déménagé. Il est donc temps pour moi de rencontrer de nouvelles personnes, et comme c’est gênant de démarcher les gens pour faire connaissance, j’ai donc allumé mon téléphone.

Différentes applications permettent de faire des recherches par endroit. Si on a besoin de manger, par exemple. J’ai notamment essayé de socialiser avec les livreurs de pizzas, vendeurs de fritures à vélo et d’autres Deliveroo-boys, mais ils sont trop pressés pour devenir mes nouveaux amis. Une autre application sympa pour rencontrer des gens dans son quartier, c’est Tinder. Vous en avez peut-être déjà entendu parler ? Ma copine, en tous cas, oui, et elle ne veut pas que j’entretienne avec ça d’innocentes relations avec mes voisins. Dommage.

C'est ainsi que je me suis retrouvé sur Airbnb. L'application de logements m'a déjà trouvé des nuitées à Amsterdam, Athènes et Barcelone. A chaque fois, trouver un lieu où dormir, c’est une anticipation du plaisir du voyage. On découvre comment les gens vivent à chaque endroit : de quelle couleur est leur frigo, quelle est la vue de leur terrasse et quelles affiches pourries pendent aux murs. Avec un peu de chance, on apprend même à connaitre un local pendant son voyage, que l’on voit un peu comme l’ami hollandais/grec/espagnol que l’on a certainement eu dans une autre vie.

Cependant, je vis à Borgerhout et Borgerhout compte un tout petit moins d'attractions touristiques que les villes citées. Chez moi, pas de Sagrada Familia ni d’Acropolis au coin de la rue. Et, officiellement, pas non plus de quartier rouge ou de coffeeshops. On peut donc se demander si les maisons et appartement anonymes que je côtoie tous les jours recèlent des voisins accueillants et des lieux branchés où dormir.

Entrer sa propre rue dans la barre de recherche d’Airbnb, ça a l’air ridicule et ça l’est probablement. A ma grande surprise, quatorze adresses disponibles apparaissent, dans un rayon de quelques centaines de mètres. Dans les endroits touristiques, on voit de plus en plus de lieux professionnels - des chambres d’hôtes, des studios… - qui sont loués tous les soirs, mais dans mon quartier, ce sont encore surtout des chambres dans des maisons où les gens vivent vraiment. Comme Airbnb le prévoyait initialement, d’ailleurs.

Du bout du pouce, je passe d'un voisin à l'autre. Ils sont plutôt bien installés. Sur base des photos, je peux déjà juger si les résidents pourraient devenir mes amis. Je vois par exemple un salon avec un serpentarium. Je redoute toute amitié avec ce voisin. La première maison qui attire mon attention se trouve dans ma rue. C’est une vieille maison de maître dans laquelle on peut louer une chambre vintage sobre mais confortable, pour 49 euros. Comme c’est à une demi-minute à pied de l’où où je vis, on pourrait penser que c’est de l’argent jeté par les fenêtres. Faux. Une bonne relation avec ses voisins, ça n’a pas de prix.

J’écris un email aux voisins de la vieille maison de maitre avec mon plan, ce à quoi ils répondent qu’ils ne sont pas chez eux à la date que je voudrais réserver. Ils prennent un ton professionnel. C’est dommage, il vaut mieux un bon voisin qu’un ami lointain. La recherche continue.

Ce qu'Airbnb a en commun avec les sites immobiliers, c’est le petit côté voyeuriste. On peut voir l’intérieur des gens sans vergogne. C’est comme ça que je tombe sur un loft qui se trouve tout près de chez moi. Ce qui n’est pas possible dans la réalité, ça marche via mon smartphone. Je peux finalement voir comment vivent mes voisins. Et s'ils ont du style ou pas.

Au moment où je réserve le loft , j’écris un message à Myunkoo, le propriétaire, pour m’assurer qu’il sera là ce jour-là. Je voudrais lui expliquer de façon amicale et pas psychopathique que j’habite au coin de la rue et que je réserve le loft pour faire connaissance avec lui. Quelle que soit la formulation, mon message a l’air un peu intrusif et plutôt psychopathique. Heureusement, Myunkoo est un hôte expérimenté qui ne s’effraie pas devant une nouvelle demande absurde.

Moins d'une semaine plus tard, c’est le grand jour. Après le boulot, je rentre chez moi comme d’habitude mais seulement pour prendre ma valise contenant le nécessaire pour un citytrip. Entre autres : un caleçon propre, ma brosse à dents, des lunettes de soleil. Je jette un coup d’oeil par la fenêtre. Pas de grand soleil, mais qui sait, peut-être demain. J’éteins les lampes chez moi, ferme les fenêtres et verrouille la porte d’entrée. J'espère n'avoir rien oublié.

Dehors, j’ouvre Google Maps et cherche l’adresse. Encore deux minutes de marche. Pour rendre le voyage plus agréable, j'écoute le nouvel album de Damso sur Spotify. A mi-chemin de la chanson "Introduction" j'arrive à destination. Je suis plus nerveux que pour un voyage ordinaire. Il n’y a pas que le logement qui doit convenir. L’hôte doit être aussi un nouvel ami potentiel. Même si un bon voisin, ce serait déjà pas mal.

Myunkoo me fait entrer par la porte du garage. Ca me semble quelque chose typique d’un voisin. Il loue la partie avant de son loft comme studio de yoga. Ca pourrait faire quelques points en plus si je faisais du yoga. Ensuite, comme un loft se doit d’être, la cuisine, la salle à manger et le salon ne forme qu’une pièce. Je remarque alors quelque chose qui pourrait être la base de notre relation de bons voisins / amis lointains : trois vélos de course exposés à côté de l’escalier. “Je fais beaucoup de vélo”, dit-il. “Enormément. Ce dimanche, je vais rouler le Classic Eddy Merckx. Tu veux venir avec moi ?”

Dans le coin de la pièce, je vois une autre raison de devenir amis : la Coupe du monde. C'est Pologne-Sénégal et pour suivre ce match, il faut déjà être passionné. Je demande à Myunkoo si ça fait longtemps qu’il loue son loft. “Non, mais depuis que je le fais, c’est intense. Je crois que je pourrais le louer presque tous les jours, si je voulais. Le plus souvent, à des Hollandais, mais aussi à des New-Yorkais, des Berlinois, des Indiens, etc.” Même s’il n’est pas toujours présent quand les locataires sont là, il apprécie faire connaissance. “Pendant le Tour des Flandre, c’est des Suisses qui ont logé ici. Le samedi, ils ont fait le tour en vélo pour touristes, et le dimanche, ils ont regardé le départ des pros. Avec eux, je suis resté un peu en contact sur WhatsApp.”

A part la mienne, Myunkoo a reçu d'autres demandes étranges : “Les photos sur mon profil ont été faites par un étudiant qui devait photographier un intérieur, et dans quelques jours, il y a un location hunter qui vient d’Amsterdam - il veut louer le loft pour des films et des publicités.” Une nuit coûte 130 euros. “Personnellement, je trouve ça cher, mais il y a une forte demande.” Quand ce ne sont pas des voisins qu’il reçoit, ce sont des petits oiseaux branchés du monde entier qui viennent dormir ici. Dans une brochure manuscrite, il recommande une série de restaurants chics et de bars tendances dans d’autres quartiers. Je regrette qu’il n’y ait rien de notre quartier, à part le Carrefour local. “Je vais devoir changer cela, mais pour être honnête, j’ai simplement recopié ces adresses d’une amie qui loue elle-aussi un Airbnb.”

Il dit qu'il apprécie quand même le nouveau café sur la place entre nos rues. “Le Bar Bakeliet", dis-je. “J’y ai encore fêté un anniversaire il y a deux semaines.” Entretemps, nous sommes sur son balcon avec une bière. Myunkoo désigne les maisons de ses voisins et explique qui y vit. “J’ai déjà vécu dans d’autres quartiers de la ville, mais je n’ai jamais eu autant de contacts avec mes voisins qu’ici.” Je me demande comment il fait. Lui aussi via Airbnb ? “De nombreuses fêtes de rue sont organisées ici. J’y vais toujours. C’est vraiment quelque chose que j’aime beaucoup. En fait, est-ce qu’il y a beaucoup d’Airbnb dans le quartier ?” Je dis que oui et lui demande s’il ne l’a jamais vérifié. “Non, je n’en ai aucune idée.” Il regarde un instant dans son jardin envahi par la végétation. “En fait, je n'ai jamais réservé d’Airbnb."

Si vous aussi vous voulez connaître mon bon voisin / ami lointain Myunkoo, vous pouvez réserver son loft ici.


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Erik

Spécialiste du marketing numérique et de contenu. Regarder des séries ou des films, ça c'est mon truc, j’aime aussi jardiner et manger.

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