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90 minutes consacrées à l’énergie intelligente

Autour de la tablepar One magazine08/09/2016

Les premières mesures pour réduire les émissions de CO2, optimiser l’efficacité énergétique et utiliser plus d’énergies renouvelables semblent plutôt simples à mettre en place. Mais une nouvelle approche intelligente s’impose si nous voulons un changement à long terme. L’urgence, dans un premier temps, est d’éveiller les consciences des consommateurs et entreprises.

 
Une cartographie de la situation actuelle est nécessaire pour savoir où améliorer l’efficacité énergétique. “Nous avons établi une carte thermographique de la ville”, explique Lieven Dehandschutter, bourgmestre de Saint- Nicolas. “Chacun peut vérifier si son habitation est bien isolée.” La commune mise par ailleurs sur les voitures électriques. “Et sur l’éclairage LED”, poursuit Carl Hanssens, échevin de la mobilité et de l’économie locale. “Nous réalisons ainsi des économies considérables.” Pour une gestion plus efficace de l’énergie, il faut trouver des solutions pratiques. “L’important est de ne pas perdre de vue les risques liés aux nouveautés”, selon Peter De Pauw, directeur Business Development & Strategy chez Eandis. “Mais ne pas accepter les nouveautés à temps est risqué aussi. Le domaine de l’énergie évolue très vite. Nous devons rester vigilants afin de ne manquer aucune opportunité.”

Manque de clarté

“Nous avons surtout besoin de clarté”, estime le professeur Ronnie Belmans, CEO d’EnergyVille, un partenariat entre les spécialistes de l’énergie de la KUL, Imec et VITO. “Nos ambitions doivent être claires et présenter un coût minimum pour la société, tout en offrant le plus grand confort possible. La priorité est de réduire les émissions de CO2. Consommer moins est secondaire, puisque nous allons passer aux énergies renouvelables.” Pour Colruyt, la durabilité est une priorité de longue date. “Notre première éolienne a été mise en service en 1999”, explique Saartje De Boever, Advisor Business Economics & Policy chez Groupe Colruyt. “Nous participons à des parcs éoliens, installons des panneaux solaires et utilisons des carburants alternatifs.” À terme, cela contribuera à un modèle d’entreprise durable. Mais toutes les entreprises ne sont pas prêtes. “La mentalité NOMBA ou Not On My Balance pose problème”, affirme Philippe Dedobbeleer, directeur chez Belfius et administrateur de Belesco, la fédération belge des sociétés de services énergétiques. “Trop souvent, les entreprises refusent encore de lancer des projets en matière d’énergie.”

Changer les habitudes

En pratique, de nombreux particuliers et entreprises ont déjà installé des panneaux photovoltaïques. Les pompes à chaleur ont aussi la cote et il y a de plus en plus d’éoliennes. La balle est à présent dans le camp des utilisateurs. “La production d’énergie solaire et éolienne est volatile”, explique Peter De Pauw. “Les utilisateurs devront faire en fonction de la disponibilité de l’énergie, là où les centrales traditionnelles adaptent l’offre à la demande.” Le stockage local d’énergie est une piste, mais ce n’est pas pour tout de suite – encore moins à grande échelle. “Raison de plus pour économiser sur notre consommation d’énergie”, renchérit Frank Geets, administrateur de la VEB, organisation flamande en charge de la réduction des coûts énergétiques dans le secteur public. “Dire qu’une gestion raisonnée des énergies renouvelables n’est pas nécessaire est un mauvais message. Pour atteindre l’objectif de 2030 – 40 % d’émissions de CO2 en moins, nous allons véritablement devoir changer nos habitudes. Utiliser l’électricité verte, mais aussi adopter des solutions d’économie d’énergie.”

Planifier la consommation

Mais où en sont aujourd’hui ces applications intelligentes ? Ont-elles déjà suffisamment de maturité ? Investissons-nous dans les bonnes solutions ? “Il y a encore un fossé entre les tendances et la réalité”, précise Kris Van Daele, CEO de Fifthplay, développeur belge de solutions intelligentes et filiale de Niko Group. “Si vous lancez un projet de nouvelle construction maintenant, vous n’emménagerez probablement pas avant deux ans. Le choix des solutions technologiques est donc très difficile, car elles seront peut-être devenues obsolètes d’ici là.” Les solutions intelligentes doivent aider les particuliers et les entreprises à moins consommer, mais aussi, et surtout, à planifier leur consommation à d’autres moments. “Il s’agit de faire concorder l’offre et la demande”, selon Saartje De Boever, “et d’anticiper intelligemment tout déséquilibre. Le potentiel est là. Nous utilisons par exemple l’énergie éolienne pour produire de l’hydrogène, qui sert ensuite de carburant pour les chariots élévateurs dans nos entrepôts.”

À peine 150 réactions

Le noeud du problème est le manque de vision. Le compteur intelligent est capable de cartographier l’évolution de la consommation d’énergie dans le temps. Peter De Pauw : “En dehors de ce système, pratiquement rien n’est fait pour inciter le consommateur à adapter son volume et sa période de consommation.” Les prix de l’énergie sont en outre relativement bas. “Rien n’incite donc les consommateurs et entreprises à mieux gérer leur consommation”, explique Jochen De Smet, conseiller en énergie au cabinet du ministre Bart Tommelein. “La méconnaissance des avantages des solutions disponibles reste souvent un obstacle aux investissements dans l’efficacité énergétique.” Cette méconnaissance est clairement apparue lorsque 30.000 familles zélandaises ont eu l’occasion d’installer presque gratuitement un compteur intelligent chez elles. La campagne a récolté à peine 150 réactions. Il faut donc commencer par éveiller les consciences, car tant que les consommateurs et les entreprises ne connaissent pas les avantages, ils ne sont pas intéressés.

Le rôle des pouvoirs publics

Le secteur compte sur les pouvoirs publics pour éveiller les consciences. “Les mesures d’incitation ne manquent pas”, affirme Frank Geets. “Les candidats à la construction ou à la rénovation peuvent compter sur des aides financières, notamment pour le placement d’une pompe à chaleur ou de panneaux photovoltaïques.” Bien sûr, on peut toujours faire mieux. “Peut-être y a-t-il justement trop de mesures d’incitation actuellement”, pense Ronnie Belmans, “et tout est un peu trop opaque. Il faut simplifier les choses, permettre au consommateur d’investir facilement dans son confort et de réduire sa facture énergétique.” Dans le même temps, la mutation du paysage énergétique s’accélère, indépendamment des initiatives gouvernementales. “Cette évolution est comparable à l’arrivée du drone”, ajoute Kris Van Daele. “Les équipements étaient prêts avant la réglementation. Le secteur énergétique avance lui aussi dans cette direction. Tout évolue beaucoup trop vite.

Conclusion

Alors que nos besoins énergétiques continuent de croître, notamment pour l’ICT et les voitures électriques, l’urgence d’une gestion efficace se fait ressentir. Mais une véritable évolution exige un changement de mentalité. Éveiller les consciences des consommateurs et des entreprises est donc le maître-mot.

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