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90 minutes sur la voiture connectée

Autour de la tablepar One magazine09/03/2016

D’un point de vue rationnel, une voiture sert à se déplacer de manière efficace et confortable. La connected car – ou voiture connectée en français – marque le début d’une nouvelle ère. La voiture se transforme en véritable plateforme numérique. Un changement profond, mais aussi une porte vers de tout nouveaux modèles d’entreprise.

Le concept n’est pas neuf. Nous téléphonons en voiture, notre GPS est relié à des satellites et des systèmes de tracking enregistrent nos itinéraires et notre manière de conduire. Pourtant, une révolution se prépare. Le véhicule est désormais lui aussi constamment connecté à internet. La disponibilité des données relatives aux voitures, au trafic et aux infrastructures crée de nouvelles possibilités, comme des systèmes avancés d’infotrafic pour les conducteurs et de divertissement en ligne pour les passagers. La voiture génère et actualise ellemême des données sur les distances, la consommation, le fonctionnement du moteur, les pièces à entretenir, etc. Cette évolution introduit un changement profond dans le secteur. Car de nouvelles informations dévoilent aussi de nouvelles perspectives, qui poussent à leur tour les constructeurs, les garagistes, les sociétés de leasing, les assureurs, etc. à proposer de nouveaux services et modèles.

  • Laurence Hamer, Marketing Specialist Automotive at Proximus
  • Joost Vantomme, Director Public Affairs at Febiac
  • René Aerts Jr, Corporate Communication Director at Volvo Cars
  • Jan Cools, CEO of Be-Mobile
  • Jean-Marc Ponteville, PR Manager Volkswagen Belgium at importer and distributor D’Ieteren
  • Edouard de Meulemeester, Network Projects Manager at Audi
  • Jasper Odent, Product Manager at BMW Group
  • Stéphane Jacobs, CEO of Mobile-for
  • Laurent De Meutter, Head of Sales Mobility at Proximus

Un reflet du quotidien
Particulièrement vaste, le champ d’action de la voiture connectée s’étend du véhicule avec carte SIM intégrée au modèle autopiloté. “Le plus important ici, c’est la connectivité et l’échange de données”, explique Joost Vantomme, Director Public Affairs de Febiac. “Ils permettent d’obtenir des informations routières, mais aussi d’optimiser les trajets et d’améliorer la sécurité et le confort du conducteur et des passagers.” Tout cela crée un besoin de bande passante et soulève des questions en matière de sécurité informatique et de vie privée. De toute évidence, la connected car change notre perception de la voiture. “Avant, le principal critère était la cylindrée, puis c’est devenu le nombre de chevaux. Aujourd’hui, ce sont les émissions”, poursuit Jean-Marc Ponteville, PR manager Volkswagen Belgium de D’Ieteren. “À court terme, nous choisirons un modèle en fonction de son électronique. La voiture reflète très bien notre manière de vivre.” C’est donc le consommateur qui dicte sa loi au marché des voitures connectées, et non l’inverse.

Open data
“La voiture connectée offre une chance exceptionnelle au secteur automobile”, affirme Stéphane Jacobs, CEO de Mobile-for. “Les solutions de mobilité sont de plus en plus demandées. L’industrie automobile peut encore compter sur au moins 50 années de croissance.” Il n’est pas impossible que la voiture connectée contribue à réduire les problèmes de congestion actuels sur le réseau routier. Car dans le monde connecté, les données ne sont autres que les carburants qui alimentent de nouvelles applications. “Les constructeurs, les gestionnaires de voirie et les sociétés de transports en commun vont devoir collaborer et ouvrir leurs données”, annonce Jan Cools, CEO de Be-Mobile. “Les péages électroniques, notamment, peuvent vous aider énormément à orienter le trafic.” Cet effet se remarquera prochainement chez nous au niveau du transport de fret. À terme, les voitures particulières seront probablement elles aussi soumises à un péage. La fiscalité n’est pas la seule à évoluer. Le comportement et les habitudes des gens font de même. L’open data devient tellement important que Volvo Cars a même engagé un data officer.

Bonnes pratiques
S’il faudra encore attendre un peu avant de voir les voitures autonomes circuler sur nos routes, la voiture connectée, elle, y a déjà trouvé sa place. “Nos voitures sont équipées d’une carte SIM intégrée depuis 2013”, rappelle Jasper Odent, Product Manager chez BMW Group. “En cas d’accident, le véhicule contacte automatiquement un call center.” Des données d’entretien sont également envoyées au concessionnaire via la carte SIM. La connexion permet aussi d’avoir des informations routières en temps réel et de profiter d’autres services, comme un accès à internet. Audi aussi a déjà commercialisé une deuxième génération de modèles connectés. “Nous proposons notamment des applis qui permettent au conducteur de se connecter à sa voiture via le data mobile”, explique Edouard de Meulemeester, Network Projects Manager chez Audi. “Il peut savoir où se trouve son véhicule, mettre le chauffage à distance, etc. Dans ce genre d’application, tout tourne autour du client : celui-ci veut une solution de mobilité.” La voiture connectée – et sa batterie d’applis – peut répondre en partie à cette demande, par exemple en guidant le conducteur vers une place de parking disponible. “Vu que la voiture est dotée d’une carte SIM, vous pourriez en faire une sorte de portefeuille de mobilité virtuel”, enchaîne Stéphane Jacobs. “Actuellement, les initiatives sont surtout locales et vous obligent, pour chaque application – de stationnement par exemple – à y associer une carte de crédit.” Une connexion directe avec la voiture faciliterait l’utilisation de nouveaux programmes. “En outre, les constructeurs ne doivent pas jurer que par leurs propres applis”, estime René Aerts Jr, Corporate Communication Director de Volvo Cars. “La Belgique n’est pas la seule à devoir fournir l’infrastructure nécessaire. Nous devons nous ouvrir et collaborer avec des entreprises comme Apple et Google, pour intégrer les bonnes pratiques dans les voitures.”

Rouler sans danger
La sécurité reste toutefois une priorité pour les constructeurs. “Toutes ces informations ne doivent pas distraire le conducteur”, insiste Joost Vantomme. Une remarque pertinente, puisque la voiture connectée est avant tout destinée à améliorer la sécurité. Lorsqu’elle recevra des données en temps réel sur les véhicules qui l’entourent, l’infrastructure routière, les conditions météo et la circulation, elle sera capable de prendre les bonnes décisions plus rapidement que le conducteur. “L’arrivée de la 5G joue ici un rôle essentiel”, enchaîne Laurent De Meutter, Head of Sales Mobility de Proximus. “Ce réseau permet non seulement de donner la priorité à certains flux de données, mais exclut aussi la latence.” Quelques millisecondes peuvent faire la différence. “Nous allons investir énormément dans la 5G au cours des prochaines années.” Dans la mesure où la transmission des données est cruciale pour la sécurité, il ne peut en effet pas y avoir de latence ou de retard. “Pour l’heure, la voiture connectée est d’abord là pour aider le conducteur”, explique Jean-Marc Ponteville. “Mais ce rôle s’étendra progressivement.” L’objectif premier consiste en l’occurrence à améliorer la sécurité routière. “Nous ne voulons plus aucun tué d’ici 2020”, confie René Aerts Jr. “La technologie intelligente nous aidera à atteindre ce but.” Dans les années à venir, il faudra donc que le public apprenne à faire confiance aux voitures autonomes. Surtout là où les voitures équipées des toutes dernières technologies ne sont pas nombreuses.

Vie privée et sécurité informatique
Il est impossible, dans le contexte des véhicules connectés, d’ignorer la sécurité des connexions et des données. Les hackers seront-ils capables de pirater nos voitures ? “Nous attachons une importance capitale à la protection des échanges de données”, poursuit René Aerts Jr. “Il s’agit ni plus ni moins d’un des plus grands défis que pose la voiture connectée.” Un appareil connecté à internet est d’office exposé à certains risques. Autre point important dans ce débat : le respect de la vie privée. “Les capteurs de la voiture enregistrent de manière détaillée le comportement du conducteur”, indique Jan Cools. “Ce sont des informations très intéressantes, notamment pour l’assureur.” La compagnie pourrait, sur la base des données relatives aux trajets, aux temps de parcours et au mode de conduite, récompenser les bons conducteurs – ou refuser d’assurer les fous du volant. Aux Pays-Bas, un modèle de ce type a déjà été lancé sur le marché. “Aujourd’hui, le client moyen se pose peu de questions concernant la confidentialité de ses informations”, souligne Jasper Odent. “Il est extrêmement rare que quelqu’un demande à ce que la carte SIM du véhicule soit désactivée.”

De nouveaux profils
Autre constat important : la voiture connectée modifie également le travail en amont. Les concessionnaires doivent non seulement développer leur réseau pour pouvoir mettre plus facilement à jour les voitures connectées, mais aussi engager, en plus des mécaniciens, des collaborateurs spécialisés en connectivité et en informatique – dans l’atelier et dans le show-room. “Nous le constatons notamment lors de la livraison d’une nouvelle voiture”, souligne Edouard de Meulemeester. “Les explications sur la connectivité et les applis prennent désormais plus de temps que l’entretien de vente.” Les concessionnaires sont ainsi contraints d’investir dans la formation. “Plus le temps passe, plus il est essentiel de trouver des gens qui répondent à ce profil en constante évolution”, admet Jean-Marc Ponteville. “Les frais techniques des voitures connectées vont augmenter, mais ce sera aussi le cas du chiffre d’affaires des concessionnaires. Le prix des pièces, en revanche, va diminuer”, nuance Laurence Hamer. Il semble en outre que cette évolution n’ira qu’en s’accélérant. “Cela va fragiliser davantage le métier”, estime Joost Vantomme. “Avant, la voiture se suffisait à elle-même, mais les véhicules connectés dépendent de plus en plus de la connectivité et des applications.” Un dialogue entre toutes les parties concernées est donc indispensable. “Nous devons savoir ce que projettent les autres”, conclut Laurence Hamer, Marketing Specialist Automotive chez Proximus, “afin que nous puissions, en tant qu’opérateur, continuer à répondre aux besoins des voitures connectées.”

Conclusion

La voiture connectée transforme radicalement la conduite. Le chauffeur a désormais accès à l’information, et les passagers à diverses formes de divertissement. De plus en plus intelligents, les véhicules se rapprochent peu à peu des voitures autonomes connectées en permanence à leur environnement. Résultat : c’est tout l’écosystème qui évolue, du constructeur et du concessionnaire jusqu’à l’assureur, en passant par la société de leasing.

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