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Nous avons parlé aux deux créateurs de Google Sheep View

Publié le 09/07/2018 dans Voyages

Nous avons parlé aux deux créateurs de Google Sheep View

Internet, vous en avez probablement déjà entendu parler. On y trouve toutes sortes de choses très utiles : les heures d'ouverture de son institut de beauté, des forums de deuxième main pour des poupées Action Man ou encore des vidéos qui expliquent comment remplacer le film de sa machine à laver.

Le site web le plus indispensable que nous ayons rencontré dans l'histoire d'internet – veuillez d’ailleurs ne pas consulter notre historique internet – c’est Google Sheep View.

Non, ce n'est pas une faute de frappe, c'est le vrai nom du site qui collectionne les moutons qui sont sur Google Street View.

En 2010, alors qu’ils voyageaient en train à travers les Pays-Bas, le couple de photographes Mike et Ding a eu l'idée de rassembler tous les moutons de l’Internet. Depuis que nous avons mis Mike et Ding dans la liste des Steve Jobs, Bill Gates et Mark Zuckerberg, nous sommes très heureux qu'ils veuillent bien nous parler par téléphone de leur projet.

EPIC : Hey Ding et Mike, d'où vient cette brillante idée de Sheep View ?

Ding : Tout a commencé avec les «glitches» ou erreurs que je rencontrais toujours plus souvent quand j’utilisais Google Street View. Je faisais alors une capture d’écran que je conservais dans un dossier sur mon bureau, sans aucune idée que ce que je devais en faire. Plus tard, quand j’ai déménagé aux Pays-Bas, je faisais de longues balades à vélo et je m’arrêtais chaque fois que je voyais un mouton. Et il y en a beaucoup, des moutons, aux Pays-Bas. J’ai toujours trouvé que c’était des animaux sympas. Quand nous avons déménagé dans une zone plus verte d’Amsterdam, j’ai découvert le phénomène des fermes pour enfants et c’est comme ça que je me suis retrouvé de plus en plus concerné par les moutons.

Mike : A la même époque, je voyageais souvent entre train vers et de Leiden, et sur le trajet, je voyais souvent des moutons. Soudain, nous avons eu l’idée de regarder si les moutons que je voyais chaque jour étaient sur Google Street View. Et c’était le cas. Alors oui, on a flashé et l’idée nous est venue de chercher plus de moutons.

Ding: Ça a plutôt commencé comme une blague. Quand nous avons eu collecté une vingtaine d’images, nous avons pensé : mettons-les sur Tumblr et on verra bien ce qu’il se passe. Assez vite, nous avons été épinglés dans Tumblr Tuesday et à partir de là, tout s’est enchainé.

Mais alors, vous êtes vous-mêmes de grands amis des animaux?

Mike : Oui, nous aimons bien aller dans la ferme pour enfants de notre quartier, où nous avons un mouton préféré que nous avons appelé Johan. C’est notre mascotte officieuse. Nous discutons souvent avec les bénévoles de la ferme pour savoir comment il va. C’est devenu une sorte de “mouton de quartier” collectif. Comme il y a évidemment peu de prairies en ville, c’est chouette d’avoir quelque chose comme ça à proximité.

Ding : Nous sommes tous les deux végétariens, et j’aime tricoter. Je préfère aller chercher de la vraie laine de mouton qui provient de fermes locales, parce que nous aimons nous préoccuper de nos vêtements. J’ai par exemple tricoté ce pull moi-même (elle se pointe du doigt et regarde fièrement son pull bleu).

Mike : Ma race préférée, est la Nederlandse Bonte Schaap, qui a des petites taches noires.

Voici Johan, le mouton préféré de Mike & Ding de la ferme pour enfants près de chez eux

Vous avez aussi un mouton préféré sur Sheep View ?

Mike : Ce que nous préférons, c’est trouver une image “authentique” – celle d’un grand groupe de moutons avec un berger qui les conduit dans ou hors d’une prairie, en Roumanie par exemple.

Ding : Si nous en trouvons une comme ça, c'est le jackpot. Mais la recherche dépend principalement de l'endroit où nous plaçons notre curseur. Aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande ou en Islande, par exemple, trouver des moutons, c’est du gâteau. Mais si on va dans une grande ville en Inde, c’est beaucoup plus difficile. Pour ce projet, nous utilisons également beaucoup d’envois de personnes du monde entier qui nous transmettent leurs captures d'écran. C’est toujours possible de nous en envoyer, d’ailleurs. Nous-mêmes ne cherchons plus très activement, je ne fais que transformer ce qu’on reçoit, en images plus esthétiques – après tout je suis photographe.

Mike : Chercher des moutons aux Pays-Bas, c’est un peu tricher bien sûr.

Qu’est-ce que vous voulez atteindre avec ce projet?

Mike : Ce qui est beau, c’est que les moutons existent dans toutes les cultures. Les animaux relient ainsi différentes cultures et lieux. Malgré les différences de races et de lieux, dans ce projet ils ne forment qu’un.”

Vous recevez de bonnes réactions ?

Ding : Oui, bien sûr ! Le plus drôle, c’est que nous avons commencé ça comme quelque chose d’artistique mais les réactions viennent de toutes les directions imaginables. Des nerds qui écrivent un article sur nous dans le contexte de “regarde tout ce qu’on peut faire avec Google Maps” jusqu’aux gens de la ferme, des tricoteurs et des crocheteurs, etc. C’est vraiment cool de recevoir de l’attention de beaucoup plus d’endroits que ce qui était notre intention initiale. D’ailleurs, de façon assez surprenante, nous recevons le moins de réponses du monde de l’art alors que c’était quand même notre première approche.

Mike : Les gens nous soumettent des choses très variées. Un peu toutes sortes de choses liées aux moutons, même si cela n'a plus rien à voir avec Street View, comme par exemple des photos des propres moutons des gens. Ca nous fait beaucoup rire.

Quelles sont les choses les plus étranges que vous avez trouvées ?

Mike : Nous avons reçu une soumission avec un mouton quelque part dans une ville agitée en Indonésie. Nous en avons également eu une de Mongolie, où l’on voit même les yourtes en arrière-plan.

Ding : Sur notre site, nous avons en plus un onglet avec des intrus : "Outtakes". On y trouve par exemple des maisons couvertes de moutons peints ou remplies d’étranges images de moutons. Nous aimons beaucoup cette idée de “presque des moutons”.

Lesbos, Grèce

En cherchant Sheep View, nous sommes aussi tombés sur une variante issue des îles Féroé. De quoi s’agit-il ?

Mike : Nous étions clairement les premiers. Ce qui est amusant, c’est qu’ils nous ont contactés et promis de changer leur nom, pour que ça soit clair qu’il s’agit de projets différents. Mais quand les médias ont commencé à y prêter plus d'attention, ils se sont vendus sous le même nom que nous. Ca prête souvent à confusion.

Est-ce qu’on peut aussi trouver votre maison sur Street View?

Mike: Oui, nous vivons dans un grand complexe d'appartements à Amsterdam, donc c’est assez reconnaissable. Ce qui est vraiment bien, c'est qu’on peut voir nos vélos que nous garons ici devant la porte.

Si vous êtes invité chez quelqu'un, vous explorez d'abord votre destination avec Street View ?

Mike : Je suis quelqu’un qui aime regarder tout à l'avance. Donc oui, j'utilise aussi Street View pour des questions non liées aux moutons quand je dois aller quelque part. Parfois, je me perds même dans les rues numériques.

Shetland, Ecosse

Vous avez repéré un beau mouton ? Envoyez-le via ce lien. 


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Erik

Spécialiste du marketing numérique et de contenu. Regarder des séries ou des films, ça c'est mon truc, j’aime aussi jardiner et manger.

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