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Les défis de l’IoT en 90 minutes

Dossierpar One magazine23/03/2015

L’Internet of Things (IoT) exige une nouvelle approche. Les entreprises doivent non seulement trouver des applications qui leur offrent une valeur ajoutée, mais aussi faire équipe avec différents partenaires afin d’y parvenir. One vous propose un débat sur les opportunités et les défis de l’IoT.

Comme son nom l’indique, l’Internet of Things consiste à connecter à la Toile des objets et des appareils en tous genres et à élaborer de nouvelles applications sur la base des données obtenues. L’IoT ouvre ainsi de nouvelles perspectives dans de nombreux secteurs. “D’habitude, nous envoyons sur place des agents de sécurité”, explique Bart Verhulst, Area Manager Remote Guarding chez Securitas. “Grâce à l’IoT, nous pouvons aussi effectuer des missions à distance. Les caméras nous permettent p. ex. d’ouvrir et de fermer des portes sans devoir être présents sur le site.” L’IoT pourrait également révolutionner le modèle d’entreprise du monde des assurances. “Les capteurs qui équipent les voitures peuvent collecter de nombreuses informations, notamment sur les distances parcourues et le comportement au volant”, enchaîne Laurent Vauchel, ICT Architect chez Ethias. “Ces données pourraient être utilisées pour créer de nouvelles sortes de polices, basées notamment sur le principe de l’assurance au kilomètre.”

L’heure est au changement
Il y a dix ans, GeoDynamics équipait déjà les voitures de société d’un système de traçabilité. Aujourd’hui, la société combine cette application avec une pointeuse mobile qui automatise la gestion administrative des ouvriers du bâtiment. “La solution installée dans les voitures enregistre notamment les déplacements domicile–lieu de travail, mais aussi les heures prestées par chantier”, explique Stijn Stragier, Managing Director de GeoDynamics. “Pour le back-office, cela simplifie entre autres le calcul final pour les projets de construction. Grâce aux voitures connectées, les collaborateurs ne doivent plus noter leurs prestations sur papier.” Dans le contexte de l’IoT, la commande à distance est ce qui motive le plus Beluma, entreprise spécialisée dans la distribution de composants mécaniques, dont les fermetures électroniques. “Nous constatons que l’utilisateur final souhaite gérer de plus en plus de choses à l’aide d’une tablette ou d’un smartphone, comme des portes ou des armoires sécurisées”, précise Pascal Thomas, General Manager de Beluma. Mais l’IoT est un concept bien plus vaste. “Nous devons à présent voir, en fonction d’un public plus large, quels sont les problèmes que l’IoT permettrait de résoudre. Des solutions bon marché et faciles à utiliser entraîneront une percée de la technologie”, explique Peter Joos, consultant indépendant en applications IoT.

Des concepts utilisables
Si cette technologie offre une foule de possibilités dans divers secteurs, elle constitue avant tout un défi. Bart Verhulst : “Les systèmes de traçabilité n’ont en soi rien de nouveau, mais l’IoT les rend moins complexes et moins chers.” Dès lors, l’IoT transforme la façon dont Securitas organise certains de ses services, comme la surveillance des voitures de luxe. Et Bart Verhulst de poursuivre : “Nous avons plus d’infos à notre disposition, notamment sur les déplacements des voitures. Nous pouvons donc intervenir préventivement.” En outre, l’entreprise peut, sur la base des données traitées, fournir au client final un meilleur feed-back, plus étoffé, p. ex. via un rapport ou un avertissement par SMS. Cet exemple montre que nous disposons aujourd’hui de tous les éléments nécessaires pour concevoir des applications IoT : capteurs de qualité, connectivité, méthodes pour analyser les données et les transposer en informations exploitables. Peter Joos : “La plus grande difficulté consiste à tout mettre ensemble et à développer des concepts utilisables.”

Nouveau modèle
Cependant, certains facteurs freinent aussi cette évolution. Comme souvent avec les nouvelles technologies, le cadre légal n’est pas encore suffisamment adapté à l’IoT. “La technologie permettrait parfaitement d’analyser le comportement d’un client au volant”, affirme Laurent Vauchel. Mais ce dernier souhaite- t-il vraiment que son assureur dispose de cette information ? Voilà un exemple parmi tant d’autres des barrières auxquelles se heurte l’IoT en matière de vie privée. Laurent Vauchel : “Cette technologie devrait aussi pouvoir être exploitée dans une perspective plus positive, p. ex. pour récompenser les bons chauffeurs plutôt que de sanctionner les mauvais.” L’IoT aurait alors un impact énorme, car la technologie renverserait totalement le modèle d’entreprise actuel du secteur des assurances. “Actuellement, une prime d’assurance reflète le risque combiné, réparti sur tous les chauffeurs”, poursuit Laurent Vauchel. “Un assureur pourrait obtenir des données individuelles, effectuer une meilleure segmentation et proposer à chaque chauffeur une prime basée sur son propre risque.”

Approche expérimentale
Quoi qu’il en soit, le succès d’une application IoT passe toujours par un bon business case. “L’IoT permet de concrétiser une foule d’idées ultra-innovantes”, estime Alex Lorette, Director Enterprise Telco Solutions chez Proximus. “Mais ce n’est qu’en combinant différentes idées que vous apporterez une véritable valeur ajoutée.” Et c’est précisément le défi auquel Proximus fait face. Alex Lorette : “L’IoT exige un changement de culture, y compris chez nous. C’est pourquoi nous créons un écosystème avec une série de partenaires avec lesquels nous collaborons étroitement pour arriver à des résultats tangibles.” La brièveté des projets est l’une des caractéristiques de l’IoT. Dans ce contexte, les longs projets d’innovation traditionnels sont inefficaces. “Avec l’IoT, tout se fait souvent de manière expérimentale”, confie Katia Deboel, Lead Manager M2M Products & Solutions Marketing chez Proximus. “Vous prenez bien entendu le temps de vous préparer, mais ensuite, c’est avec de petits projets pilotes que vous arrivez le plus vite à la bonne solution.”

Service supplémentaire
Dans ce cadre, la valeur ajoutée pour le client final est toujours primordiale. “Le client n’est pas vraiment intéressé par l’IoT”, explique Pascal Thomas. “Ce qu’il veut, c’est une réponse à un besoin précis. Peter Joos : “Avec l’IoT, nous pouvons p. ex. offrir un service supplémentaire aux installateurs électriciens. Ces derniers peuvent ainsi placer un capteur et y connecter le bon logiciel à l’aide de leur smartphone.” L’IoT permet ainsi d’optimiser divers processus – et de réduire les coûts par la même occasion. Bart Verhulst de confirmer : “En proposant un support à distance, nous créons de nouveaux services et pouvons améliorer l’efficacité de notre organisation interne.”

Oser innover
D’un point de vue technologique, tous les éléments sont réunis pour passer à l’ère de l’IoT. En pratique, certains problèmes légaux continuent néanmoins de se poser, notamment en matière de responsabilité. Que se passera-t-il si une application cesse de fonctionner et provoque des dégâts ? Voilà pourquoi l’Internet of Things ne suscite pas toujours l’enthousiasme des entreprises. “Il est difficile de prévoir quels sont les projets qui marcheront ou non”, insiste Laurent Vauchel. “Mais pas question de rester les bras croisés, regardez Nokia et Kodak.” En d’autres termes, le plus dur est toujours d’innover. Stijn Stragier : “Plus une entreprise a l’habitude de procéder d’une certaine manière à ce niveau, plus elle aura du mal à s’adapter à l’IoT. Lorsque nous avons lancé GeoDynamics, nous ne devions tenir compte de rien. De plus, nous avons accordé dès le départ une place centrale aux besoins du client. Notre solution a évolué en fonction de sa demande.” L’avantage de l’IoT, c’est que l’argent n’est pas un obstacle majeur. “Si cette technologie était coûteuse, son prix ralentirait tout”, précise Pascal Thomas. “Mais l’IoT est simple et bon marché. Un investissement limité permet déjà de réaliser de belles choses.”

Conclusion
L’Internet of Things prend rapidement de l’ampleur et offre de nombreuses possibilités, mais pourrait aussi servir de base à l’élaboration d’un nouveau modèle d’entreprise. Reste à savoir s’il répondra aux besoins des utilisateurs finaux. La technologie est quoi qu’il en soit disponible. Le législateur, en revanche, est quelque peu à la traîne.

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Le magazine IT de Proximus qui s’adresse aux CIO et professionnels IT actifs dans les PME. 

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